Entreprises : le Grand Est favorise les regroupements et la création de filières

Après un an de Grand Est, le quotidien des chefs d'entreprises évolue peu à peu grâce à la politique des filières. L'enjeu désormais, ce sont des regroupements pour plus d'efficacité et de visibilité. Voici le dossier Grand Est de la semaine.

Par PhD

Le salon de l'agriculture version 2017 vient de fermer ses portes et plus de 600 000 visiteurs y sont venus cette année. Dans le hall 3, les producteurs d'Alsace, de Champagne-Ardennes et de Lorraine étaient rassemblés pour la première fois sous une bannière commune. Le Grand Est était présent partout sur 1200 m2. Même si pour certains irréductibles, cela manquait de signes distinctifs. "Les clients qui cherchent l'Alsace ont envie de voir une cigogne, de voir des colombages, regrette par exemple cette viticultrice alsacienne, là nos clients sont un peu perdus, (...) ils ont du mal à nous trouver". Le son de cloche est très différent du coté des Champardennais. Ils étaient neuf exposants sur les quarante quatre du Grand Est. Plutôt habitués à l'événement, ils étaient un peu anxieux à l'idée d'être noyés dans la masse. "En fait on s'aperçoit que ça s'est bien passé, on s'entend bien avec les Alsaciens et les Lorrains", dit ce charcutier des Ardennes qui estime "avoir géré la fusion".
Entreprises : le Grand Est favorise les regroupements et la création de filières
Après un an de Grand Est, le quotidien des chefs d'entreprises évolue peu à peu grâce à la politiques des filières. L'enjeu désormais, ce sont des regroupements pour plus d'efficacité et de visibilité. Voici le dossier Grand Est de la semaine. - Caroline Kellner, philippe Dezempte, Frédéric Madiai.


Si l'agroalimentaire est certainement le principal secteur mis en valeur par la grande région, d'autres filières, moins importantes en terme d'emplois ou de chiffres d'affaires sont tout de même en train de se mettre en place. L'aéronautique en est un exemple. Un Pôle devrait se constituer bientôt à Metz. Il va permettre une meilleure visibilité de cette industrie. "Lobbying, visibilité, échange d'informations, (...) on peut être concurent mais le fait de se voir ça crée des liens, c'est une logique qui fonctionne", assure Thierry Jean, le président du pôle aéronautique Grand Est et PDG de Preci3D. Une logique qui pourrait booster cette industrie. D'ailleurs les principaux acteurs ont investi ces derniers mois dans notre région : dix huit millions pour Safran sur son site de Molsheim en Alsace où sont fabriqués des trains d'atterrissage. Et cent dix millions d'euros injectés par Lisi Aerospace dans les Forges de Bologne en Haute-Marne. Le groupe possède cinq sites majeurs dans le grand Est, de quoi rivaliser un jour peut-être avec la région de Toulouse, leader dans ce domaine.

Autre secteur d'activité : le bois. Le massif des Vosges ne connait pas de frontières et pourtant les interprofessions du bois alsaciennes et lorraines ne se parlaient pas. Celle des Ardennes était encore plus isolée. C'était avant le Grand Est. Aujourd'hui, la structure Grand Est est en cours de construction, elle mènera une politique globale de massif, une évidence pour ce secteur porteur d'emplois et plein d'avenir dans un siècle où l'environnement est devenu un enjeu majeur. Franck Mathis, PDG de l'entreprise Mathis et pilote du plan national "Industries du bois" considère que "plus on est important, plus on peut aller loin", estimant aussi que les seuls alsaciens ou Vosgiens ne pèsent rien face à des industriels américains ou asiatiques. L'interprofession Grand Est devrait naitre en 2017. En même temps que le lancement des premiers immeubles en bois en France. le résultat d'un plan national dont le Grand Est sera l'un des acteurs majeurs.

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