Notre-Dame : le chantier reprend progressivement dès ce lundi

Le chantier de Notre-Dame en sommeil en raison de la crise sanitaire, mercredi 22 avril. / © WOSTOK PRESS/MAXPPP
Le chantier de Notre-Dame en sommeil en raison de la crise sanitaire, mercredi 22 avril. / © WOSTOK PRESS/MAXPPP

Après avoir été mis en sommeil en mars en raison de l’épidémie de Covid-19, le chantier de Notre-Dame de Paris reprend à partir de ce lundi. Masques, gel, repas, hébergement… L’Etablissement public en charge de la restauration détaille les mesures.

Par Pierre de Baudouin

Les équipes reprennent du service pour organiser la poursuite des travaux de Notre-Dame, initiés après l’incendie de 15 avril 2019. L’activité est en effet progressivement relancée dès ce lundi sur le chantier, mis en sommeil à la mi-mars en raison de l'épidémie de coronavirus, comme l’a annoncé l'Établissement public en charge de la conservation et de la restauration de la cathédrale dans un communiqué publié jeudi. "La sécurité sanitaire des compagnons et de tous les acteurs qui travaillent sur le chantier a toujours été au cœur de mes préoccupations, a ainsi affirmé le général Jean-Louis Georgelin, chargé de piloter le projet. C’est la règle d’or dans la conduite de ce chantier."
"La décision a été prise suite à un profond examen des conditions de reprise possibles, explique l’Etablissement public à France 3 Paris Île-de-France. La réflexion n’a pas été menée seul, mais avec tous les acteurs : le coordonnateur sécurité et protection de la santé (CSPS) du chantier, les préventeurs, la maîtrise d'œuvre mais aussi les entreprises concernées. Et, avant tout, nous suivons les préconisations de sécurité sanitaire que le gouvernement a élaboré en concertation avec la profession du bâtiment."

Des repas livrés midi et soir, et un hôtel rouvert à proximité

Concrètement, le port du masque sera obligatoire sur le chantier. "Il y a aussi l’installation de distributeurs de gel hydroalcoolique, et la mise en place de points différenciés pour l’entrée et la sortie du chantier, afin de mieux gérer les flux", détaille l’Etablissement public. Des mesures sont également prévues pour les installations collectives du site, comme les réfectoires et les vestiaires, afin que les espaces "soient moins denses".
"Les règles aménagées pour assurer le respect de la distanciation et des gestes barrière est décrit précisément dans le plan général de coordination du chantier (PGC), souligne l’Etablissement public. Dans le contexte de crise sanitaire majeure, nous avons aussi estimé nécessaire de mobiliser des solutions logistiques pour assurer la sécurité sanitaire vis-à-vis de l’alimentation et de l’hébergement ; ce qui est d’habitude la responsabilité des entreprises. Grâce à l’appui de la Fondation du patrimoine et à un mécénat de Sodexo, des repas chauds seront livrés midi et soir aux compagnons – qui habitent en province – et des différents acteurs."

Un hôtel à proximité va rouvrir

L’Etablissement public indique également qu’"un hôtel à proximité va rouvrir pour permettre de loger les intervenants, grâce à la mobilisation d’Accor, à prix coutant".

Le calendrier n’est "pas remis en cause" selon l’Etablissement public

Pour ce qui est des travaux, la reprise va être menée petit à petit, en trois étapes. "La première étape va consister à remettre en route le chantier en mai, et la deuxième à terminer les installations de décontamination, le chantier étant pollué au plomb, précise l’Etablissement public. On espère ensuite une reprise début juin des opérations liées au démontage de l'échafaudage sinistré. Mais nous pourrons agir sur le chantier dès le mois de mai pour préparer et sécuriser préalablement la dépose de cet échafaudage. Puis il y aura aussi le déblaiement des voûtes et le montage de l’échafaudage pour la dépose du grand orgue."
Avant la mise en sommeil due au confinement, les travaux avaient déjà été interrompus l'été dernier, pendant trois semaines, en raison des risques de contamination au plomb.

Ça demande d’être encore plus mobilisé

De quoi compliquer encore un peu plus l'objectif de reconstruction en cinq ans fixé par Emmanuel Macron, que certains jugeaient déjà trop précoce ? Selon l’Etablissement public, le cap n’est "pas remis en cause" : "Ça demande d’être encore plus mobilisé, avec encore plus d’anticipation et de planification. Mais l’objectif a toujours été très clair, il s’agit de remettre l’édifice au culte et aux visiteurs dès le 16 avril 2024. Tous les chantiers ne seront sûrement pas terminés à la réouverture, avec des interventions à droite et à gauche… Une cathédrale est un chantier permanent."
Quant au financement, l’Etablissement public répète avoir "pleinement confiance en la collecte", qui a permis de regrouper 900 millions d’euros de dons et de promesses de dons : "La quasi-totalité des promesses de dons ont donné lieu à des engagements juridiques". Au total, 340 000 donateurs ont été dénombrés.
 

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