Coronavirus : en pleine épidémie à Marseille, l’impossible confinement des SDF   

Alors que la population est confinée, à Marseille, de nombreux SDF sont encore dans la rue. Les centres d’accueil de jours sont fermés pour éviter la propagation du virus. Une situation intenable pour ces populations fragiles, sous la menace constante d’une verbalisation.

L’association Vendredi 13, dans les quartiers Nord de Marseille, accueille pour la nuit une soixantaine de SDF.
L’association Vendredi 13, dans les quartiers Nord de Marseille, accueille pour la nuit une soixantaine de SDF. © E. ZINI / FTV
Sept heures du matin, le centre d’accueil de nuit de l’association Vendredi 13, dans les quartiers Nord de Marseille, ferme ses portes.

La soixantaine d’habitués, à 80 % des hommes, sont forcés de retourner dans la rue… pas d’autre choix.

Depuis la mise en place du confinement, les accueils de jours ont baissé leur rideaux pour éviter la promiscuité et donc la propagation du virus.

Qu’on les laisse tranquille, le temps de trouver une solution pour chacun.

Conséquence, alors que la règle est d’éviter de sortir, les plus fragiles se retrouvent dans la rue, explique le président de l’association Vendredi 13, Bertrand Nos.
SDF & coronavirus, l'appel à ne pas verbaliser de l'asso Vendredi 13

En pleine épidémie de coronavirus à Marseille, l’impossible confinement des SDF... L'amer constat... 👉👉 https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/coronavirus-pleine-epidemie-marseille-impossible-confinement-sdf-1806110.html

Publiée par France 3 Provence-Alpes sur Mercredi 25 mars 2020
"On leur demande de se fixer dans un endroit et on leur donne une attestation d’hébergement, mais ce n’est pas toujours suffisant".

Bernard Nos dénonce l’attitude de certains policiers, "qui n’hésitent pas à les chasser, en leur demandant de ne pas rester dans la rue sous peine d’amende".

Mais pour aller où, s’interroge le président de l’association. "Qu’on les laisse tranquille, le temps de trouver une solution pour chacun".

50 personnes logées à l’hôtel

Conscient de la problématique, les pouvoirs publics ne sont pas restés sans rien faire : des nuits d’hôtel ont été proposées. Une solution qui a permis de reloger 50 personnes temporairement, surtout de familles.  

Une bonne chose selon l’association, mais pas suffisant pour venir à bout du problème. Et il y a urgence, selon son président : "L’état des SDF se dégrade de jour en jour, dehors ils manquent de tout à commencer par l’accès à l’eau !"
Accueil de SDF, hommes, femmes et famille par l'association Vendredi 13, dans les quartiers Nord de Marseille.
Accueil de SDF, hommes, femmes et famille par l'association Vendredi 13, dans les quartiers Nord de Marseille. © Emmanuel ZINI / FTV

Une quinzaine de sanisettes à Marseille

Marseille ne compte à ce jour qu’une vingtaine de fontaines et une quinzaine de sanisettes. Certaines fermées pour cause d'épidémie. 

A l’heure où l’hygiène est un facteur de lutte contre la propagation du Covid 19, ces populations fragilisées sont livrées à elles-mêmes.

Seul un camion douche mis à disposition par la municipalité continue de circuler, mais ne suffit pas à couvrir l’ensemble des besoins.

Les femmes se lavent au lavabo car nous n’avons pas de douche

"Les femmes sont les plus affectées par cette situation", explique le président de l’association Vendredi 13.

"Elles se lavent le soir au lavabo, car nous n’avons pas de douche. Ce sont les centres de jour qui en ont, mais ils sont fermés".

Bernard Nos demande l’ouverture de gymnases pour accueillir ces populations dans de bonnes conditions.  
Le Samu social de Marseille a distribué plus de 2.000 savons dans des squats et des campements.
Le Samu social de Marseille a distribué plus de 2.000 savons dans des squats et des campements. © E. ZINI/ FTV

Plus de 2.000 savons distribués par la ville

En attendant, l’association poursuit ses maraudes dans le centre de Marseille.

Chaque après-midi, deux camions sillonnent les rues pour distribuer une centaine de sacs de première urgence. A l’intérieur, des denrées alimentaires de base, mais surtout des bouteilles d’eau et du savon.

Le savon, désormais incontournable. Le Samu social de la ville, qui fournit aussi des repas aux plus démunis, a distribué plus de 2.000 savons dans des squats et des campements sur 26 sites répertoriés dans le centre.

Une première vague qui pourrait être renouvelée dans les prochains jours, selon les services municipaux.  

En cette période de crise, Vendredi 13 en appelle aussi à la solidarité de chacun. Un numéro est à composer, le 115, si vous rencontrez une personne en difficulté.
 
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