Disparition d'Emile : "J’espère qu’ils vont nous révéler la vérité", au Vernet, attentes et chagrin pour les habitants

Entre peine et crainte d'un climat de suspicion, c'est un Vernet déserté qui accueille une foule d'enquêteurs et de journalistes depuis dimanche 31 mars. La pluie a cessé et les investigations reprennent dans une ambiance lourde.

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Les mots semblent peser une tonne dans la bouche de François Balique. Au lendemain de l'annonce de la découverte d'ossements appartenant au jeune Emile, le maire du Vernet égrène la vie de ses administrés depuis neuf mois et la disparition du petit garçon : "sous le feu de vos projecteurs... Il y a des interdictions de circuler, on n'a pas l’habitude d’être exposés". Alors qu'enquêteurs, chiens et anthropologues s'affairent ce lundi 1er avril à un kilomètre de la maison des grands-parents, édile et habitants attendent des réponses et un peu de tranquillité. 

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"De la peine et c'est tout"

L'ambiance est lourde dans le hameau du Haut-Vernet. Sur les flancs des montagnes qui entourent le hameau, tombe la chape de plomb de la sentence que tous redoutaient. Emile est mort. Malgré les mois sans nouvelles, une habitante est choquée. Elle s'accrochait à ce "petit espoir de le retrouver vivant". "Qu’il ait été enlevé, on le pensait, souffle un autre, mais qu’il soit loin". Désormais, ne lui reste que "de la peine pour le petit, c'est tout". 

Ça va permettre à la famille de faire son deuil, et à nous aussi.

Une habitante du Vernet

à France 3 Provence-Alpes

Certains osent évoquer une forme d'apaisement, au moins le début d'une réponse. "Je suis content qu'on l'ait retrouvé, dit un résident, même si j'aurais préféré qu'il soit en vie. Maintenant j'espère que le corps ne portera pas de marque d'ecchymose". Lui craint la suspicion qui pourrait s'installer dans le village, où les regards et les rumeurs fusent parfois. La centaine d'enquêteurs ne privilégie pour le moment aucune piste, accidentelle ou criminelle. Et les questions alimentent les hypothèses. Pourquoi le crâne, découvert dans une zone fréquentée des chasseurs et randonneurs, ratissée par les policiers, reniflée par les chiens, où du bois a été coupé cet automne, n'a-t-il pas été trouvé plus tôt ? Après toutes ces fouilles, "c'est vraiment bizarre", ose un local. 

Le crâne retrouvé dans une zone "assez sauvage"

Circonspects, les habitants qui s'expriment encore essaient de comprendre. Les autres se taisent. Ou sont introuvables. En ce lundi de Pâques, il y a plus de journalistes que de Vernetois dans les rues. Un large périmètre est bouclé et le restera jusqu'à dimanche 7 avril. Ni voiture, ni piéton, ni survol ne sont autorisés à proximité de la zone où se déroulent les recherches. Une aire d'une cinquantaine d'hectares, dit à la louche le maire, un coin "fait de près, de bois, de buissons, qui est assez sauvage, assez escarpé". Tous les accès secondaires au lieu de recherche sont bloqués par gendarmes. Des barrières de fer flanquées d'arrêtés municipaux coupent les chemins boueux.

Ce lundi, il ne pleut plus, après un dimanche qui a gorgé d'eau les environs. Peut-être que les enquêteurs y verront plus clair, prédisent certains. "On ne connaît ni le lieu, ni la date ni la cause du décès", rappelle François Balique, comme pointant que la route est encore longue vers un dénouement incertain. "La gendarmerie est là jour et nuit, ça fait neuf mois qu’ils enquêtent. J’espère qu’ils vont nous révéler la vérité."

Une centaine d'enquêteurs est actuellement mobilisée sur la résolution de l'énigme Emile. Sans qu'aucune limite de temps n'ait été fixée.

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