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Le père du djihadiste tarnais Quentin Le Brun en appelle au président Macron

Jacques Le Brun, le père du djihadiste tarnais Quentin Le Brun / © Sylvain Duchampt / France 3 Occitanie
Jacques Le Brun, le père du djihadiste tarnais Quentin Le Brun / © Sylvain Duchampt / France 3 Occitanie

Parti du Tarn pour rejoindre les rangs du groupe Etat islamique, Quentin Le Brun fait partie des djihadistes français détenus aujourd'hui par les Forces démocratiques syriennes. Par la voix de son avocat, son père demande son rapatriement à Emmanuel Macron, pour qu’il soit jugé en France.

Par Laurence Boffet

Certains estiment leur nombre à 130 mais on ignore encore combien ils sont précisément et le nombre d'enfants parmi eux. On ignore aussi si ces djihadistes français détenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS) seront vraiment rapatriés en France comme évoqué par Christophe Castaner. En attendant, le père de l'un d'entre eux, Quentin Le Brun, jeune Tarnais parti en 2014 de Labastide-Rouairoux pour combattre aux côtés du groupe Etat islamique, vient d'adresser une lettre au Président de la république nous apprend le site internet du Nouvel Observateur. Il lui demande de rapatrier son fils en France, pour qu'il y soit jugé. 
 

Un procès en Syrie "incompatible avec l'Etat de droit"

"Quentin Le Brun est retenu au sein d'un camp des Forces démocratiques syriennes en vue d'être jugé dans des conditions incompatibles avec le droit au procès équitable et le droit à la vie, au sens de notre Constitution et de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales" indique l'avocat de Jacques Le Brun, Robin Binsard, dans un courrier adressé à Emmanuel Macron le 12 février. "Abandonner un ressortissant français - fut-il suspecté d'avoir participé à une association de malfaiteurs à caractère terroriste - aux mains des juridictions irakiennes ou syriennes, dont l'insuffisance manifeste des garanties a été unanimement constatée par les organisations non gouvernementales, reviendrait à dessaisir l'Etat d'une prérogative régalienne, rendre la justice". 

S'il ne nie pas "la peine" ni "la juste colère des familles des vitimes de l'Etat islamique", Robin Binsard rappelle au Président de la République "l'esprit de nos textes fondateurs" et les "engagements internationaux" de la France. "En temps de guerre, la France s'est honorée en jugeant elle-même ses traitres et en n'en laissant point la charge à des tiers" écrit-il encore.
 

Un jeune Tarnais parti en Syrie en 2014

 Quentin Le Brun est considéré comme un propagandiste du groupe Etat islamique (EI). Ce jeune Tarnais est parti de Labastide-Rouairoux pour la Syrie en 2014. Pour la justice française, il était un proche de la nébuleuse djihadiste toulousaine dans laquelle ont gravité Mohamed Merah et les frères Clain, les "voix" de la revendication des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, fomentés par l'organisation EI.
Récemment, un envoyé spécial de Paris Match avait pu le rencontrer, retenu dans un camp des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par Washington. Depuis, son père dit espérer son retour, ainsi que celui de sa femme et de ses enfants
 

Un rapatriement qui reste flou

Malgré sa réticence initiale, Paris semble envisager sérieusement le rapatriement de dizaines de Français retenus en zone irako-syrienne. Mais les positions au sein même du gouvernement sont parfois divergentes. "Des voies dissonantes se font entendre du côté du gouvernement, même si Christophe Castaner a dit qu'il était favorable au rapatriement" dit Robin Binsard, joint par France 3 Occitanie. "Nous demandons aujourd'hui au gouvernement de se positionner de manière claire". Et l'avocat de Jacques Le Brun insiste sur "la nécessité d'un procès en France" : "ces djihadistes doivent être jugés en France avec fermeté. Cela s'inscrit dans l'histoire. Cela permettrait aux victimes de voir s'exprimer la justice. A l'inverse, une exécution sommaire, à l'issue d'un procès en Syrie, ferait de ces hommes des martyrs aux yeux de leurs pairs". 
Depuis l'évocation du retour des djihadistes français, de nombreuses voix s'élèvent pour s'y opposer. Des voix politiques mais aussi celles de familles de victimes. Parmi elles, Albert Chennouf-Meyer, le père d'une des victimes de Mohamed Merah. Lui aussi a écrit au Président de la république. Pour lui demander de "refuser" leur retour


 

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