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2018 : une année noire pour le réchauffement climatique dans les montagnes des Alpes

Le lac d'Annecy à son niveau le plus bas, le 28 septembre 2018 / © Jean-Pierre Clatot / AFP
Le lac d'Annecy à son niveau le plus bas, le 28 septembre 2018 / © Jean-Pierre Clatot / AFP

Les chiffres sont tombés il y a quelques jours : l'année 2018 a été la plus chaude jamais enregistrée en France. Evidemment, les Alpes et leurs massifs ne sont pas épargnés. Bien au contraire. Dans nos montagnes, le réchauffement climatique est deux fois plus rapide, deux fois plus marqué. 

Par France 3 Alpes

Cette image restera comme l'une des plus fortes, des plus marquantes, de l'année 2018 dans les Alpes : le lac d'Annecy à son plus bas niveau historique. Un drôle de paradoxe alors qu'en janvier 2018, quelques mois avant cette sécheresse, le lac menaçait de déborder tant il pleuvait. Las, à la fin de l'été, la cote du Lac était plus basse que celle enregistrée lors de la canicule de 2003. Un triste record était alors battu pour la première fois depuis plus de 70 ans... 

Pour la Frapna, qui fédère les associations de protection de la nature en Rhône-Alpes, l'état des affluents du lac d'Annecy constituait "une alerte de grande gravité". "Moins d'eau dans les rivières et ruisseaux, voire pas du tout de débit, entraîne moins de dilution de la pollution qui s'y trouve, donc une concentration plus forte, ainsi que la mort des poissons et autres organismes vivants." Un bilan alarmant, donc. 

Et très contraignant aussi pour les Hommes. Car au-delà des images et photos impressionnantes, l'activité a également été impactée pour les loueurs de pédalos ou la Compagnie des Bateaux du lac. 
© AFP
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Même constat et même tristesse du côté de Paladru. Là-encore, le lac isérois a vu son niveau dégringoler au fil de l'été, mettant au jour des vestiges du Moyen-Âge fortement menacés par la baisse du niveau des eaux. Là-bas, le niveau a chuté de plus d'un mètre soixante-dix

Conséquence directe : des arrêtés contre la sécheresse ont très vite été pris dans nos départements. La production de neige de culture a été limitée en début de saison hivernale. Et le glacier des Deux-Alpes, par exemple, n'a pas pu ouvrir durant les vacances de la Toussaint
© France 3 Alpes
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Alors, quelle est la cause de tout cela? Evidemment, le réchauffement climatique est la principale source d'inquiétudes. Fin octobre, alors que les premiers frimas de l'automne arrivaient enfin, nous dressions le bilan d'un été hors-normes dans les Alpes avec les spécialistes de Météo France à Grenoble

Sans être une année record en terme de chaleur (aucune température record n'a été battue), l'été 2018 s'est caractérisé par son extrême longueur : il a duré plus de six mois! Ainsi, à Grenoble, les spécialistes ont enregistré 135 jours au-dessus de 25 degrés. C'est 40 de plus que la normale! 
© France 3 Alpes
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De même, les précipitations se sont faites rares. Entre avril et octobre, à Grenoble, il a manqué 166 millimètres de pluie. Un déficit important mais pas catastrophique. Sauf quand il est couplé à un été bien trop long en termes de chaleur... Et ce fut le cas cette année. 

Ainsi, en France, l'année 2018 se termine en étant la plus chaude jamais enregistrée avec une température moyenne sur l'ensemble du pays de 14 degrès. C'est 1,4 degré de plus que la normale. Dans les Alpes, les chiffres régionaux sont encore attendus. Mais, en moyenne, les scientifiques s'accordent à dire que le réchauffement est deux fois plus rapide et deux fois plus marqué dans les régions de montagne. 

Un réchauffement climatique qui est donc devenu une réalité ces derniers mois. Une réalité bien palpable et concrète comme l'ont constaté, eux-aussi, nos confrères de Reporterre

 

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