Manifestation identitaire à Paris : une députée du Tarn demande la dissolution du groupe d’extrême-droite d'Albi, Patria Albiges

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Près de 200 manifestants identitaires ont défilé samedi 15 janvier dans le cortège contre le pass vaccinal dans le centre de Paris. Parmi les participants, les membres de Furie Française (Haute-Garonne) et du groupe Patria Albiges d'Albi dont la députée du Tarn, Marie-Christine Verdier-Jouclas, demande la dissolution.

Après les événements survenus samedi 15 janvier, où 200 manifestants identitaires ont défilé à Paris, la députée du Tarn Marie-Christine Verdier-Jouclas demande à nouveau la dissolution du groupuscule identitaire d’Albi (Tarn) Patria Albiges. 

Ces militants d’extrême-droite avaient déjà fait parler d’eux pour être impliqués dans l'agression de deux syndicalistes étudiants, dans la préfecture tarnaise, le 25 octobre 2021. C’est lors de cet épisode que l’élue parlementaire de La République en Marche avait sollicité le ministre de l’Intérieur pour demander sa dissolution.

"Je sais que suite à ma lettre demandant la dissolution de Patria Albiges des enquêtes sont en cours. Ma demande n’est pas restée lettre morte. Je suppose qu’avec ce qui s’est passé ce week-end, et si nous avons la certitude que ce groupuscule radical, ultra violent, faisait bien partie des manifestants, la dissolution que j'ai demandée sera acceptée", se félicite Marie-Christine Verdier-Jouclas.

Patria Albiges à Albi, Furie Française à Toulouse

La présence à Paris des membres de Patria Albiges ne fait guère de doute. Sur une photo partagée sur Instagram par un autre groupe identitaire toulousain, Furie Française, une vingtaine de personnes posent, fumigènes, drapeaux tricolores et armoiries de Toulouse à la main, accompagnés de la légende suivante : "En route pour la jfp avec les camarades de Patria Albiges". 

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Les deux groupes Furie Française (Toulouse) et Patria Albiges (Albi), issus tous deux de Génération Identitaire, se sont rendus à Paris le 15 janvier 2022 pour participer à la
Crédits : Capture d'écran instagram compte Furie Française

JFP pour "journée de la fierté parisienne". Une manifestation en hommage à Sainte-Geneviève organisée par "une association satellite de l’ex-GI", rapporte le quotidien Libération, et à laquelle les deux groupes d'Occitanie participent.

Comme l'indiquent deux vidéos également diffusées sur leurs comptes Instagram respectifs, Furie Française et Patria Albiges se sont rendues également, dans l'après-midi du 15 janvier, à la manifestation anti-pass vaccinal organisée par Florian Philippot. 

200 militants d’extrême-droite, majoritairement d’anciens membres de Génération Identitaire, se sont retrouvés afin de marcher derrière une banderole sur laquelle est inscrit : "les Libertés ne s’octroient pas, elles se prennent."

Photo de manifestants "bras levé"

Plusieurs photos de ce cortège ont été diffusées sur la boucle identitaire de Telegram "Ouest Casual". Sur l’une d’elles, les membres du cortège défilent un bras tendu, rappelant les saluts fascistes. Ce cliché a incité le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, à demander la préfecture de police à Paris de réaliser un signalement à la justice. 

"Cette photo prise en marge de la manifestation anti-pass du mouvement dit « les Patriotes » choque beaucoup, à juste titre. À ma demande, la Préfecture de Police a effectué un signalement à la Justice pour que toutes les suites nécessaires soient apportées."

Si une enquête devait être ouverte, elle devrait établir si cette posture était bien celle de véritables saluts nazis ou de simples "clapping", comme affirmé par certains participants et observateurs. 

Lors de cette manifestation, ce même groupe s’en est pris à une équipe de journalistes de l’Agence France Presse (AFP) et aux agents de sécurité qui les accompagnaient, comme l’ont rapporté plusieurs médias nationaux.

Empêcher ces groupes de se reformer

Après avoir eu connaissance de ces incidents, la députée du Tarn a alerté de nouveau Gérald Darmanin, lundi 17 janvier, sur le sujet. 

"Il faut aller jusqu’au bout de cette démarche et dissoudre ces groupes radicaux qui prônent une extrême droite, qui ne peut pas être acceptée, entendue", estime l’élue LREM. Quand on sait qu’il y a des personnes appartenant à un groupe radical, ultra violent, on ne devrait pas pouvoir les autoriser à remonter un groupe. Nous devons faire des progrès par rapport à cela et avoir un meilleur suivi et ne pas attendre qu’il y ait une nouvelle activité. Il faut analyser et réfléchir à trouver de nouvelles solutions pour empêcher que ces nouveaux groupes se forment. C’est un combat où l’on doit être plus efficace, plus rapide et plus ferme."

Après avoir attaqué une manifestation anti-pass sanitaire à Toulouse (Haute-Garonne), le 11 septembre 2021, cinq militants de l’ultra-droite comparaitront le 23 février devant la justice pour "violence en réunion".