"Il faut que les gens se battent avec nous" : des agriculteurs en colère alertent sur la concurrence européenne

Ce mercredi au matin, une quinzaine de tracteurs du pays d'Aix ont pris la route pour une opération d'un nouveau genre, mais avec le même but que les précédentes : alerter sur les directives européennes. Ils sont allés à la rencontre des maires.

Ce mercredi matin, une trentaine d'agriculteurs dans les villes et villages aux alentours d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a décidé de se faire entendre avec un message face à la concurrence européenne. Symboliquement, dans chaque commune traversée, les agriculteurs en colère, se sont présentés à la mairie et ont demandé à mettre en berne le drapeau européen qui orne les frontons des mairies. Une façon de contester les directives européennes qui pèsent sur la survie des exploitations et d'inciter les consommateurs à acheter local.

Retirer les drapeaux européens

De Trets à Rousset, en passant par Pourcieux, Fuveau et Peynier, de mairie en mairie, ils invitent les élus à retirer les drapeaux européens.

"Non au massacre de nos vrais paysans", peut-on lire sur la banderole déployée par les agriculteurs devant la mairie de Peynier (Bouches-du-Rhône), tandis qu'une poignée d'autre monte au balcon pour mettre en berne le drapeau européen.

"Il y a des vins qui viennent un peu de partout, qui ne sont pas sur le même pied d'égalité en termes de culture, de produits phytosanitaires et surtout en termes de prix, parce qu'ils n'ont pas de taxe dessus de taxes, de douane, les coûts de production sont bien élevés en France", détaille Yves Michel, viticulteur à Trets.

“Le gouvernement a dit 'Nous allons faire une loi. Nous allons inscrire dans la loi, dans le marbre la souveraineté alimentaire comme enjeu d'intérêt national'. Or, on se rend compte au quotidien sur nos exploitations, que dès qu'il y a une décision à prendre, on nous dit on ne peut rien faire, c'est l'Europe”, peste Sébastien Rougier, agriculteur à Trets.

À Peynier comme ailleurs, le maire n'est pas anti-européen, mais il accepte sans sourciller de soutenir ses producteurs locaux.

"C'est pour ça que j'ai laissé faire ce symbole. Parce qu'on a voulu faire ça à marche forcée et on a un petit peu cassé le rêve de l'Europe. On ne peut pas se battre avec des Espagnols si on n'a pas les mêmes charges. Ça paraît tellement logique, c'est du bon sens à croire qu'à Bruxelles, ils n'en ont plus guère" .

Manger local pour soutenir les agriculteurs

Après la mairie, les agriculteurs sont partis sur le marché avec leurs tracts et ont discuté avec les maraîchers et les clients. 

"Depuis le 1ᵉʳ janvier, l'Europe a autorisé l'incorporation d'insectes dans notre alimentation. Donc, il faut que les gens soient conscients de ça, soient informés et se battent avec nous pour le maintien de nos exploitations" ajoute Sébastien Rougier, agriculteur à Trets.

Le but de ces rencontres était d'alerte, mais aussi d'encourager les circuits courts, de favoriser les produits français, les produits locaux et de saison,"en faisant cela, vous nous soutenez", lance un agriculteur.

Manger local et de saison. Un message de bon sens ici. Et pourtant, le modèle paysan semble toujours aussi fragile.