Sécheresse dans les Pyrénées-Orientales : les plaisanciers victimes des restrictions d'eau dans les ports

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Ce sont des victimes collatérales des restrictions liées à la sècheresse : les plaisanciers. Ceux qui vivent à l’année sur leur bateau n’ont plus accès illimité à l’eau potable. Dans le port de Canet-en-Roussillon, cette mesure est vécue comme une injustice. ©FTV

Ce sont des victimes collatérales des restrictions liées à la sècheresse : les plaisanciers. Ceux qui vivent à l’année sur leur bateau n’ont plus accès illimité à l’eau potable. Dans le port catalan de Canet-en-Roussillon, cette mesure est vécue comme une injustice.

Dans certains ports de la Méditerranée, les plaisanciers vivant à l'année sur leur bateau sont privés d'eau potable. Ou du moins sont restreints dans leur consommation. Une situation compliquée pour les bateaux à l'anneau au port de Canet-en-Roussillon.

Mais dans les Pyrénées-Orientales, où la sécheresse est extrême et le département classé en "crise", soit au plus haut niveau d'alerte, les mesures de restriction de l'usage de l'eau prises le 9 mai s'appliquent à tous.

50 litres d'eau par jour par embarcation

Depuis 10 jours, l’alimentation en eau potable est coupée sur le ponton du port de Canet-en-Roussillon, respectant ainsi l'arrêté préfectoral sécheresse. Un problème pour tous ceux qui vivent à l’année sur leur bateau.

Sonia, jeune retraitée, doit se débrouiller pour aller chercher de l’eau à proximité du port avec des bidons. Chaque embarcation n'a droit qu'à 50 litres par jour.

"Je voulais te demander si tu pouvais m'aider pour aller remplir et transporter mes jerrycans d'eau ?" demande-t-elle à son voisin.

Les plaisanciers ont été pris par surprise car la fermeture du robinet n’avait pas été annoncée. Ils estiment être des victimes collatérales des mesures contre la sécheresse. Sonia y voit surtout une injustice.

Regardez, les habitants des immeubles en face, ils ont de l'eau, les campings ont de l'eau, les restaurants ont de l'eau... Et nous plaisanciers, nous sommes environ 80 ici sur 1.000 bateaux, on n'a plus d'eau ! C'est impensable.

Sonia Chartier, plaisancière à l'année depuis un an à Canet-en-Roussillon.

La mesure est jugée extrême et peu efficace par les plaisanciers. Mais elle est très contraignante et leur quotidien en est très perturbé.

"Ce matin, pas de café. Je n'avais plus d'eau... donc je suis allée en boire un au bistrot en face. Ca rend la vie en bateau un peu plus compliquée et un peu plus chère" déplore Lina qui témoigne depuis son voilier.

La direction du port est inflexible

Il y a quelques jours, des plaisanciers ont pu rencontrer la direction du port et exposer leurs problèmes mais sans grand résultat pour le moment.

On a demandé s'il était possible d'ouvrir l'eau sur chaque ponton, 2 heures par jour. Ce qui nous permettrait de faire le plein d'eau sans avoir à se déplacer avec des jerrycans. Mais on nous a répondu que cela faisait trop de manutention.

Norbert, plaisancier à Canet-en-Roussillon.

Et cette situation devrait se prolonger. Car pour la mairie de Canet, face à la sécheresse, il ne peut pas y avoir de cas particuliers.

Ecrit avec H. de Laguerie.