À Grenoble aussi, les chirurgiens-dentistes sont amers : “On va regarder le prix que la mutuelle nous coûte plutôt que la qualité”

Le 27 janvier dernier, les chirurgiens-dentistes manifestaient à Paris / © PHILIPPE LOPEZ / AFP
Le 27 janvier dernier, les chirurgiens-dentistes manifestaient à Paris / © PHILIPPE LOPEZ / AFP

Les dentistes se sont mobilisés ce vendredi 3 mars 2017, à l'appel des principaux syndicats dentaires contre la revalorisation d'un certain nombre d'actes de base en contrepartie d'un plafonnement des actes liés au prothèses. Même ceux qui ne suivent pas la grève partagent leurs revendications.

Par C.C

"Toute la filière dentaire dit stop à Marisol Touraine", clament dans un communiqué les trois syndicats de dentistes (FSDL, CNSD, et Union dentaire), d'étudiants (UNECD) et d'internes en dentaire (SNIO) auteurs de l'appel à la grève vendredi 3 mars 2017.

Ils appellent ainsi les chirurgiens-dentistes à fermer leur cabinet et à se rendre à une manifestation prévue à Paris à 13 heures 30, près du ministère de la santé. 

À Grenoble, les dentistes n'ont pas tous fait grève, ce vendredi 3 mars. Mais dans ce cabinet du centre-ville, les quatre dentistes qui travaillent partagent le même constat que leurs confrères. "Les mutuelles vont nous imposer des choix financiers et on va regarder le prix qu'elle nous coûte plutôt que la qualité" regrette le Pr. Claude Paillet, chirurgien-dentiste. 

A Grenoble, les dentistes suivent la grève nationale
Intervenants: Dr Claude Pailler, Chirurgien dentiste; Dr Stéphane Rivière, Chirurgien dentiste - Céline Aubert, Cédric Lepoittevin, Thao Huynh et Annick Giros

Mobilisés contre le plafonnement des tarifs des actes liés aux prothèses

Dans l'exercice de sa profession, le chirurgien-dentiste pratiquent plusieurs types d'actes : les actes dits "courants" comme les détartrages où le soin de caries, et la pose de prothèses.

Les premiers, remboursés par la sécurité sociale, sont peu rémunérateurs pour les dentistes. Les seconds paient mieux les praticiens mais ils sont si peu remboursés que beaucoup de Français renonçent à une pose de prothèse. 

C'est là le noeud du problème. Pour réduire l'écart entre ces soins, le Ministère de la santé propose de revaloriser les actes courants et de plafonner, en échange, le prix des actes liés aux prothèses. 

Mais pour les syndicats, ces efforts sur la revalorisation des actes courants sont insuffisants. L'augmentation des prix fixés ne compenserait donc pas le manque  généré par le plafonnement des prothèses.

Alors les négociations stagnent.

Un arbitrage au 1er février 

Le 27 octobre dernier, la ministre Marisol Touraine a fini de mettre le feu aux poudres. Elle a intégré un amendement à la loi de finances de la Sécurité sociale prevoyant d'avoir recours à un arbitrage si l'accord n'était pas conclu avant le 1er février 2017. 

Les syndicats jugent "antidémocratique" cette méthode employée. D'où la manifestation organisée vendredi 3 mars. 

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