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Au grand théâtre de Dijon “la Pellegrina” une fête florentine à la Cour des Médicis

© France 3 Bourgogne - Photo: Damien Rabeisen
© France 3 Bourgogne - Photo: Damien Rabeisen

Samedi 1er février, mardi 04 et mercredi 05 février à 20 heures,  et dimanche 02 février à 15 heures, le grand théâtre de Dijon vous emmène à Florence, et vous propose un spectacle d'art lyrique peu commun: "La Pellegrina". Cette oeuvre qui a donné naissance à l'opéra a été écrite en 1579.

Par Caroline Jouret

On peut difficilement imaginer l'ambiance qui pouvait régner ce mercredi 29 janvier après-midi sur les planches du grand-théâtre de Dijon. A trois jours de la première représentation c'était la pré-générale, en costumes. 
 / © France 3 Bourgogne - Photo: Damien Rabeisen
Pour bien comprendre ce en quoi " La Pellegrina " est un spectacle aussi particulier qu'exceptionnel, il faut d'abord se replonger dans le contexte historique où il fut donné pour la première fois.
 / © France 3 Bourgogne - Photo: Damien Rabeisen
Nous sommes en 1589, au printemps, en Italie, en Toscane, très exactement dans la cité de Florence qui déploie ses fastes pour accueillir une princesse et célébrer un mariage:
Christine de Lorraine, princesse de France va épouser le Grand-Duc Ferdinand 1er de Médicis.

Pour fêter ses noces, le Grand Duc commande une représentation de "La Pellegrina", une comédie de  Girolamo Bargagli, écrite dix ans plus tôt, en 1789, ayant pour thème: l'amour marital. Il s'agit en quelque sorte de théâtre chanté.
 / © France 3 Bourgogne

Construite selon le modèle du théâtre antique, "La Pellegrina"  comporte en effet 6 scènes parlées, mais aussi des entractes chantés. 

Les parties chantées portent le nom d'intermedii.

Les compositeurs qui les ont créées comptaient parmi les plus talentueux de leur époque. "La Pellegrina" est restée dans l'histoire comme le premier spectacle d'opéra.

Au grand Théâtre de Dijon, le spectacle proposé par le metteur en scène Andreas Linos, retrace tout le bouillonnement inventif qui a conduit à la création de ce spectacle au 16e siècle. 

A noter que l'association "Mode de vie" propose en marge de ce spectacle une exposition photo sur les costumes de "La Pellegrina".

Mêlant pour la première fois différentes disciplines artistiques, La Pellegrina marque la naissance de l’Opéra dès le XVIe siècle, bien avant l’Orfeo de Monteverdi.

Le spectacle total, qui embrasse Théâtre, Musique, Danse et Poésie, ne fut pas seulement un fantasme wagnérien, mais aussi une réalité florentine !

Au printemps 1589, pour accueillir Christine de Lorraine qui rejoint son nouvel époux le Grand-duc Ferdinand de Médicis, la cité toscane se pare de mille fastes.

Clou des festivités : la représentation, dans la grande salle du Palais des Offices, de La Pellegrina, comédie de Girolamo Bargagli, pour laquelle pas moins de sept compositeurs différents écrivent des intermèdes scéniques qui seront joués entre les actes, dans des décors et effets de machinerie somptueux.

C’est pour ces intermèdes, justement, que l’histoire musicale a retenu cette représentation, parce qu’ils sont peut-être, vingt-huit ans avant L’Orfeo de Monteverdi et l’Euridice de Jacopo Peri, la première tentative d’action théâtrale chantée en musique.

Peri y participe d’ailleurs, avec les plus grands compositeurs de l’époque.
Tous ou presque sont membres de la Camerata Fiorentina, véritable think tank artistique et humaniste de la Renaissance qui, depuis 1573, cherche, en élargissant les principes du recitar cantando (récitation en chantant) à élaborer un nouveau rapport entre texte et musique, avec pour objectif l’expression la plus juste des affects : l’opéra.

Les Traversées Baroques et le metteur en scène Andreas Linos ont choisi de nous faire pénétrer, à la manière du Prologue d’Ariane à Naxos, au cœur des huit mois de préparation du spectacle le plus ambitieux du XVIe siècle.

Entre les intermèdes, en lieu et place du texte de Bargagli, un nouveau livret de Rémi Cassaigne nous plonge dans les intrigues et les luttes intestines, comme dans les débats intellectuels, de cette véritable marmite en ébullition florentine où s’élaborent dans la liberté l’art et la pensée qu’on appellera un jour baroque.








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