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Témoignage : “Moi aussi j'ai failli mourir en accouchant à la clinique de Montauban”

Les cause du décès de la jeune maman à Montauban cette semaine sont encore inconnues. / © MAXPPP
Les cause du décès de la jeune maman à Montauban cette semaine sont encore inconnues. / © MAXPPP

Après le décès inexpliqué d'une jeune maman, morte suite à son accouchement à la clinique des Ponts de Chaume à Montauban. Une femme témoigne de sa terrible expérience dans ce même établissement, où elle a failli perdre la vie en la donnant.  

Par Cécile Frechinos

"Je ne suis malheureusement pas étonnée de ce décès. Pire cela me culpabilise. J'aurais du dénoncer avant ce qui m'est arrivé". Julie, 25 ans, infirmière a décidé de contacter la rédaction de France 3 Midi-Pyrénées lorsqu'elle a appris le décès d'une jeune mère, le 20 Mars dernier, au lendemain de son accouchement, à la clinique des Ponts de Chaume à Montauban.

"Moi aussi j'ai failli mourir en donnant la vie en 2016, dans cette même clinique", poursuit la jeune femme. Et d'ajouter : "Il faut que ça cesse. Combien de drames doit-il y avoir". 

En mai 2016, Julie doit accoucher de son premier enfant. L'obstétricien qui la suit, lui programme une date d'accouchement avec césarienne car son bébé est trop gros pour un accouchement par voie basse. 
Mais deux semaines avant la date prévue, Julie a des contractions et doit se rendre à la clinique des Ponts de Chaume. 
 

Un choc hémorragique 


"J'ai expliqué mon cas à l'obstétricien de garde ce jour là mais il n'a rien voulu entendre. Il voulait absolument me faire accoucher par voie naturelle", se remémore Julie. 

Après 12 heures sous péridurale et toujours pas de bébé, le gynécologue obstétricien décide d'utiliser les forceps. " Il s'est acharné pendant 30 minutes j'étais à bout de force", raconte la jeune femme émue. 

Finalement, Julie est envoyée au bloc pour y réaliser une césarienne en urgence. Mais arrivée en salle d'opération, la future maman fait un choc hémorragique et perd plusieurs litres de sang.

"Il y a eu un véritable moment de panique. Mon pronostic vital était engagé, le réanimateur l'a dit à ses équipes".  


Julie est transfusée de 4 poches de sang et plasma et passe sa première nuit de jeune mère en réanimation.

Très vite, alors qu'elle séjourne encore à la clinique, elle souhaite obtenir des explications.

"L'obstétricien qui m'a accouché m'a expliqué qu'avec le champs opératoire installé pour réaliser la césarienne, il n'a pu vu que je faisais une hémorragie par le bas", se rappelle Julie furieuse. 
 

Un dossier médical signé par des médecins qui ne l'auraient pas auscultée


A sa sortie de Clinique, la jeune maman va relancer l'établissement pour tenter d'obtenir plus de justifications. Pour seule réponse, elle reçoit son dossier médical qui ne l'éclaire pas d'avantage. " Le pire c'est que ce dossier a été signé par des médecins qui ne m'ont jamais auscultée". 

Julie a finalement baissé les bras. " C'est un tel mauvais souvenir que j'ai souhaité tourner la page. Mais le décès de cette jeune mère me glace.", explique-t-elle. 
 

Dans les deux cas le même obstétricien ? 


Infirmière à Montauban, elle connaît beaucoup de professionnels de santé dans cette ville et s'est renseignée sur le drame du 20 Mars dernier. 
"Le gynécologue obstétricien qui l'a accouchée est le même que celui qui m'a pris en charge pour la naissance de ma fille. Il faut arrêter le massacre", se désole Julie. 

D'après la jeune femme, le médecin en question serait un des actionnaires de la clinique est donc "intouchable"
 

"Un cas qui peut s'expliquer médicalement"


Claude Porcher, directrice de la clinique, a justifié le déroulement des faits le 20 Mars dernier "Cette patiente a été accueillie lundi en fin d'après-midi pour des contractions. Elle a été prise en charge et a accouché d'un bébé le mardi au petit matin. Elle a été suivie durant toute la journée. La situation s'est dégradée et après des examens a été prise en charge par le service réanimation. Elle est décédée le mercredi après-midi. Sa mort n'a pas eu lieu dans le cadre d'une erreur, c'est un cas qui peut s'expliquer médicalement.

En 2017, l'établissement du groupe Elsan avait déjà fait face à une enquête judiciaire suite à la mort d'un bébé au sein de la clinique

 
 

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