Bilan opération "place nette" à Marseille : entre satisfaction et interrogation pour les syndicats de police

La préfecture de police fait le bilan des saisies et des interpellations après trois jours d'opération "place nette XXL" à Marseille. Les chiffres annoncés ne sont pas perçus de la même façon d'un syndicat de police à un autre.

"Place nette XXL", bilan d'étape. La préfecture de police a présenté ce jeudi 21 mars le résultat des trois premiers jours de cette opération anti-drogue d'envergure à Marseille. En visite surprise à Marseille mardi 19 mars aux côtés d'Eric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin, le président Emmanuel Macron a annoncé vouloir "porter un coup d'arrêt aux trafics de drogues", "assurer l'ordre républicain" et faire "place nette".

Depuis lundi, 149 personnes ont été interpellées et 102 ont été placées en garde à vue. La préfecture de police rapporte également une saisie de 23,4 kg de cannabis, 944 g de cocaïne, 404 605 euros, 13 véhicules, cinq armes, 19,2 kg de tabac et 50 cartouches de cigarettes. 16 étrangers en situation irrégulière ont été placés en centre de rétention administrative.

34 établissements ont été contrôlés avec 38 infractions relevées et sept fermetures prononcées. Les policiers et gendarmes ont verbalisé 587 personnes. Parmi elles, 51 ont payé une amende forfaitaire délictuelle.

Près de 900 agents mobilisés

En tout, dans les Bouches-du-Rhône, près de neuf cents agents de police et de gendarmerie ont été mobilisés sur cette opération. Les dispositifs ont été déployés dans différentes cités marseillaises dont La Castellane, mais aussi dans certaines zones de transit, comme le Grand port maritime de Marseille, la gare Saint-Charles, la barrière de péage de la Ciotat, ainsi que dans plusieurs villes du département des Bouches-du-Rhône.

La préfecture de police évoque aussi ce jeudi la "restauration du cadre de vie". Elle explique que pour cela "35 véhicules épaves ont été enlevés, 110 m³ d'encombrants ont été retirés et 550 m² de tags ont été effacés".   

"Ce n'est pas parce qu'on arrive à 300 qu'on va saisir trois tonnes"

Ce jeudi matin sur France inter, la présidente du groupe Rassemblement national Marine Le Pen a raillé une opération "S, opération small". Pour une source policière entendue par France 3 Provence-Alpes, les chiffres annoncés par la préfecture de police seraient "largement" supérieurs à la réalité. Une opération de communication XXL, en somme. 

Un autre son de cloche, cette fois-ci de la part de Rudy Manna, porte-parole du syndicat Alliance Police. "Ce bilan représente quelque chose. C'est mieux que rien, il ne faut pas croire qu'on saisit 24 kg de stupéfiants en trois minutes, explique-t-il. Ce n'est pas parce qu'on arrive à 300 qu'on va faire trois tonnes." 

"Bien sûr que l'enjeu, c'est de saisir trois tonnes, déclare Rudy Manna. Mais la tâche est compliquée, car les trafiquants cachent la drogue dans un tas d'endroits différents. Il n'y a jamais 100 kilos au même endroit. C'est déjà positif". 

On est pas dupes, cela ne va pas arrêter le trafic. Mais cette opération les met en difficulté. 

Rudy Manna, porte-parole Alliance Police

Selon Rudy Manna, cette opération XXL permet des "prises sèches". "Les policiers ont pu faire toutes les caves, chose qu'on ne peut pas faire lorsque l'on est peu nombreux."

"Ce qui est important, c'est de casser le trafic, poursuit le porte-parole. Ils ne peuvent plus vendre, il va falloir qu'ils se réorganisent. La difficulté, c'est quand la police va partir. Mais on ne peut pas rester à six compagnies de CRS en continu...".