A Fréjus, une rentrée politique expéditive pour Marine Le Pen

Marine Le Pen a fait salle comble pour sa rentrée politique, ce dimanche à Fréjus. / © M. B. - FTV
Marine Le Pen a fait salle comble pour sa rentrée politique, ce dimanche à Fréjus. / © M. B. - FTV

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a choisi son fief de Fréjus (Var) pour son discours de rentrée politique sur le thème de la proximité, à 6 mois des élections municipales.

Par Michel Bernouin

Un an et un succès aux élections européennes après, Marine Le Pen est de retour, ce dimanche à Fréjus, dans le Var, pour sa rentrée politique. Objectif de la présidente du Rassemblement national : "parachever la grande recomposition politique" avec en ligne de mire les élections municipales dont le premier tour aura lieu dans 6 mois, jour pour jour.

A Fréjus, première commune de France administrée par le parti Lepéniste, la présidente du Rassemblement national fait toujours salle comble. Au théâtre du Forum, on a pris soin de disposer un drapeau tricolore à côté de chacun des 1.000 fauteuils. Anny ose à peine y toucher. "C’est pour nous ?"
 

"Ras le bol"

Cette militante de toujours vient d’Istres (Bouches-du-Rhône) pour voir "Marine, la seule qui dit la vérité". Retraitée pimpante, elle confie son "ras le bol de tous ces gens qui arrivent [en France] et font comme s’ils étaient chez eux]". A sa droite, il y a "Antoine, d’Oran". Ancien combattant de la guerre d’Algérie, il trahit son âge : 79 ans. Nostalgique de l’Algérie Française et de Jean-Marie Le Pen, qu’il a connu là-bas. Derrière, les jeunes de "Génération nation", le nouveau nom du FNJ, ont revêtu leurs tee-shirts immaculés en sortant des fast-food voisins. Le théâtre est complet.
 
 

Mariani et Garraud ont fait le déplacement

En salle de presse, on ironise sur la prestation de la chanteuse qui, sur scène, fait patienter la salle. Dans le hall, un vestiaire improvisé regroupe tout ce que la sécurité interdit dans la salle : sacs à dos, glacières, bouteilles d’eau et couteaux de poche. Un recoin sert de stockage pour les valises des parlementaires et invités VIP. Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud ont fait le déplacement.

Le maire de Fréjus, David Rachline, fait un passage éclair au pupitre, juste le temps de glisser une boutade. "Malgré son mépris, madame Loiseau [tête de liste La république en marche Modem aux élections européennes de mai dernier, ndlr] est tombée du nid et c’est bien notre liste qui est arrivée en tête."
 

Discours rébarbatif

15 heures, voilà déjà Marine Le Pen derrière les micros, pour un discours sur le thème de "la proximité au service des Français". Elle prévient d’entrée que ce sera rébarbatif. Promesse tenue. Aménagement du territoire, rôle des communes. Pas de quoi enflammer les militants. Même au prononcé des thèmes clé, "priorité à la sécurité", "refus de toute immigration supplémentaire", la salle reste muette. "Baisse des impôts, démocratie de proximité" : silence. "La gestion par des maires RN ça fonctionne" déclenche enfin des applaudissements.
 

"Union nationale"

Après sa métaphore montagnarde du mousqueton samedi – chaque élection à venir doit assurer son ascension jusqu’au sommet : l’Elysée – Marine file la métaphore maritime. Celle de la "brise bienfaisante qui pousse les Français vers la patrie. L’avenir n’est plus au global, mais au local".
 

A 6 mois des municipales, Marine Le Pen confirme sa stratégie : celle de "l’union nationale pour participer au combat pour le redressement de la France", et pas seulement de l’union de la droite. "Les souverainistes de gauche sont orphelins" assure la présidente du RN.

Trente-cinq minutes de discours montre en main. Quelques propositions en faveur du pouvoir d’achat comme les premiers mètres-cube d’eau consommée "à prix coutant", la fin du parking payant à l’hôpital ou du "racket du carburant sur l’autoroute". Un seul "on est chez nous !" scandé par la salle. Le parti lepéniste a connu rentrée plus enlevée.

 

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