Primaire de la gauche : sept candidats officiellement retenus

C'est officiel depuis ce samedi. Ils sont sept candidats sur la ligne de départ de la primaire de la gauche et ont désormais un mois de sprint devant eux pour mener une campagne qui s'annonce âpre et électrique. Parmi eux, une seule femme, la présidente du parti radical de gauche (PRG), Sylvia Pinel

Sylvia Pinel
Sylvia Pinel © MaxPPP
Il y aura donc sept professions de foi disponibles mardi, sept pupitres lors des trois débats télévisés (12, 15, 19 janvier) et, comme pour la primaire de la droite en novembre, sept bulletins disponibles dans les quelque 8 000 bureaux de vote le 22 janvier 2017, à l'occasion du premier tour de la primaire de la gauche.

Quatre socialistes et trois candidats des partis satellites

Parmi eux, quatre ministres socialistes du quinquennat écoulé, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Benoît Hamon, et trois représentants des partis satellites, Sylvia Pinel (Parti radical de gauche), seule femme en lice, candidate après avoir dans un premier temps décidé de ne pas prendre part à la primaire,  François de Rugy (Parti écologiste) et Jean-Luc Bennahmias (Union des démocrates et des écologistes).
Cette liste, validée samedi par la Haute autorité des primaires citoyennes (HAPC), a créé des crispations : le secrétaire national du PS chargé du pôle "production et répartition des richesses", Fabien Verdier, dont la candidature a été recalée officiellement faute de parrainages suffisants, s'est invité avec fracas devant les micros et caméras pour dénoncer des "irrégularités" et des "pressions".
L'ancien inspecteur du travail Gérard Filoche, un autre déçu, a également annoncé qu'il allait déposer un "recours", s'en prenant à la direction du PS. "Ce que je crois c'est que c'est Jean-Christophe Cambadélis (le premier secrétaire du PS) qui décide, et Christophe Borgel, pas la Haute autorité", a-t-il assuré devant le Palais de la Mutualité.
"Je suis surpris. On ne peut pas accepter un processus collectif avec des règles et quand ces règles ne vous conviennent pas refuser de les respecter", a rétorqué Christophe Borgel, président du comité d'organisation de la primaire.
"Arrête ton cirque Gérard Filoche. Ce que tu ne supportes pas c'est que la gauche du PS t'ait boycotté! Ils n'ont pas voulu te parrainer point à la ligne!", a de son côté répondu sur Twitter M. Cambadélis.

Une campagne entamée bien avant l'officialisation des candidatures

Cette annonce marque le début officielle d'une campagne qui se terminera le 20 janvier mais qui a, dans les faits, débuté il y a bien longtemps. Samedi, alors que leurs candidatures étaient entérinées, l'ancien Premier ministre Manuel Valls distribuait des tracts dans Paris quand Arnaud Montebourg se dirigeait vers Saint-Brieuc puis Guingamp pour rencontrer des militants. Il n'y aura guère de répit ces prochaines semaines, sachant que les fêtes de fin
d'année resserreront encore le calendrier.
Manuel Valls et Vincent Peillon dévoileront leurs programmes début janvier et multiplieront les déplacements, après s'être lancés dans la course sur le tard,
quand François Hollande début décembre a renoncé à se représenter. Dans le même temps, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon continueront de labourer le terrain afin d'essayer de s'immiscer au second tour. Jean-Luc Bennahmias, Sylvia Pinel et François de Rugy tenteront, eux, d'exister au milieu des poids-lourds socialistes.

Des enjeux multiples

Pour le PS, les enjeux sont multiples. D'abord, réussir "sa" primaire, après le succès de la primaire de la droite et du centre qui a réuni plus de 4,4 millions
de votants et ainsi mis sur orbite son vainqueur François Fillon. L'objectif est plus modeste puisque Jean-Christophe Cambadélis table plutôt sur une participation comprise entre 1,5 et 2 millions d'électeurs, qui verseront un euro par tour pour voter.
Surtout, il faudra faire en sorte que le rassemblement reste possible après plusieurs semaines de débats, alors que la droite et l'extrême droite sont à l'heure actuelle bien mieux placées pour accéder au second tour de l'élection présidentielle. Sans oublier Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, que les sondages placent, à ce stade, devant le candidat socialiste quel qu'il soit.
Cette semaine, les accusations lancées contre Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, soupçonnés de ne pas être à jour de leurs cotisations auprès du PS, ont été perçues comme des "malveillances" par les intéressés. Gare aux boules puantes d'ici à fin janvier !
"La primaire est le moyen de mettre en marche le cercle vertueux de l'unité", a préféré croire Jean-Christophe Cambadélis. Un voeu pieu ?

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