Coronavirus et confinement : les livraisons de fruits et légumes à domicile explosent, les producteurs débordés

Avec la fermeture des marchés, sauf dérogation, les agriculteurs et les éleveurs de la région ont dû s'adapter. Livraison à domicile et distributions, les producteurs sont submergés par la demande d'une clientèle de plus en plus nombreuse.
Dans le quartier de l'Île-verte à Grenoble, les commandes de panier de légumes de "La charrette bio" ont doublé en quelques semaines.
Dans le quartier de l'Île-verte à Grenoble, les commandes de panier de légumes de "La charrette bio" ont doublé en quelques semaines. © Gilles Ragris/ France 3 Alpes
Un panier de fruits et légumes directement livré chez vous. L'idée n'est pas nouvelle, mais en cette période de confinement, elle trouve de plus en plus d'adeptes. Après la fermeture des marchés "ouverts" le 24 mars, sauf dérogation, les agriculteurs et éleveurs ont dû trouver des solutions pour écouler leur stocks. 

L'engouement et la demande des consommateurs n'a pas tardé à s'exprimer sur Internet. Chaque jour, des groupes de partage entre producteurs et consommateurs fleurissent sur les réseaux sociaux."On voulait consommer local, alors avec des amis on a créé des groupes pour l'Isère, la Haute-Savoie, la Loire et  le Rhône" explique Ketsia Belmostefa, administratrice du groupe Du producteur au consommateur 74. "Ils gagnent 500 nouveaux membres, tous les jours." 
 
Dans le groupe des producteurs partagent leur page officielle pour proposer leurs produits
Dans le groupe des producteurs partagent leur page officielle pour proposer leurs produits © Facebook


"Le rythme est infernal !"

Bien que les paniers de fruits et légumes soient une aubaine pour les agriculteurs, certains anciens maraîchers trouvent ce système insoutenable. "Le rythme est infernal ! On est deux et il faut constamment être sur Internet et au téléphone, en plus de s'occuper du jardin. De cinq heures jusqu'à midi, on prépare les paniers et après, mon mari fait les livraisons, c'est beaucoup de travail " confie Nathalie Monet, productrice de légumes en Haute-Savoie. 

Misant sur le-bouche-à-oreille, l'agricultrice a reçu en deux jours, une cinquantaine de demandes de livraisons. "C'était pour dépanner, mais comme le marché de Nouvelle Ville va rouvrir, on va arrêter."
 
D'autant plus que Nathalie et Claude Monet considèrent que l'augmentation de leur clientèle est éphémère : " Des clients nous ont dits qu'après, ils retourneront aux AMAP [associations pour le maintien d'une agriculture paysanne, NDLR.] "

Autre solution des agriculteurs pour vendre leurs produits : les distributions organisées par les associations. À Grenoble, plusieurs fois par semaine, la Charrette bio installe son stand pour distribuer les commandes de fruits et légumes à sa clientèle.


"On a triplé nos ventes"

Mais là encore la demande explose et la gestion est difficile : "Avant le confinement, on avait 140 commandes par semaine, aujourd'hui, on en a 240. " 

Au sein de cette association, les quatorze petits paysans qui la composent ne souffrent pas de la fermeture de la plupart des marchés. "On s'est réorganisé et on a triplé nos ventes pour les fermes. La perte de vente liée à la fermeture des marchés "ouverts" s'est répercutée sur la Charette bio et les fermes." 
 
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