Après Sainte-Soline, Gérald Darmanin annonce la dissolution des "Soulèvements de la Terre" avant leur manifestation contre l'A69

Ce devrait être la plus grosse mobilisation contre l'autoroute Castres-Toulouse (A69). Les 22 et 23 avril prochain, le collectif "Les Soulèvements de la Terre", à l'origine des manifestations à Sainte-Soline, organise l'évènement "A69 Sortie de route". Mardi 28 mars, le ministre de l'Intérieur annonce sa volonté de dissoudre cette organisation.

"Ça va être rock n'roll" lâche Alain Hébrard, membre de "La Voie est libre". Le collectif d'opposant à l'A69 se bat contre ce projet depuis des années dans le Tarn. "Il y aura une grande manifestation, et un évènement festif, sur un lieu privé", poursuit-il.

Mais l'agriculteur à la retraite ne peut pas en dire plus, "les réunions pour préparer ce grand week-end ne cessent d'être repoussées avec le contexte social du moment."

"Les Soulèvements de la Terre", militants radicaux

Jusque là principal opposant à l'A69, "La Voie est libre" sera co-organisateur de "Sortie de route", les 22 et 23 avril prochain, en collaboration avec "Les Soulèvements de la Terre".

Le collectif de militants écologiste créé en 2021, s'est fait connaître par ses actions radicales ses dernières années. Son dernier fait d'armes ? La manifestation de Sainte-Soline contre les méga-bassines qui a vu éclore de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. 

D'ailleurs, mardi 28 mars devant l'Assemblée Nationale, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a annoncé sa volonté de dissoudre le collectif : "plusieurs exactions fortes contre les forces de l'ordre, plusieurs destructions de biens, des centaines de gendarmes ou de policiers blessés, plusieurs appels à l'insurrection, j’ai donc décidé d’engager la dissolution des "Soulèvements de la Terre""

Un Sainte-Soline bis ? 

Avec l'écho national des "Soulèvements de la Terre", ce week-end d'avril devrait être la plus grosse mobilisation contre l'A69 depuis de nombreuses années.

Alors y a-t-il un risque pour que le Tarn deviennent un Sainte-Soline bis ? "J'espère que non, réponds Alain Hébrard. On devrait être très nombreux, il va falloir bien gérer l'organisation pour que ça ne parte pas en cacahuète."

Le militant de "La Voie est libre" de poursuivre : "Ce sera aussi à l'Etat de bien réagir. A Sainte-Soline, s'il n'y avait pas eu le déploiement des forces de l'ordre, il n'y aurait pas eu toutes ces violences." 

Le spectre de Sivens

Alors que les travaux de l'A69 ont démarré, la mobilisation contre cet axe Castres-Toulouse semble se radicaliser. Le collectif "Extinction rébellion" s'est joint au combat, en menant des actions coups de poing.

Une tension qui n'est pas sans rappeler celle qui entourait le projet du barrage de Sivens, devenu Zone à défendre (ZAD) dans le département du Tarn. Le projet n'avait été abandonné qu'après le décès de Rémi Fraisse, un militant écologiste de 21 ans, lors d'affrontements avec les forces de l'ordre. 

Même un mort ne suffirait pas à arrêter le projet.

Alain Hébrard

membre du collectif "La Voie est Libre"

Si le scénario d'une ZAD n'est pas encore envisagé, pour Alain Hébrard, depuis Sivens les choses ont changé : "Même un mort ne suffirait pas à mettre fin au projet. Regardez le jeune très gravement blessé à Sainte-Soline. S'il décède, tout le monde s'en fout, ça ne changera rien à leurs méga-bassines."

Un espoir juridique

Pour arrêter l'autoroute, les opposants se tournent vers la justice. "Il faut un levier juridique, en plus des manifestations", explique Alain Hébrard. "La Voie est libre" déposera prochainement un nouveau recours contre le projet.

"On gagnera en justice c'est certain. Mais ce sera dans deux ans. Et d'ici là l'autoroute sera construite. C'est pour ça qu'il faut rester mobilisés", conclut l'ex-agriculteur.