TEMOIGNAGE. Une retraitée du Tarn rescapée du Covid après une "petite mort" de 6 mois

Elle s'appelle Georgette. A 83 ans, elle est de retour chez elle à Lescure d'Albigeois. Elle vient de sortir de 6 mois de lutte pied à pied avec le coronavirus. Cette grand-mère et arrière-grand-mère temoigne car elle a "des choses à dire aux jeunes".
 

Georgette est aujourd'hui tirée d'affaire mais elle éprouve encore des difficultés à respirer.
Georgette est aujourd'hui tirée d'affaire mais elle éprouve encore des difficultés à respirer. © Véronique Galy / France 3 Occitanie
Le covid est entré dans sa vie en mars dernier. Une grippe qui dure et au bout de 8 jours, Georgette Diogo, 83 ans, est hospitalisée à Albi. C'est là que tout bascule. "On m'a intubée et à partir de là, je ne savais plus rien. Ce sont mes filles qui m'ont dit : tu as été endormie, mise dans le coma pendant cinq semaines".

Le réveil est difficile, la douleur est là. Même si Georgette est une battante,  il lui faudra tout réapprendre. "J'étais décousue de partout, confie-t-elle. J'étais désarticulée, je n'avais pas un brin de force". Elle explique que le drap de son lit lui paraît peser 50 kilos quand il lui faut bouger un bras ou une jambe.
 

Six mois de soins pour revenir à la vie


Sa fille Jocelyne lui rappelle qu'elle ne l'a pas reconnue au réveil. Avec la combinaison, les protections, Georgette l'a prise pour un médecin. Alors patiemment celle-ci lui remémore, photos à l'appui, qui est chaque personne de la famille.

Trois mois d'hospitalisation, suivis de trois autres longs mois en centre de rééducation à Valence. La Covid 19 a enserré le corps de Georgette, mais aussi six mois de sa vie. L'expérience a été éprouvante pour la vieille dame comme pour ses filles. "Cette appréhention que j'ai du Covid, elle est là. J'en ai peur et c'est Maman qui me rassure !" confie Jocelyne dans un sourire.

"Sans cette force, je ne serais pas là aujourd'hui"


Georgette, elle, se souvient du kiné qui l'a soutenue, encouragée chaque jour dans le moindre de ses gestes, favorisant et valorisant chaque progrès. Au début, on la sanglait pour la placer dans un fauteuil afin qu'elle se muscle à nouveau. La douleur est intense, elle la terrasse littéralement mais Georgette s'accroche.

"Je me contrôlais quand même, se souvient-elle. Je ne sais pas, c'est une force. Il faudrait que tout le monde l'ait parce que sans cette force, je ne serais pas là aujourd'hui. Inconsciemment, je pensais à mes petits-enfants, mes arrières petits-enfants. On attendait une petite fille et je voulais la voir".

"Quand ça vous prend, ça vous tue !"


A 83 ans, Georgette est aujourd'hui tirée d'affaire mais elle a toujours besoin de son appareil respiratoire au quotidien. En cette periode de reprise de l'épidémie, elle en appelle à une prise de conscience collective et veut s'adresser particulièrement à ceux qui comptent à ses yeux : les jeunes. "Je veux que tout le monde entende qu'il faut être prudent et ne pas croire que c'est de la légèreté. Quand ça vous prend, ça vous tue ou alors vous avez la force de résister".

Cette arrière grand-mère déplore que "des gens en rigolent". Elle se souvient avec émotion d'un mois de mai qu'elle a vécu en enfer, des cauchemars qui ne la quittaient pas. "Les gens ne peuvent pas comprendre ce que c'est tant qu'ils n'y sont pas passés, dit-elle. J'y suis passée et je veux dire à tout le monde de se protéger et qu'ils protègent les autres. C'est important. Ils ne voient pas la gravité, mais ça n'arrive pas qu'aux autres".

En vidéo, le reportage d'Hélène Jacques et Véronique Galy
 

 
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