Subventions à la LDH : "il faut cesser de financer ces associations", un sénateur du Tarn-et-Garonne a lancé la polémique

La menace de Gérald Darmanin de supprimer ses subventions à la Ligue des droits de l’homme (LDH) ne cesse de faire polémique. Pourtant le ministre de l'Intérieur n'a fait qu'appuyer les propos du sénateur LR du Tarn-et-Garonne, François Bonhomme. L'élu LR n'y est pas allé par quatre chemins. "Il faut cesser de financer ces associations" comme la LDH.

Mercredi 5 avril, Gérald Darmanin affirme que les subventions données par l'État à la Ligue des droits de l'homme (LDH) "mérit(aient) d'être regardé(es) dans le cadre des actions qui ont pu être menées" provoquant une bronca de désapprobration dans la sphère politique. L'attention portée au ministre de l'Intérieur a totalement occulté la personne à l'origine de la polémique : le sénateur Les Républicains du Tarn-et-Garonne, François Bonhomme.

Le maire de Caussade interpelle Gérald Darmanin sur les violences policières commises lors de la manifestation contre la mégabassine à Sainte-Soline, le week-end précédent, mais aussi sur l'impossibilité pour les secours de venir soigner les blesser.

"Des associations qui n'ont rien à voir avec l’État de droit"

Tout ceci ne serait que "des bobards" selon le sénateur, véhiculées par "les observateurs des pratiques policières autoproclamés issus de la Ligue des droits de l’homme et d’autres associations ou des défenseurs des droits autosaisis". 

L'élu tarn-et-garonnais lance alors au ministre du gouvernement Borne "si vous voulez être cohérent Monsieur le ministre, il faut cesser de financer des associations qui […] mettent en cause gravement l’État. […] On finance ces associations qui n’ont rien à voir avec l’État de droit, quoi qu’on en dise."

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Du côté de la LDH de Midi-Pyrénées, on observe ces déclarations d'un oeil presque amusé : " On peut être assez étonné que Monsieur Bonhomme se positionne de la sorte alors que La LDH n’a jamais été interpellée dans son action républicaine sauf sous la houlette de l’Etat français de Vichy...." rétorque Jean-François Mignard de la LDH Toulouse.

Le spectre de Sainte-Soline

La figure toulousaine de la LDH reste tranquille concernant cette remise en question de ces subventions qui ressemble, selon elle, à un "coup monté" politique. "Cela donne l’impression d’un numéro de mano à mano, entre un élu Républicain et son ministre de tutelle, estime Jean-François Mignard. C'est un numéro de duettiste où le sénateur ouvre la porte au ministre."

La passe d'arme pourrait se prolonger avec la mobilisation contre le projet d'autoroute Castres-Toulouse (A69) dans le département voisin du Tarn et l'organisation les 22 et 23 avril prochains d'une importante manifestation à l'initiative, entre autres, des Soulèvements de la Terre. Le collectif à l'origine de l'opposition contre la mégabassines de Sainte-Soline.