VERIFICATION. Trafic de drogue : y a-t-il 40% de points de deal en moins à Marseille comme l’affirme Gérald Darmanin ?

En déplacement à Marseille, le mercredi 3 janvier, le ministre de l'Intérieur a salué les bons résultats obtenus dans la lutte contre le trafic de drogue qui gangrène Marseille, à l'origine de 49 "narchomicides" de 2023.

Lors de sa visite à Marseille, la trentième, Gérald Darmanin a annoncé vouloir mettre les moyens pour lutter contre le trafic de drogue et notamment s'attaquer au "Uber shit". Venu inauguré la CRS 81, une nouvelle unité spécialement créée pour les violences urbaines et le trafic de stupéfiants, le ministre de l'Intérieur s'est félicité de voir disparaître les points de deals dans la cité de la Paternelle, la plus lucrative de la cité phocéenne. Il a également annoncé avoir fait baisser "de 40% les points de deal"  de la ville. Est-ce vraiment le cas ? 

"Cela n'empêche pas le trafic de renaître"

Le ministre de l'Intérieur assure que 40 % de points de deal de Marseille ont été supprimés, mais les syndicats de police sont plus nuancés. En prenant comme exemple la disparition des points de deal de la cité de la Paternelle, Gérald Darmanin explique que c'est la stratégie de pilonnage mis en place depuis plusieurs années par la préfète de Police, Frédérique Camilleri qui porte enfin ses fruits.

"Oui, les points de deal ont disparu, mais cela n'empêche pas le trafic de renaître, et notamment par le biais des 'Ubershit' ce phénomène de livraison de drogue à domicile", explique Bruno Bartocetti, représentant du syndicat unité SGP Police.

En matière de trafic, lorsqu'un point de deal ferme, un autre ouvre.

Bruno Bartocetti, Unité SGP Police

France 3 Provence-Alpes

Et selon le syndicaliste, c'est ce qu'il se passe "en ce moment à travers ces points de ventes mobiles comme les Uber Shit".

La "DZ Mafia" n'est pas anéantie

Le ministre de l'Intérieur a insisté lors de sa venue à Marseille sur les nombreuses arrestations concernant deux clans qui s'opposaient et qui étaient en grande partie responsables des règlements de compte dans la cité Phocéenne. Il s'agissait des clans DZ Mafia et Yoda. " Il y a eu des dizaines et des dizaines d'interpellations et des incarcérations à Marseille et sur tout le territoire, mais aussi à Dubaï et au Maghreb concernant les gros bonnets comme on les appelle, ça permet de donner des coups extrêmement forts contre la drogue", a indiqué le ministre de l'Intérieur lors de son déplacement.

Un travail reconnu et salué également par les syndicats de police, "c'est vrai qu'il y a des résultats, on les a sérieusement encombrés et gênés, mais la circulation de produits stupéfiants continue et a évolué". 

Cette source policière indique également que la cité phocéenne est une plaque tournante du trafic."Marseille alimente aussi les extérieurs des Bouches-du-Rhône, la DZ Mafia est une pieuvre qui va jusqu'à Nîmes, Béziers, Montpellier, Nice ou encore Avignon".

 Un trafic florissant sur les réseaux sociaux 

"Notre travail de proximité paye, car les résultats sont probants avec un engagement du quotidien des enquêteurs PJ et sûreté départementale et d'arrondissement", se félicite Bruno Bartoccetti, tout en déplorant le manque de moyens.

"Malheureusement, on est coincés par les réseaux sociaux qui communiquent en toute impunité puisqu'on n'a pas les moyens de remonter les filières à travers ces réseaux et ça, c'est compliqué pour les enquêteurs", ajoute-t-il.

Face à la réorganisation du trafic, la police se doit de se réorganiser. C’est ce que promet Gérald Darmanin. Il a rencontré de nombreux policiers marseillais des différents services pour écouter aussi les remontées du terrain et les besoins en matière de lutte. Le renfort de la CRS 8 ponctuellement et la CRS 81 depuis fin novembre avec 194 hommes et femmes sont là aussi pour intensifier la lutte contre le trafic.

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