Mort d'Emile : randonneuse, vêtements, petit os... Retour sur les dix jours d'enquête depuis la découverte du crâne

Ce 9 avril, le procureur de la République d'Aix-en-Provence confirme qu'un nouveau fragment d'os a été retrouvé dans la zone où les vêtements ont été découverts quelques jours auparavant. Retour sur les récents rebondissements de cette enquête.

Le 8 juillet dernier, Emile Soleil, âgé de deux ans et demi, disparait au Haut-Vernet dans les Alpes-de-Haute-Provence. Depuis cette date, les pistes accidentelles et criminelles ont été envisagées, de larges moyens ont été déployés et près de 100 hectares de forêts et de bois ont été passés au peigne fin, pour tenter de le retrouver. Le 30 mars dernier, l’enquête est relancée après la découverte d’un crâne, identifé comme celui du petit garçon, au lieu-dit Les Auches, à environ un kilomètre à vol d'oiseau du hameau du Haut-Vernet. Depuis, le village est bouclé et les rebondissements s'enchaînent. 

France 3 Provence-Alpes revient sur les temps forts de cette affaire.

Acte 1 : une randonneuse retrouve des ossements

Samedi 30 mars, le crâne et des dents d’Emile Soleil ont été découverts par une randonneuse au lieu-dit Les Auches, après la chapelle Saint-Pancrace, à environ un kilomètre à vol d'oiseau au sud-est du hameau du Haut-Vernet, situé à 1200 mètres d'altitude. La femme a ramassé les ossements, les a ramenés chez elle et a contacté la gendarmerie. Ils ont ensuite été immédiatement transportés à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), qui les a identifiés comme étant ceux du petit garçon, disparu depuis le 29 juillet dernier.

Les analyses effectuées sur le crâne permettent d'affirmer qu'il présente des traces de morsures post-mortem, et des fissures post-mortem également. En revanche, aucun traumatisme ante-mortem n’a été révélé.  Cependant, ces analyses ne permettent pas encore de définir les causes du décès. Les premières recherches permettent d’affirmer que ces ossements n’ont pas été enfouis, en revanche ils ont été soumis à différentes températures.

Acte 2 : des vêtements retrouvés à quelques mètres du crâne

Deux jours plus tard, le 1er avril, à 150 mètres du lieu de découverte du crane, les vêtements du petit garçon ont été retrouvés. Sur quelques dizaines de mètres, un t-shirt, des chaussures et une culotte étaient éparpillés. Le procureur de la République d’Aix-en-Provence indique que le terrain sur lequel ils ont été découverts présente une très forte déclivité.  Il précise également que la distance à vol d'oiseau entre la maison des grands-parents et le lieu de découverte du crâne, est environ de 1,7 km, soit environ 25 minutes à pied.

Acte 3 : le procureur d’Aix-en-Provence prend la parole pour la première fois

Après la découverte des ossements et des vêtements, le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, s'est exprimé. Durant cette conférence de presse, il a mis en lumière des éléments qui interrogent. D’abord, il a confié ne pas être en capacités d’"affirmer que chaque mètre carré a été foulé par un membre des équipes de recherches". Pourtant, le crane a été découvert à environ 1,7 kilomètres du hameau du Haut-Vernet, et la zone de découverte avait été fouillée lors des battues organisées juste après la disparition.

Il est revenu sur les difficultés d’accès de cette zone ainsi que sur les conditions météorologies particulières au moment des fouilles, avec des températures qui avoisinaient les 30 degrés à l’ombre. Il conclut cette conférence en laissant en suspend les différentes hypothèses possibles. "Entre la chute, l'homicide involontaire et le meurtre, on ne peut toujours pas privilégier une hypothèse plutôt qu'une autre", a conclu le magistrat.

Acte 4 : des légionnaires en renfort

Depuis ce lundi matin et jusqu'au 10 avril, une équipe de l'unité du deuxième régiment étranger de génie de Saint-Christol (Vaucluse) opère au hameau du Haut-Vernet. Composée de huit soldats de la Légion spécialisés dans les fouilles, cette unité déploie son expertise avec des moyens de détection hautement sophistiqués. Parallèlement, une centaine de gendarmes sont toujours mobilisés quotidiennement pour sécuriser et fouiller la zone environnante du hameau.

Acte 5 : un fragment d’os retrouvé

L’affaire continue d’avancer, puisque le 8 avril, le procureur de la République d’Aix-en-Provence confirme qu’un nouveau fragment d’os de l'enfant a été retrouvé "dans le courant de la semaine dernière". Il a été retrouvé toujours dans la même zone où le crâne et les vêtements avaient été découverts. "Les analyses ADN ont révélé que cet os appartenait au corps de l'enfant, mais on ne sait pas, à ce stade, à quelle partie, il peut appartenir", ajoute Jean-Luc-Blachon.