PHOTOS. A Villefranche-sur-Mer, des épaves présentes dans les fonds marins alertent les spécialistes

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Écrit par Margaux Delaunay
A Villefranche-sur-mer, des batteries ou des moteurs de bateaux, jonchent encore les fonds marins.
A Villefranche-sur-mer, des batteries ou des moteurs de bateaux, jonchent encore les fonds marins. © Olivier Jude et Sylvie Laurent

Devant la plage des Marinières, sous le Palais de la Marine, 27 épaves de bateaux jonchent les fonds marins de la rade de Villefranche-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes. Une vision fantomatique, photographiée pour alerter sur ce cimetière sous-marin.

Des coques, en polyester s’accumulent dans la rade de Villefranche-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes. Fruits des tempêtes à répétition et de propriétaires peu scrupuleux, qui laissent sombrer leurs vaisseaux au fond des mers.

Ces carcasses échouées, étouffent alors la vie marine et menacent la posidonie dans celle que l'on surnomme "la plus belle rade du monde" :


Le photographe sous-marin Olivier Jude, "passionné par la biodiversité" comme il aime se définir, a arpenté, aux côtés de Sylvie Laurent ces épaves.

"Du jamais-vu", pour ces deux plongeurs, habitués à explorer les fonds marins. Olivier Jude ajoute : "c'est un dépotoir sauvage comme vous en avez sur les routes, la mer est devenue une poubelle."
Parfois, le corail reprend ses droits, mais là, ce n'est pas le cas !  

C'est une pollution que personne ne voit mais pourtant, c'est bien réel ! On a été dans toutes les mers du monde voir des épaves, et là, c'est du jamais-vu !

Olivier Jude

Une pollution présente à seulement 15 mètres de profondeur. Et elle s'étend sur une zone de plus de 100 m2. 

Les photos prises par ce duo sont édifiantes. "C'est une catastrophe écologique", alertent certaines associations locales : 

"On retrouve de tout au fond de cette rade"

Eric Dulière est responsable d’opérations archéologiques et président de l'association "l’aventure sous-marine" (Anao).

Depuis plus de 30 ans, il mène des recherches dans les fonds marins.

La rade de Villefranche fait presque office d'exception : "nous venons de terminer notre trentième prospection et ce spectacle devient intolérable. Nous n’avons pas bien pu étudier cette zone, elle est bien trop dangereuse."

L'objectif : alerter le grand public, sur ce qu'il se passe sous les eaux. 

Le spécialiste ajoute : "Il faut que ça disparaisse, on en peut plus, on fait du nettoyage, on ne fait plus d'archéologie. On retrouve de tout au fond de cette rade." Des moteurs, des batteries ou des cuisinières recouvrent les fonds marins, c'est un danger pour la biodiversité, mais aussi pour la sécurité des bateaux encore en navigation. 

Si c'était des carcasses en fer, ça pourrait faire des niches à poissons, mais là, c'est en polyester. C'est très dangereux.

précise Eric Dulière

Depuis 2500 ans, des bateaux mouillent dans la rade de Villefranche-sur-Mer. Des objets datant de l'Antiquité ont été retrouvés ou certains de la Seconde Guerre mondiale, comme une ancre de l'US Navy. 

20 000 euros par bateau 

Un diagnostic de la qualité de la rade, a été établi par l’Etat au mois de novembre, grâce à l’INRAE, qui a pu plonger à cet endroit-là.

A partir de ce mois de février, des mesures supplémentaires seront prises pour empêcher les bateaux de mouiller illégalement dans la rade. Pour le secteur Palais de la Marine, les travaux devraient durer deux mois. 

En amont de l’installation des nouvelles amarres, les services de la Direction départementale des territoires et de la mer DDTM des Alpes-Maritimes effectueront un nettoyage des fonds marins de la rade qui sont jonchés de déchets.

Une opération réalisée dans le secteur de Rochambeau : 

Les bateaux actuellement au mouillage sont dans l’obligation de quitter les lieux, une lettre de mise en demeure de libérer la zone a été adressée par la préfecture aux propriétaires des navires. 

Sur les 27 bateaux qui jonchent les fonds marins, seulement neuf seront retirés.

"Ce sont des opérations qui coûtent cher, c'est environ 20 000 euros pour enlever un bateau", précise le maire Christophe Trojani (LR).  

La réglementation du mouillage en mer c’est une compétence de l’Etat, mais on l'a sollicité pour le faire nous-même. La mairie va payer des corps-morts écologiques pour le mouillage

ajoute le maire (LR) Christophe Trojani

Depuis plus de 30 ans, les associations locales se mobilisent. La mise en place de ce projet pourrait enfin faire avancer le problème des épaves de navires dans cette baie. 

Une exposition sur "les objets retrouvés" 

30 pièces seront ajoutées à la collection du musée de préhistoire régional de Menton :

Celui-ci, expose notamment des "trésors d'épaves", mettant en scène les vestiges d'archéologie sous-marine qui ont été découverts en Méditerranée, au large des côtes.

Une exposition disponible à partir d'octobre prochain. 

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