Faucheurs volontaires de tournesol : délibéré reporté au 25 mars

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Écrit par B.L. avec l'AFP
Trois prévenus, dont un faucheur de l'Yonne, sont poursuivis pour avoir détruit des plants de tournesol issus de semences obtenues par mutagénèse.
Trois prévenus, dont un faucheur de l'Yonne, sont poursuivis pour avoir détruit des plants de tournesol issus de semences obtenues par mutagénèse.

Trois prévenus, dont un faucheur de l'Yonne, sont poursuivis pour avoir détruit des plants de tournesol issus de semences obtenues par mutagénèse. Le tribunal correctionnel de Tours devait rendre son jugement jeudi 7 février 2013. La décision a été reportée au lundi 25 mars 2013.  

En juillet 2010, à Sorigny et à Saint-Branchs, en Indre-et-Loire, 119 personnes avaient détruit des parcelles de "tournesols tolérants" issus des recherches sur la mutagenèse (production de mutation due à l'action d'agents physiques ou chimiques).

Trois d'entre eux ont comparu pour "destruction du bien d'autrui" lundi 26 novembre 2012. Ils risquent 3 mois avec sursis. Le procès avait été marqué par un incident de séance : les trois prévenus ont reconnu les faits, mais 78 autres faucheurs ont demandé à être entendus. Le tribunal a suspendu la séance pour examiner leur requête, qui a finalement été rejetée. Considérant que leur procès ne serait pas équitable, les 3 prévenus avaient dessaisi leurs avocats du dossier et quitté le tribunal. Cette sortie avait semé le trouble du côté des témoins cités par les faucheurs, où seul un scientifique a été entendu, les cinq autres refusant de témoigner.

Manifestation de soutien aux propriétaires des parcelles fauchées

Finalement, le ministère public a requis trois mois de prison avec sursis contre les trois faucheurs, ainsi que des amendes de 350 euros contre les cinq témoins cités qui se sont désistés. Les deux propriétaires des champs ont réclamé 3.000 euros de dommages et intérêts chacun. L'un affirme avoir perdu un mois de revenus suite à cette action de fauchage.

Pendant l'audience, une manifestation de soutien aux agriculteurs propriétaires des parcelles fauchées avait été organisée à l'extérieur du tribunal. Le rassemblement réunissant plusieurs dizaines d'agriculteurs des syndicats agricoles Udsea et JA s'était déroulé dans le calme.


"Tournesols tolérants" ou OGM cachés ?

Selon Philippe Simond, du Réseau tourangeau Anti-OGM, les plantes en question "sont des OGM cachés. Elles sont tolérantes aux herbicides et elles rentrent dans la composition d'aliments pour animaux". Cet avis est partagé par la Confédération paysanne qui soutient les faucheurs volontaires.

En revanche, l'UDSEA - qui soutient les agriculteurs victimes du fauchage – maintient que ces "tournesols tolérants" (cultivés sur plus de 100.000 ha en France pour un total de 700.000 ha de tournesol) ne sont pas des OGM. "La mutagenèse n'est pas la transgenèse. Il n'y a pas d'introduction de gène d'une autre espèce dans le génome de la plante", explique Michel Vaudour de l'UDSEA.





Un Dijonnais poursuivi en Belgique

Rappelons qu'un Dijonnais est impliqué dans une procédure semblable en Belgique : le tribunal de Dendermonde a jugé le 14 janvier dernier 10 faucheurs belges et le Dijonnais Nicolas Millet suite à la destruction d’une parcelle d’essai de pommes de terre génétiquement modifiées en 2011. Là aussi, le tribunal a refusé d’entendre les 101 comparants volontaires, parmi lesquels figurent 55 Français, ainsi que les témoins cités. Les prévenus ont également quitté le tribunal. La décision est attendue pour le vendredi 15 février prochain.


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