Des médecins sortent de leur retraite pour parer au manque de généralistes et pour désengorger les urgences

Lundi 5 juin, un nouveau centre médical a ouvert ses portes dans le centre-ville d’Albi (Tarn) pour améliorer l’offre de soin. Afin d’assurer l’accueil des patients en semaine et sans rendez-vous, des médecins retraités albigeois ont accepté de reprendre du service.

Ce lundi matin, Marie Champenois est la toute première patiente accueillie par le nouveau centre médical d’Albi, situé derrière le palais de justice. Guidée par Bernard Salesa, 76 ans, médecin généraliste à la retraite, elle s’installe sur la table d’osculation.

Bien qu’il ait terminé sa carrière, le docteur a repris du service pour permettre la mise en place de cette "expérimentation" initiée par la Ville et l’Agence régionale de santé. "Je suis sensible au fait que les gens ne trouvent plus de rendez-vous quand ils en ont besoin donc j’ai trouvé un petit peu normal de participer à des soins… Bien sûr il faut se remettre au niveau, bien que je continue à assister à des formations médicales continues, je me documente, je lis, mais c’est quand même un petit peu le stress du travail qui revient" explique-t-il au micro de France 3.

Une aide bienvenue

Un soulagement pour cette albigeoise, dont le dernier médecin traitant a pris sa retraite récemment. "Je n’ai plus de docteur, ils sont tous partis… comme j’ai des problèmes de santé, je suis obligée d’être suivie, notamment pour vérifier mon traitement", souligne-t-elle. Et ajoute : "C’est déjà compliqué pour moi, mais pour d’autres, plus âgés, c’est encore pire." Alors, pour Marie Champenois, bénéficier d’un suivi, au tarif conventionnel et tiers payant est une aubaine, et surtout, un beau geste de la part des praticiens.

Pour permettre à ce centre de recevoir ses patients du lundi au vendredi, de 8h30 à 12h30 et de 14h à 18h, il a fallu convaincre les praticiens de revenir au cabinet. Tous font partie de l’association des médecins retraités albigeois (AMRA), nouvellement créée.

Une solution temporaire

"J’ai pris ma retraite en 2018, mais j’ai commencé à travailler sur des programmes en 2020, confie Pierre Le Tinnier, chargé des comptes rendus numériques pour ce premier jour. J’adore mon métier, sinon je ne serai pas là." Un métier qui a certes bien évolué ces dernières années, avec l’informatisation des dossiers, mais rien d’effrayant pour ce médecin, aidé par une consoeur du centre hospitalier d’Albi pour maîtriser les outils informatique et prendre en confiance.

"On a eu une heure trente de formation. Mais c’est surtout en faisant qu’on apprend."  Plus tard, les médecins pourront assumer la consultation et l’écriture des comptes rendus. Et tout ce travail permettra de désengorger les urgences de l’hôpital. "On a vraiment un problème vital de santé publique, et pour le moment nous savons que la densité médicale va baisser brusquement dans l’albigeois avant 2025. Donc il faut trouver des solutions intermédiaires à mettre en place dès maintenant en attendant les générations de médecins qui vont arriver", explique Étienne Moulin, président du conseil de l'Ordre des médecins du Tarn.

Une solution à court terme et surtout, temporaire, qui sera complétée par d’autres dispositifs : dans l’albigeois, une communauté de médecins s’organise déjà afin de libérer des créneaux pour les urgences médicales.

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