Ce qui va se décider (ou pas) lundi sur le projet d'irrigation à Sivens dans le Tarn

Une décision sur les moyens d'irrigation qui doivent remplacer le projet abandonné de barrage est prévu ce lundi 9 septembre. Mais il demeure encore des incertitudes. 

Sur le site du Testet en 2017
Sur le site du Testet en 2017 © R. Gabalda / AFP
C'est ce lundi 9 septembre, près de cinq ans après la mort de Rémi Fraisse et l'abandon du barrage de Sivens, que l'arbitrage sur un nouveau projet d'irrigation dans la vallée du Tescou doit intervenir.

L'instance de co-construction (ICC), regroupant élus locaux, associations environnementalistes et agriculteurs, doit alors prendre une décision via un consensus, qui paraît improbable, ou par un vote.

De trois scénarios à deux propositions

Trois scénarios initiaux, que nous révélions en juin dernier, ont été discutés pour finalement aboutir à un seul projet, celui d'une retenue à 300 mètres du projet initial. 

Ce schéma inclurait en plus d'un captage un barrage en amont du Tescou, approximativement sur le site initial du barrage de Sivens, de 700.000 à 1 millions de m3, selon la maire de Lisle-sur-Tarn, citée par l'AFP.

C'est ce projet qui devait être validé au début de l'été. Mais les associations de protection de l'environnement ont fait une contre-proposition ce qui a imposé un nouveau délai de réflexion, d'analyses et de débat, et le report de la décision à la rentrée. Le risque de nouvelles manifestations, à l'approche du passage du  Tour de France dans le Tarn, avait pesé !

Un nouveau délai ?

Cette contre-proposition substitue un système de conduite avec pompage au projet de retenue, défendu par les agriculteurs. Dans ce second schéma, le barrage serait remplacé par une captation des eaux du Tarn amenées par 25 km de conduite en amont du Tescou.

Les naturalistes réclament cependant un nouveau délai pour mesurer les conséquences sur l'environnement mais aussi... les besoins en eau qui n'ont pas été étudiés !

"Soit les irrigants vont passer en force, soit nous obtiendrons un nouveau délai" (Claude Forgeot, du Collectif Testet)

Le souvenir de Rémi Fraisse

Le projet initial de barrage de Sivens, qui devait permettre la réalisation d'un réserve d'eau de 1,5 millions de m3 sur une zone humide accueillant des espèces protégées avait suscité une levée de boucliers d'opposants, et la mise en place en 2013 de la ZAD de la Métairie neuve.

Le 26 octobre 2014, lors d'une manifestation sur cette ZAD, Rémi Fraisse, un jeune militant de 21 ans, avait succombé à l'explosion d'une grenade offensive tirée par un gendarme.

Quelques mois plus tard, en mars 2015, la ZAD était évacuée, avant l'abandon du projet. Les discussions se sont ensuite ouvertes au sein de l'ICC pour une solution alternative permettant notamment de répondre aux besoins en eau de l'agriculture locale.

Pour de nombreux militants écologistes et de gauche, la mort de Rémi Fraisse est devenue un symbole de la "violence d'État". Son nom est encore associé, jusque dans les manifestations de "gilets jaunes", au questionnement du maintien de l'ordre à la française.
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