Coronavirus : interdit de cracher, une commune du Vaucluse prend un arrêté contre certaines incivilités

Illustration : pour les policiers, la procédure de verbalisation en cas de crachat est simplifiée. / © Alexandre MARCHI / MAXPPP
Illustration : pour les policiers, la procédure de verbalisation en cas de crachat est simplifiée. / © Alexandre MARCHI / MAXPPP

En période de confinement, la mairie de Carpentras a pris trois arrêtés mardi 24 mars. L'un d'eux fait figure d'exception dans le Vaucluse. Il entend lutter contre certaines incivilités. Sur le territoire de la commune, vous pouvez être désormais verbalisé si vous crachez.

Par Jean Poustis

A crise sanitaire exceptionnelle, des mesures exceptionnelles prises par le gouvernement mais également par certains maires.

À Carpentras, dans le Vaucluse, la mairie a reçu depuis le début du confinement, des messages concernant des incivilités sur son territoire.

"Nous avons eu quelques remontées par mail ou sur les réseaux sociaux d'habitants nous indiquant des mouchoirs par terre, des crachats ou encore des masques usagés", indique la mairie.

Interdiction de cracher

Alors, le maire Serge Andrieu a décidé de prendre trois arrêtés mardi 24 mars pour "garantir un confinement sécurisé". L'un instaure un couvre-feu de 21h à 5h.

Et un autre, interdit de cracher, d’abandonner des papiers, des mouchoirs et des masques de protection usagés.

"Le code de santé publique interdit déjà de cracher dans la rue. Mais là, avec cette situation sanitaire exceptionnelle, nous devions faciliter le travail de nos agents", explique la mairie.

Une procédure moins longue, une police plus efficace

Avant cet arrêté, les forces de l'ordre devaient transmettre une procédure écrite au procureur.

Les policiers peuvent maintenant travailler plus facilement et plus rapidement grâce à un procès-verbal électronique. 

"Maintenant, ils sont un maximum dehors et moins devant l'ordinateur. Nous faisons également face à des effectifs réduits avec des maladies et des enfants à garder, alors on s'adapte", affirme la mairie.

17 euros le crachat

En cas de verbalisation, le contrevenant s'expose à une amende de première classe. Il en coûtera 17 euros au contrevenant, jusqu'au 31 mars.

"C'est le montant réglementaire, impossible de faire plus, même si nous le souhaitons", admet la mairie.

L'arrêté va même plus loin. Il permet également aux policiers de verbaliser les personnes se tenant à moins d'un mètre de distance dans les lieux publics.

Réactions contrastées des habitants

Dans la commune du Vaucluse, certains habitants doutent de l'efficacité d'un tel arrêté.

"Il y a vraiment des gens qui vont se faire arrêter pour ça ? Les policiers ont d'autres choses à vérifier, autre qu'un papier qui traîne ou un crachat dans la rue", souligne une habitante.

D'autre, par contre, salue sur les réseaux sociaux cette initiative "un peu tardive".
Une habitante de la commune réagit sur les réseaux sociaux à l'arrêté. / © FTV
Une habitante de la commune réagit sur les réseaux sociaux à l'arrêté. / © FTV
Pour le moment, l'arrêté a donc été pris jusqu'au 31 mars. Mais si le confinement se poursuit, la mairie prévoit "de prolonger son arrêté jusqu'à la fin de la période".
 

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