Pyrénées : l'ours Goiat sème l'effroi en raison de ses nombreuses prédations, son retrait du massif est évoqué

Le 24 juin à Baish Aran, Espagne / © Conselh Generau d'Aran
Le 24 juin à Baish Aran, Espagne / © Conselh Generau d'Aran

L'ours Goiat, lâché en 2016, dans les Pyrénées a selon les autorités un comportement "anormalement prédateur". Depuis sa sortie d'hibernation, il y a quelques semaines, l'ursidé s'en est à nouveau pris à des brebis, un porc et une jument. Son retrait est évoqué. Les défenseurs de l'ours réagissent.

Par AFP + EG

Un ours lâché en Catalogne sème l'émoi dans les Pyrénées espagnoles et françaises par son comportement "anormalement prédateur" notamment contre des chevaux, ce qui pourrait conduire à son retrait, a-t-on appris vendredi auprès des autorités régionales.

Goiat, considéré comme un "ours à problème"

Aujourd'hui âgé de 13 à 14 ans, Goiat, ours de Slovénie, avait été introduit en 2016 dans cette région du nord-est de l'Espagne.
"Il a un comportement anormal, de prédateur excessif, et s'en prend à des animaux que les ours n'attaquent pas normalement, comme les chevaux, poulains et juments et à proximité d'habitations et de villages" une porte-parole du "ministère" régional catalan chargé de l'Environnement.
    
"Il est très étrange qu'un ours tue des chevaux adultes - y compris de 500 kilos - et cela alarme beaucoup", a reconnu Guillermo Palomero, président de la Fondation Oso Pardo (ours brun), selon qui son comportement "pourrait conduire à son retrait".

Le retrait de Goiat envisagé

"La possibilité de le retirer du milieu naturel des Pyrénées est envisagée depuis l'an dernier", a ajouté la porte-parole du ministère régional. Les autorités tentent d'abord de le dissuader de récidiver. "Pour l'effrayer, des pétards sont lancés ainsi que des balles en caoutchouc et des tirs" à blanc effectués. Des sms seront envoyés aux éleveurs pour leur signaler la proximité d'un animal.

Au moins trois attaques depuis avril fin de la période d'hibernation

Depuis qu'il a fini d'hiberner, Goiat est soupçonné d'au moins trois attaques dans le Val d'Aran, où il a été détecté grâce à son collier GPS. En avril, il a notamment dévoré un poulain puis une brebis et une agnelle, selon les autorités de ce territoire semi-autonome au sein de la Catalogne qui ont réclamé à cette dernière une réunion à son sujet.
En France, la préfecture des Hautes-Pyrénées a attribué mercredi trois attaques début mai à Goiat, présenté comme un "ours anormalement prédateur". Il s'en est pris à huit brebis, un bélier, un porc et une jument.
    

L'ourse Claverina inquiéte également

Une autre ourse slovène, Claverina, lâchée début octobre dans les Pyrénées-Atlantiques françaises, suscite aussi l'émoi en Espagne alors qu'elle aurait tué récemment plusieurs brebis en Navarre. 
Une réunion à son sujet a eu lieu la semaine dernière à Madrid entre des représentants des gouvernements espagnol et français lors de laquelle les deux pays sont convenus de renforcer leur collaboration pour prévenir les attaques.

Les pro-ours s'opposent aux mesures d'effarouchement et en appellent au public

Les associations Ferus et Pays de l’Ours – Adet appellent toutes les personnes favorables à la protection de l’ours dans les Pyrénées à s’exprimer contre les mesures d'effarouchement. Chacun est invité à donner son avis sur le conditionnement aversif vis à vis de Goiat.

Elles réfutent le fait que Goiat est un ours à problème. Car, selon elles, les prédations se sont déroulées à quelques centaines de mètres de bâtiments, mais de nuit et en l’absence de présence humaine. L'effarouchement serait pour ls pro-ours totalement improductif et inefficace et même illégal. Elles préconisent depuis longtemps des mesures de protection des troupeaux par leur surveillance accrue, notamment avec des chiens patous et des clotures électriques.
Les attaques seraient liées, toujours selon ses associations à un défaut de meusre de protection et d'accompagnement des éleveurs.
 

Pas de remise en cause du plan ours

M. Palomero de la Fondation Oso Pardo appelle cependant à ne pas remettre en cause le programme de réintroduction des ours dans les Pyrénées, lancé en 1996, qui "fonctionne très bien".
Selon la FOP, environ 45 ours sont recensés dans la partie centrale des Pyrénées françaises et espagnoles, et quatre dans les Pyrénées occidentales sur les deux versants.
 

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