EXCLUSIF. Vidéos de dealers armés à Grenoble : pour le rappeur Corbak Hood, "Tout ça, c'est de la mise en scène"

TEMOIGNAGE FRANCE 3. Les vidéos de trafiquants armés à la cité Mistral de Grenoble étaient "mises en scène", selon le rappeur Corbak Hood qui les a utilisées dans son clip musical. Il affirme que les armes étaient factices. Une enquête judiciaire est en cours pour faire la lumière sur cette affaire.
Le rappeur grenoblois Corbak Hood affirme être à l'origine des vidéos de trafiquants armés qui ont provoqué l'indignation sur les réseaux sociaux.
Le rappeur grenoblois Corbak Hood affirme être à l'origine des vidéos de trafiquants armés qui ont provoqué l'indignation sur les réseaux sociaux. © France 3 Alpes
Des hommes en armes à la cité Mistral de Grenoble, se mettant en scène devant un point de deal. Tout ça pour un clip musical ? C'est ce qu'affirme le rappeur Corbak Hood, à l'origine du titre "Chicagre" sorti mardi 1er septembre. "Tout ça, c'est de la mise en scène", assure l'artiste de 16 ans qu'une équipe de France 3 Alpes a rencontré.

Quelques jours plus tôt, deux vidéos avaient suscité l'indignation sur les réseaux sociaux et déclenché une passe d'armes entre le maire de Grenoble, Eric Piolle, et le ministre de l'Intérieur. Sur la première, filmée depuis un immeuble par un homme se présentant comme un habitant du quartier, on voit un groupe de trafiquants lourdement armés en train de surveiller un point de deal. Ces images n'apparaissent pas dans le clip de rap. Et dans la seconde vidéo, des hommes habillés de la même manière posent devant une table garnie de friandises et de produits stupéfiants.

"Ca faisait un petit moment que je rappais et ça galérait un peu. Il y avait une opportunité de buzzer et je l'ai utilisée", affirme simplement Corbak Hood. Il explique avoir tourné son clip et "laissé fuiter" des images avant sa diffusion pour en faire la promotion. "J'ai attendu que le buzz prenne, que ça monte et là, j'ai balancé le clip, c'était le bon moment. Je ne m'attendais pas à ça, ça m'a choqué (...) 30 000 vues, je m'attendais pas à ça."
 
Plusieurs questions restent toutefois en suspens. S'agissait-il vraiment d'armes factices ? Qu'en est-il de la drogue ? Y a-t-il un lien avec la série de règlements de comptes survenue à Grenoble au cours des dernières semaines ? "C'était des armes à billes, des fausses armes comme vous pouvez le voir dans le clip", répond le jeune homme. Et sur la table, "c'est du CBD (du cannabidiol, substance réglementée en France, NDLR), c'est pas considéré comme de la drogue".
 
 

"Merci pour le déplacement"


A la fin de son clip, on voit l'un des protagonistes vider le chargeur de son arme, rempli de billes. Pour autant, une enquête judiciaire diligentée par le parquet de Grenoble est en cours. Le procureur Eric Vaillant a indiqué que les enquêteurs cherchaient à interroger les auteurs du clip. Ils risquent des poursuites pour "provocation à l'usage illicite ou au trafic de stupéfiants" et "port d’armes prohibé".
 
Le préfet de l'Isère, qui a "amplifié" ses contrôles contre le trafic de drogue dans l'agglomération après la diffusion de ces vidéos, affirme sur Twitter que "Clip ou pas Clip, on n'a pas le droit d'être armé sur la voie publique". Cette affaire a déclenché un emballement politique et médiatique, provoquant notamment des interventions policières à la cité Mistral. Dès le 26 août, des jeunes avaient déclaré au préfet de l'Isère, lors de son point presse, que "c'était un clip de rap, que les armes étaient factices". L'enquête en cours devra faire la lumière sur ce point.

"Un gros merci à tous les médias et le ministre aussi. Merci pour le déplacement et ça a pété comme je m'y attendais pas", conclut Corbak Hood, pas vraiment inquiet des poursuites judiciaires dont il pourrait faire l'objet. Il se montre, au contraire, plutôt satisfait d'avoir déclenché un tel buzz.

 
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