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TÉMOIGNAGES. Les gilets jaunes d'Île-de-France ont la parole

un manifestant en gilet jaune lors de l'"Acte III" de la mobilisation des gilets jaunes le 1er décembre à Paris. / © NICOLAS TUCAT / AFP
un manifestant en gilet jaune lors de l'"Acte III" de la mobilisation des gilets jaunes le 1er décembre à Paris. / © NICOLAS TUCAT / AFP

L'émission Dimanche en politique, diffusée le dimanche 9 décembre, sera consacrée à la mobilisation des Gilets jaunes. Grâce à un appel à témoins, nous avons recueilli le témoignage de ces porteurs de chasubles, afin de comprendre les origines de ce mouvement national de contestation.

Par V.P.

La colère est partie de la hausse des taxes liées aux carburants, pour s'étendre à des revendications aussi vastes que la baisse du pouvoir d'achat. Depuis le 17 novembre, des milliers de Français ont revêtu un gilet jaune pour protester contre le coût de la vie, qu'ils estiment de plus en plus difficile à supporter.

Depuis près d'un mois, leur détermination les a poussé à occuper des rond-points, à barrer pacifiquement des routes, mais aussi parfois à manifester avec violence dans les grandes villes, comme à Paris chaque samedi. Kimberley a longtemps hésité mais s'est décidée : samedi 8 décembre, elle enfilera un gilet pour manifester. Mère célibataire en études, elle dit éprouver des difficultés à se loger et pour garder sa fille pendant ses cours. Pas de logement social disponible, pas les moyens de payer une assistante ou la crèche, explique la Meldoise.
 
 

Défense du pouvoir d'achat, du service public

Elle énumère un bon nombre de problèmes qui la poussent à se rendre dans la rue. Celui de "la redistribution de l’impôt, du service public qui n'est plus efficace, celui des travailleurs pauvres, le problème démocratique (on n’écoute plus les besoins du peuple), la réponse par la violence du gouvernement sur les manifestants (je ne parle pas des casseurs) et la propagande médiatique (sic). Il faut une hausse des salaires ou des salaires plus justes, un logement décent pour tout le monde, une justice sociale, ", liste-t-elle.

 


Son gilet, Valérie l'a enfilé pour les mêmes raisons. Cette habitante de Villeparisis (Seine-et-Marne) souhaite, elle, "une augmentation des salaires et donc du pouvoir d'achat". "J'ai un salaire de 1 200 euros et un enfant à charge. Avec les taxes, je suis dans le rouge tous les 12 du mois. (...) Étant salariée, je veux vivre, et non survivre".

Gilbert abonde en son sens. Il se mobilise pour "une remise à niveau des petits salaires et des retraites" et demande "un gros effort à nos dirigeants pour redonner du pouvoir d'achat et diminuer les taxes et impôts". Pour palier cette inégalité, Nadia, de Fresnes (Val-de-Marne) compte, elle, sur "le rétablissement de l'ISF".
 

La solution par le dialogue

Comment leur situation peut-elle s'améliorer ? Le gouvernement "ne doit pas négliger les peuples, les petits - nous qui travaillons pour survivre - les retraites, les paies, le travail des jeunes, le prix de l'essence", préconise Véronique, habitante de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne). "Il faut qu'il admette qu'il a tort dans son dialogue avec les gens qui sont dans la rue."
Tous nos interlocuteurs condamnent les violences survenues dans certaines manifestations. À l'image de Inken, ils réclament de la dissertation, du dialogue. Il faut "être de plus en plus nombreux à débattre et construire ce projet impossible avec le gouvernement actuel et stopper sa politique", conseille la Parisienne, qui propose l'instauration d'"assemblées démocratiques populaires" afin de trouver une solution au conflit social.
 

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