Série de fusillades à Grenoble : "C'est à qui tuera le dernier", dénonce Alliance Police Nationale

Une flambée de violence touche l'agglomération de Grenoble depuis la fin du mois de juin. Six fusillades ont fait, à ce jour, trois morts et trois blessés graves. Le syndicat Alliance Police Nationale dénonce un manque de moyens humains et matériels pour faire face à cette situation.
Une fusillade a eu lieu sur la place Saint-Bruno à Grenoble fin juin, la première d'une longue série.
Une fusillade a eu lieu sur la place Saint-Bruno à Grenoble fin juin, la première d'une longue série. © France 3 Alpes
Fusillades et règlements de comptes s'enchaînent à Grenoble. Au mardi 4 août, on dénombre six homicides ou tentatives d'homicide en cinq semaines. Le dernier en date a eu lieu ce lundi à Eybens, un trentenaire a été tué par balle en pleine nuit alors qu'il se trouvait à bord d'une voiture.

Faut-il voir un lien entre ces différentes fusillades ? "A ce stade de l'enquête, ce sont encore des suppositions, nuance Yannick Biancheri, représentant du syndicat Alliance Police Nationale à Grenoble, mais quand on a des événements aussi proches, il y a souvent un lien."

Les règlements de comptes sur fond de trafic de stupéfiants sont réguliers dans l'agglomération, mais l'accélération de la cadence inquiète le représentant syndical. Un effet lié, selon lui, à la libération anticipée de détenus pendant le confinement. Une mesure décidée par le gouvernement pour enrayer la propagation du Covid-19 dans les prisons. "On a libéré pas mal de personnes de prison et aujourd'hui, on peut imaginer que certaines se disputent les sites de trafic (de stupéfiants, NDLR) qui sont occupés par d'autres individus", juge M. Biancheri.

Cette série noire de règlements de comptes a débuté le 27 juin avec la fusillade de la place Saint-Bruno. Entre quatre et cinq individus ont tiré des coups de feu devant plusieurs commerces en plein après-midi. La fusillade n'avait fait ni mort ni blessé. Les enquêteurs privilégient la thèse du règlement de comptes entre trafiquants. Du quartier Mistral à Eybens, d'autres fusillades ont suivi, faisant à ce jour trois morts et trois blessés graves.

 

Manque de moyens


"A l'instar d'autres grandes villes, à Grenoble, ils sortent leurs armes pour tuer. Sa localisation à proximité des frontières fait que Grenoble est un carrefour entre beaucoup de trafics, ça représente un enjeu important pour les trafiquants. Ils n'hésitent plus à se servir de leurs armes, on est dans un engrenage de vengeances. C'est à qui tuera le dernier", ajoute le représentant syndical, demandant plus de moyens humains et matériels pour "assurer la même sécurité dans toute l'agglomération".
 
La Villeneuve de Grenoble et d'Echirolles ainsi que le quartier Renaudie-Champberton à Saint-Martin-d'Hères sont devenus quartiers de reconquête républicaine en 2019, entraînant le recrutement de 70 policiers supplémentaires dans la circonscription. Un premier pas encourageant, mais pas suffisant pour Yannick Biancheri : "Entre les départs et les mutations, on commence déjà à perdre des effectifs. Grenoble est un secteur qui n'attire pas. En septembre, on sera sur un ratio départs-arrivées de -3."

Outre ces recrutements de policiers, 35 adjoints de sécurité vont rejoindre la direction départementale de la sécurité publique de l'Isère dans les prochains mois. Là aussi, le représentant syndical pointe un "manque criant" d'effectifs face à cette flambée de violence.

 
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