Jean-Christophe Péraud finit le Tour de France 2014 à la 2e place : qui est ce héros très discret?

Le petit monde du cyclisme français le connaissait, mais avec le Tour de France 2014, la France et le monde entier ont découvert Jean-Christophe Péraud. Ce coureur de 37 ans, devenu professionnel il y a à peine quatre ans, a fini le Tour à la deuxième place du classement général (photo maxppp).

 



L'ingénieur d'Areva, en Saône-et-Loire, a terminé le Tour de France à la 2e place ! Le champion est toujours licencié au club Creusot Cyclisme, en Saône-et-Loire. Il sera la tête d'affiche du critérium cycliste de Dijon jeudi 31 juillet. Jean-Christophe Peraud a aussi couru sous les couleurs du Sco Dijon (Sprinter Club Olympique Dijon). 


Comment ses coéquipiers le voient-ils ?

Pour ses équipiers de l'équipe AG2R La Mondiale, Jean-Christophe Péraud est "atypique", son manager Vincent Lavenu voit en lui un "être exceptionnel". Le deuxième du Tour se définit, lui, comme "un homme normal". Il est en tous cas sensible et n'a pas caché son émotion lors de l'avant-dernière étape du Tour de France, quand il a pris la deuxième place au classement général.




"Jicé" Péraud n'aime pas être dans la lumière. Sur le Tour, il a laissé avec plaisir les projecteurs médiatiques se braquer vers ses cadets de la nouvelle génération française, Thibaut Pinot et Romain Bardet. Mais, sa pugnacité rare sur le vélo les a ramenés vers lui quelques jours plus tard quand il a affronté les sommets de la plus grande course cycliste du monde.

Pourquoi est-il licencié dans un club de Saône-et-Loire ?

Jean-Christophe Péraud a débuté dans le VTT pour le plaisir. "Je n'avais pas la prétention de faire une carrière de coureur cycliste, raconte-t-il. C'était ludique, la recherche de la performance, essayer de progresser tout le temps... Mes parents donnaient la priorité aux études et je les ai écoutés." Il est diplômé de l'Insa (Institut national des sciences appliquées) de Lyon. A l’époque, le Toulousain de naissance partage son temps entre son travail dans une filiale d'Areva au Creusot, en Saône-et-Loire, et le VTT. Il est toujours licencié au club Creusot Cyclisme, en Bourgogne.

En 2008, il s'illustre une première fois avec une médaille d'argent aux Jeux de Pékin. C’est un résultat qu'il place au-dessus de sa deuxième place au Tour de France. Cette fois encore, il est dans l'ombre de Julien Absalon, médaillé d'or. Il se met alors en disponibilité de son travail "civil" pour tenter sa chance sur la route.


Qui lui a donné sa première chance sur route ?

Simple amateur, Jean-Christophe Péraud rafle un an plus tard le titre de champion de France du contre-la-montre sur route, au nez et à la barbe des spécialistes français, c’est une "première". Retenu en équipe de France, il finit quelques mois plus tard dixième du chrono des Championnats du monde à Mendrisio, en Suisse. Peu d'équipes s'intéressaient alors à cet anonyme, ovni dans l'élite du cyclisme. La formation belge Lotto lui offre finalement son premier contrat pro.

Le passé de Jean-Christophe Péraud dans le VTT lui offre pourtant des atouts rares. "C'est un énorme moteur avec des qualités physiques au-dessus de la norme. Il repousse la douleur très, très loin", explique Julien Jurdie, directeur sportif dans l'équipe AG2R La Mondiale que Péraud a rejoint en 2011.



Qu'a-t-il d'exceptionnel ?

"Il a des ressources physiques et mentales dignes d'un grand champion. Il progresse encore à 37 ans. S'il avait commencé la route un peu plus tôt, qu'est-ce que ça aurait donné?", s'interroge Vincent Lavenu.

"Il est tout neuf, complète Julien Jurdie. Pendant des années, il a fait des courses en amateurs de 120, 130 bornes en VTT. Il n'a jamais « tapé dedans » pendant des années, à enquiller deux grands tours, 90 ou 100 jours de course par an... Il a 37 ans mais dans les jambes, il en a plutôt 30."

Élevé loin du moule du cyclisme, Jean-Christophe Péraud a toutefois dû forcer sa nature. "Il a progressé au niveau du collectif. Quand il est arrivé chez nous, il ne savait pas ce qu'était un leader, raconte Jurdie. Il s'en foutait un peu des équipiers. Il ne comprenait pas que le cyclisme est un sport individuel pratiqué en équipe. Depuis deux ans, il l'a entièrement compris. Il s'appuie fortement sur ce collectif. C'est un vrai leader."



A-t-il vraiment oublié sa femme au restaurant ?

Sa détermination sur un vélo n'a d'égale que sa décontraction hors du vélo. "Quand il y a sa famille, je n'arrête pas de lui dire «Assieds-toi, reste pas sur tes pattes», « Ne t'occupe pas de tes gamins toute la journée»", explique Julien Jurdie.

Discret, Jean-Christophe Péraud est aussi incroyablement distrait. "Il oublie ses chaussures deux ou trois fois par an, il oublie sa femme au restaurant, sourit Julien Jurdie. Mais il n'a pas oublié de suivre les meilleurs sur le Tour, c'est le principal."

Le Tour de France à peine terminé, Jean-Christophe Péraud remontera sur son vélo. L'ingénieur d'Areva en disponibilité sera la tête d'affiche du critérium cycliste de Dijon jeudi 31 juillet 2014.



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