"Croisières, ni ici, ni ailleurs" : 17 collectifs européens se mobilisent contre la pollution liée au tourisme des paquebots de croisières

Dix-sept collectifs venus de l'Europe entière sont réunis à Marseille samedi et dimanche pour combattre ce secteur et ses bateaux gros pollueurs.

Ils mènent une croisade anti-croisière sur tous les flots. Ils viennent de Valence, Rotterdam, Trieste ou encore Piraeus... Les militants de 17 collectifs unissent leurs forces ce week-end à Marseille à l'initiative de Stop Croisières pour combattre ensemble les bateaux de croisières et un tourisme en hausse constante, qu'ils dénoncent comme des  "catastrophes écologiques"

"Chez nous, il y a de trop de transports de marchandises et de personnes pour le tourisme, c'est une situation qui n'est pas soutenable au niveau de la planète à cause de la pollution, la sécheresse, tous ces problèmes qu'on affronte globalement", explique Marian, une militante espagnole à France 3 Provence-Alpes.  

Un manifeste anti-croisières européen

Le collectif Stop Croisières est à l'initiative de ces trois jours de mobilisation qui s'achèvent ce dimanche 10 mars. Il est à l'origine d'un manifeste européen contre ce tourisme de masse, adopté en avril 2023 par une dizaine de ces organisations d'Espagne, de France et d'Italie. D'autres collectifs européens, dont certains de Croatie, de Malte, de Norvège ou du Portugal, n'étaient pas représentés à Marseille, mais devraient également se joindre à ce manifeste, pour une trentaine de signataires au total à terme, selon Rémy Yves, porte-parole de Stop Croisières.

Ce manifeste réclame une réduction radicale des croisières et leur disparition
à terme, l'arrêt du développement des infrastructures portuaires d'accueil ou encore
l'organisation d'une transition pour les secteurs du tourisme dans les villes concernées.

Depuis sa création il y a deux ans, le collectif marseillais multiplie les actions coup de poing, comme le blocage d'un navire Wonder of the Seas à l'entrée du port en 2022, ou une manifestation sur l'eau à la Ciotat contre le carburant Gaz Naturel Liquéfié (GNL).

Les militants écologistes réfutent les arguments des croisiéristes qui mettent en avant l'utilisation de ce nouveau carburant, l'utilisation d'épurateurs d'air ou encore l'électrification des quais d'amarrage pour défendre leur bilan environnemental.

On considère aujourd'hui qu'il n'y a pas d'énergie propre alternative pour le transport maritime et les croisières en particulier.

Rémy Yves, porte-parole du collectif Stop Croisières

France 3 Provence-Alpes

Un niveau record à Marseille en 2023

Rémy Yves, porte-parole du collectif Stop Croisières précise que le GNL "est un combustible fossile, qui a un impact climatique au moins équivalent à celui des fiouls utilisés actuellement" notamment à cause "des fuites de méthane qui ont un impact réchauffant absolument désastreux sur le climat".

"Croisières, ni ici, ni ailleurs", c'est le mot d'ordre des collectifs réunis à Marseille, qui travaillent à l'élaboration d'un agenda commun pour faire changer les lois. "La problématique de la croisière se pose clairement au-delà de l'Europe", pour Rémy Yves, mais il estime qu'un tel élargissement n'était pas envisageable rapidement "de manière réaliste".

Le militant marseillais salue les décisions de Venise ou Amsterdam, qui ont interdit leurs centres-villes aux navires de croisière en 2021 et 2023 : "il faut prendre toutes les avancées quand il y en a", tout en regrettant que "dans les faits, les bateaux ont juste été déplacés dans les ports commerciaux à côté".

A Marseille, en 2023, les Croisières ont atteint un niveau record. L'activité a progressé de 76% selon le rapport d'activité annuel du port publié le 18 janvier 2024, avec  624 escales et plus de quatre millions de passagers.

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