Sécheresse dans les Pyrénées-Orientales : des contrôles et la création d'une cellule de gestion de crise pour sécuriser les usages prioritaires en eau

Les autorités des Pyrénées-Orientales s'organisent et communiquent après le passage du département en situation de crise sécheresse, ce mercredi. Le préfet et le procureur annoncent des contrôles pour vérifier l'application des mesures de restriction et pour évaluer les risques sur les populations.

La cellule de crise a listé les principaux risques de pénuries et leurs conséquences pour y apporter des solutions.

Elle se réunira tous les 15 jours pour faire le point sur le suivi du niveau des cours d'eau et la qualité de l'eau, inclus les eaux de baignade, mais aussi pour ajuster la réglementation sur la circulation dans les massifs forestiers.

Des contrôles seront effectués par la gendarmerie, la police et l'Office français de la biodiversité a expliqué le procureur de la République dans des "zones cibles" définies mais les citoyens seront informés au préalable. Le procureur en appelle à la responsabilité de tous, avec une phase pédagogique de quelques jours, avant des mesures coercitives.

La violation de l'arrêté sécheresse sera passible d'une contravention de 5e classe, 1.500€ pour les particuliers (3.000€ en cas de récidive) et 7.500€ pour les entreprises. Ce seront les sanctions pour les fraudeurs.

Jean-David Cavaillé, procureur de la République de Perpignan.

Des décisions prises au lendemain de la publication d'un arrêté préfectoral plaçant le département catalan en situation sécheresse de crise. Ce mercredi étant le jour d'application des nouvelles mesures. Mais des restrictions d'usage de l'eau sont en vigueur en Roussillon depuis avril 2022.

Risque de rupture d'alimentation en eau potable

Un spécialiste du ministère de la Transition écologique, un inspecteur général, est attendu la semaine prochaine pour recenser les communes en tension ou susceptibles de la devenir et apporter des solutions. Une vingtaine sont déjà concernées.

Risque pour la sécurité incendie

Une anticipation des analyses de risque est actée et une liste des moyens à disposition, départementaux, régionaux et nationaux sera actualisée avec des entrainements et des exercices spécifiques pour les pompiers.

"Aujourd'hui, on voit multipliés par deux le nombre d'incendies, par dix les surfaces affectées. Il faut que chacun fasse des bons gestes" affirme le préfet.

Risque sanitaire et pour la bio-diversité

Les dispositifs de surveillance de la qualité de l'eau seront renforcés à cause du développement possible de bactéries dans les cours d'eau. Idem pour la biodiversité et l'environnement.

"On commence à voir un développement des bactéries dans certains cours d'eau, compte tenu de leur faible débit", relève Rodrigue Furcy, préfet des Pyrénées-Orientales.

Les Pyrénées-Orientales en situation de crise

De nouvelles restrictions sont mises en oeuvre à partir de ce mercredi, dans le département catalan. La quasi-totalité du territoire est placée en situation de "crise", le plus haut niveau d'alerte, en raison d'une sécheresse historique.

Mettant en avant le bas niveau des cours d'eau, des barrages et des nappes souterraines, le préfet a renforcé les restrictions d'irrigation agricole et interdit la remise à niveau des piscines ou l'utilisation des spas. Sur les plages, le fonctionnement des douches sera interdit.

Jusqu'ici en "alerte renforcée", les Pyrénées-Orientales, accusent un "déficit de pluviométrie très exceptionnel (entre -60 et 65% sur les 12 derniers mois)", selon les services de l'État.

Les restrictions, ordonnées pour l'instant jusqu'au 13 juin, concernent les bassins versants de l'Agly et de la Têt, les deux principaux fleuves du Roussillon, où se concentre l'activité agricole, ainsi que les nappes des Aspres, une zone montagneuse, et la côte méditerranéenne, où se situent les stations balnéaires d'Argelès-sur-mer, Collioure ou Canet-en-Roussillon.

Des zones particulièrement sèches que l'on repère même depuis l'espace sur les photos satellites.

L'inquiétude des agriculteurs

Le préfet met l'accent sur un "juste partage de l'effort entre tous les usages : agriculture, autres activités économiques, vie quotidienne, débits dans les rivières" et "un effort collectif".

L'arrosage des potagers, espaces verts, le remplissage des piscines privées, en utilisant l'eau du réseau, sont proscrits.
Sur les terrains de golf, un arrosage n'est permis de 20h à 2h, que si l'eau est issue d'un système de réutilisation. Le lavage des voitures n'est admis que dans les stations dont 70% de l'eau est recyclée.

Pour les agriculteurs, maraichers, arboriculteurs et viticulteurs, l'avenir s'annoncent difficiles.

C'est moins pire que de n'avoir pas d'eau du tout mais arroser avec moins 50%,cela va avoir des conséquences : les craintes que l'on avait seront démultipliées et là on est qu'en début de saison.

Bruno Vila, président de la Fédération des exploitants agricoles des Pyrénées-Orientales.

"Il faut être réaliste, à moins d'un miracle climatique, on ne reviendra pas en arrière jusqu'à l'automne, sur le plan économique, cela va être compliqué" ajoute-t-il.

En visite samedi, dans les Pyrénées-Orientales, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a tenté de rassurer les agriculteurs, en promettant des indemnisations des pertes subies à cause de la sécheresse exceptionnelle.

Dans les Pyrénées-Orientales, le manque de précipitations provoque également un assèchement de la végétation, facilement inflammable, qui tient les pompiers en alerte maximum.

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