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Le début des travaux est lundi, les opposants au barrage de Sivens restent mobilisés

Alors que le début des travaux pour la construction du barrage de Sivens est annoncée pour lundi, les opposants ne se relâchent pas avec un rassemblement prévu dimanche. Une manifestation qui intervient après une semaine mouvementée.
Les opposants au barrage ont érigé des barricades à Sivens le 26 août 2014
Les opposants au barrage ont érigé des barricades à Sivens le 26 août 2014 © AFP
Les opposants à la construction du barrage de Sivens dans le Tarn, dont quatre grévistes de la faim, poursuivront dimanche leurs manifestations à quelques heures du début du déboisement d'une trentaine d'hectares de terres favorables à des espèces protégées. "On s'attend que les machines rentrent sur le site dans la nuit de dimanche à lundi" pour lancer ces opérations, a déclaré par téléphone Ben Lefetey, porte-parole du collectif du Testet et gréviste de la faim. M. Lefetey a fait état "actuellement de quatre personnes en grève de la faim mais il devrait y en avoir d'autres dans les jours qui viennent".

Alors qu'ils avaient prévu de se réunir sur le site de la Maison Forestière de Sivens, les manifestants ont indiqué qu'ils se retrouveront dans une propriété
privée proche. Le Conseil Général a en effet publié des arrêtés interdisant jusqu'au 15 septembre l'accès au site. Le collectif, considéré comme modéré, entend maintenir la mobilisation pour "obliger le Conseil Général à accepter un moratoire d'au moins quelques semaines jusqu'aux décisions attendues du tribunal, du ministère chargé de l'Écologie et de la Commission européenne".

C'est aussi la position de la Confédération paysanne qui veut un "moratoire". Dans un communiqué parvenu samedi à l'AFP, l'organisation syndicale agricole insiste sur "une véritable évaluation indépendante". En revanche la Fédération Départementale des Syndicats d' Exploitants Agricoles (FDSEA) soutient ce projet qui sécurisera l'approvisionnement en eau des agriculteurs.

Une semaine mouvementée

Vendredi, trois militants contre le barrage sur la zone humide du Testet ont été relaxés par le tribunal d'Albi. La justice les accusaient de jets de pierre sur des gendarmes en début de semaines lors d'affrontements entre occupants et forces de l'ordre.
© © Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet

Jeudi c'est une opération escargot qui a été organisée depuis la ferme d'un paysan victime du projet de barrage en soutien au Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet. La confédération paysanne du Tarn a organisé une opération escargot jusqu'à une entrée de la zone humide.

Mercredi, trois militants du collectif d'opposants ont entamé une grève de la faim illimitée devant le conseil général du Tarn.

Mardi dernier, des dizaines de manifestants avaient été bloqués par 80 gendarmes durant les travaux de terrassement d'un champ voisin dans la perspective du début lundi du déboisement des 29 hectares.

Un barrage qui divise

Le barrage, destiné à alimenter en eau les fermes situées à proximité, ferait disparaître un réservoir de biodiversité de 13 hectares. Ses adversaires s'émeuvent de la mort d'une zone humide qui abrite 94 espèces protégées, parmi lesquelles des lamproies du Planer, un vertébré primitif en forme d'anguille. Soutenus par le député européen José Bové, ils dénoncent une vision dépassée de l'agriculture.

La préfecture du Tarn a insisté à plusieurs reprises sur le caractère selon elle exemplaire du projet en terme environnemental : 19,5 hectares de zones humides favorables aux espèces protégées recensées seront reconstituées en compensation des 13 hectares détruits. 

Mais les opposants rétorquent qu'une zone humide est le fruit d'un très long processus naturel. Ils dénoncent aussi le coût global du projet estimé par le Conseil général à 8,4 millions d'euros et les frais annuels de fonctionnement qu'ils évaluent à plus de 300.000 euros.

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