JO-2024 : la lutte contre le moustique-tigre s'organise sur les sites olympiques

Des spectateurs et des athlètes du monde entiers seront réunis cet été à Paris et à Marseille pour les Jeux olympiques, pas question que le moustique-tigre ne vienne gâcher la fête du sport.

Préserver le sommeil des athlètes. A quatre mois des JO de Paris 2024, les autorités se mettent en ordre de bataille contre le moustique-tigre, l’Aedes albopictus, dont la présence pourrait gâcher la fête des Jeux olympiques. L’insecte continue son expansion géographique en France où 45 cas de dengue ont été recensés l’an dernier. Les œufs n'ont pas encore éclos, "mais on commence à être vigilant", a indiqué Didier Fontenille, directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), spécialiste des maladies vectorielles, à Montpellier. Des mesures sont prises pour éviter les risques de propagation de l’insecte, notamment à Marseille.

Quelle protection pour les athlètes des épreuves de voile à Marseille ? 

Biogents a remporté l'appel d'offres pour protéger la marina olympique à Marseille, où se dérouleront les épreuves de voile, a relevé l'un des trois dirigeants de la société allemande, Hugo Plan. "L'installation de 15 pièges est prévue le 26 avril sur un hectare", "dans la végétation, à l'ombre dans un environnement humide", a-t-il précisé.

"Durant la compétition, il y aura des passages réguliers des équipes pour s'assurer de la maintenance et du bon fonctionnement des pièges" encastrés dans des caissons métalliques de 80 cm de hauteur et longueur, pour les protéger contre d'éventuels actes de vandalisme.

Ces pièges sans insecticide, sont conçus pour imiter les signaux corporels humains (odeur, chaleur...) "afin de capturer efficacement et sur le long terme les moustiques". Ils ont été testés lors de la Coupe du Monde de Rugby 2023 pour la protection de la fan zone de Toulouse, précise Biogents, qui étudie depuis plus de 20 ans le comportement des moustiques dans son laboratoire en Bavière (Allemagne). Ce dispositif sera aussi utilisé sur le Tour de France en 2024, dans les Fan Parks des villes de départ et d'arrivée de la Grande Boucle.

Pourquoi le moustique-Tigre est-il une menace pendant les JO ? 

Mercredi 20 mars 2024, l'Agence régionale de santé (ARS) a confirmé l'implantation de ce moustique en Normandie, jusqu'alors la dernière région de France métropolitaine à être épargnée. Vecteur notamment du virus de la dengue, qui provoque une fièvre brutale, et dont l'incidence explose au Brésil et en Guyane française, le moustique-tigre fait planer une sérieuse menace sur le bon déroulement des Jeux Olympiques en plein cœur de l'été, période de grande activité de l'insecte piqueur.

"Il y a un vrai risque pendant les Jeux olympiques de transmission de maladies", avait déjà alerté en juillet 2023, Sylvie Manguin, directrice de recherche en maladies infectieuses à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) de Montpellier dans 20Minutes. 

A quatre mois de l'événement qui doit attirer des millions de visiteurs et d'athlètes du monde entier, les arboviroses, maladies transmises par le moustique tigre (dengue, chikungunya et zika), font partie des risques infectieux "pris en compte" dans la cartographie des risques sanitaires identifiés par la direction générale de la santé et pour lesquels "une veille et une surveillance renforcée seront mises en place". En France, 45 cas de dengue ont été enregistrés en 2023, provoqués par des transmissions du virus dans l'Hexagone. 

Comment protéger les villages olympiques ? 

"Quand on est malade de la dengue, on ne va pas sauter la haie. Les villes olympiques et en particulier le village olympique doivent être mosquito free", sans moustique tigre, pour ne pas contaminer athlètes ou touristes, recommande l'entomologiste Didier Fontenille, spécialiste des maladies vectorielles.

Selon lui, si chacun s'attaque aux "collections d'eau" stagnante, où se développe le moustique-tigre à partir du printemps, cela pourrait "régler 80% du problème".Car quelques millimètres d'eau suffisent pour faire office de nid à ce moustique hors du commun. Une "mobilisation citoyenne" à combiner avec "des pièges quand c'est pertinent, des répulsifs, des moustiquaires, des larvicides d'origine biologique".