Tarn-et-Garonne : inquiétude des services de psychiatrie de l'hôpital de Montauban en pleine crise du Covid

Inquiétude pour les personnels des soins psychiatriques extra-hospitaliers de Montauban (Tarn-et-Garonne). Ils estiment être privés d'une partie de leurs effectifs, la direction leur demandant d'aller renforcer d'autres services intra-hospitaliers pendant la crise sanitaire. 

Les personnels de l'unité de soins psychiatriques de l'hôpital de Montauban dans le Tarn-et-Garonne sont inquiets, et le font savoir. 70 d'entre eux viennent de signer une lettre ouverte à leur direction. En cause, la réorganisation que celle-ci leur impose en temps de crise sanitaire.


Une réorganisation qui dépouille certains effectifs


Les agents "extra-hospitaliers", chargés du suivi des patients pour des soins à la journée, soit à domicile, soit dans les centres médicaux-psychologiques du département, sont, en effet, réquisitionnés pour renforcer les services "intra-hospitaliers" en sous-effectifs, au détriment des patients selon eux. Les services de réanimation, fortement sollicités à cause de la crise Covid, "récupèrent" dans leurs murs ce personnel d'infirmiers ou d'aide-soignants. Mais ce système de vase communicant ne les satisfait pas.

On a peur que la direction utilise ce contexte de la crise Covid pour dépouiller nos effectifs. Il manque 18 postes en intra-hospitalier, énormément de lits ont fermé en psychiatrie. Qui va s'occuper des personnes soignées à l'extérieur de l'hôpital ? Je pense par exemple à cette patiente qui souffre de schizophrénie. Elle ne voit personne en dehors de moi, elle me rencontre toutes les semaines, si on me demande d'aller travailler en intra-hospitalier, elle ne verra pas âme qui vive pendant 15 jours ? On ne peut pas abandonner ces personnes-là.

Anne Sutter, infirmière psychiatrique au centre médico-psychiatrique de Caussade (82)

 

Soutenu par trois organisations syndicales, le personnel psychiatrique redoute que sous couvert de la crise sanitaire en cours, la direction de l'hôpital ne maquille par ce système de remplacement une politique de recrutement en berne depuis plusieurs années.

Le structurel ne change pas. Les conditions de travail se dégradent de plus en plus. On a des soignants qui craquent les uns après les autres du fait de leurs conditions de travail, à cause de ce travail qu'on les empêche de faire, et à cause de la difficulté d'être en service et d'assumer ce contexte Covid. Il n'y a pas eu de coupures pour les hospitaliers.

Manuela Dader, infirmière psychiatrique et déléguée syndicale CGT

De son côté, la direction de l'hôpital, dans un courrier daté du 21 décembre 2020, évoque une nécessaire "solidarité entre l'ensemble des structures" extra et intra-hospitalières, et reconnait que cette nouvelle organisation "a pu occasionner des difficultés dans sa mise en oeuvre et son acceptation". Elle s'est engagée à rencontrer l'ensemble des structures extra-hospitalières de psychiatrie adultes pendant le mois de janvier prochain.

 

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