Toulouse : la buraliste d'Albi qui avait refusé de servir des clientes voilées jugée en appel

La buraliste albigeoise qui demandait à ses clientes voilées de retirer leur foulard afin d'être servies, est jugée en appel par le tribunal judiciaire de Toulouse, ce mardi 1er juin. En 2018, elle avait été reconnue coupable de discrimination religieuse et condamnée à une amende de 1 000 euros.

Tarn : La commerçante albigeoise avait placé une affichette à l'entrée de son magasin pour demander aux clients d'enlever casques, voiles, bonnets et casquettes. archives.
Tarn : La commerçante albigeoise avait placé une affichette à l'entrée de son magasin pour demander aux clients d'enlever casques, voiles, bonnets et casquettes. archives. © FTV

Le procès en appel de la buraliste d'Albi qui refusait de servir ses clientes voilées se tient ce mardi 1er juin, devant le tribunal de Toulouse.

En avril 2018, une jeune femme porte plainte pour discrimination religieuse contre Marie Pinié, une buraliste qui lui avait demandé quelques jours plus tôt d'enlever son voile "pour des raisons de sécurité", avant de lui remettre son colis. Anaïs, de confession musulmane, propose à la commerçante de le faire dans un coin, à l'abri des regards, ce que Marie Pinié refuse.

L'affaire fait alors grand bruit, d'autres clientes se manifestent, la buraliste serait coutumière du fait.

Amende de 1 000 euros en première instance

Poursuivie pour discrimination religieuse et pour au moins quatre faits de refus de la fourniture d’un bien en fonction d’une appartenance religieuse, Marie Pinié risquait une peine de trois mois de prison avec sursis.
Jugée coupable, elle a finalement écopé d'une amende de 1 000 euros et a été condamnée également à verser 800 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral à chacune des victimes qu'elle avait refusé de servir ainsi qu'au MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) et à la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme), parties civiles dans cette affaire.
Ses avocats avaient immédiatement fait appel, rappelant que la commerçante agissait ainsi avec toutes les personnes couvertes (casques, bonnet, casquette, voile) leur demandant de se découvrir, car elle craignait qu'une arme y soit cachée.

Le Parquet d'Albi avait également fait appel, estimant que la peine n'était pas à la hauteur de la gravité des faits. Ce mardi 1er juin, à Toulouse, l'avocat général a requis trois mois de prison de sursis, assortis d'une amende de 3 000 euros.

La décision a été mise en délibéré.

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