44ème Salon Marcophilex à Monéteau : le rendez-vous incontournable des collectionneurs des objets de correspondance

Publié le
Écrit par F.L.

Dimanche 11 octobre se déroulait à Monéteau, à côté d'Auxerre, le salon Marcophilex, dans sa 44ème édition. Ce rendez-vous itinérant est incontournable pour les collectionneurs d'objets de correspondance : lettres, cartes postales, objets oblitérés...

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Bien au-delà d'un simple salon de collectionneurs de cartes postales et de timbres, les "marcophiles" sont avant tout des passionnés d'objets de correspondance... et c'est bien l'histoire véhiculée par des lettres ou des cartes postales qui compte pour les passionnés.

Des objets, mais surtout, leur histoire

Cartes postales, lettres, timbres... ce sont les objets que s'échangent et achètent les collectionneurs. Mais ce n'est pas forcément pour l'objet lui-même, mais pour les histoires qu'il transporte.
Par exemple, Joseph Sicard est un philatéliste venu spécialement de l'Isère pour le salon, à la recherche de timbres, de cachets, de courriers. Plongé dans des documents de son département, il est à la recherche d'une histoire :"Ça n'est pas collectionner des bouts de papier, c'est plutôt des choses qui ont un passé, une histoire. C'est pour cela qu'on essaie de joindre le côté esthétique d'une collection, avec une jolie enveloppe, et puis quelque chose qui a une histoire."
Joseph dépense 200 à 300 euros par mois pour sa passion et va passer la journée, ici au salon à Monéteau.

Des exposants et leurs trésors

De l'autre côté du stand, Alain Bjai, lui, est venu de La Rochelle. Cet exposant collectionne lui aussi les marques postales, mais il les vend, parfois très cher, comme la lettre d'un Consul de France écrite au Second Empire, qui a fait le voyage de Marseille au Cap Bon Espérance, étiquetée 900 euros : " Ce type de lettres est extrêmement rare, dans la mesure, même si à l'époque, il y a eu énormément de courrier. On peut se dire : il y a eu des millions de lettres, pourquoi celle-ci vaut plus que les autres ? Elle vaut plus que les autres de part sa destination. C'est vraiment ce qu'on appelle une destination rare et c'est ce qui fait toute la valeur et l'intérêt de cette lettre."

Encore plus exceptionnelle, une lettre qui raconte le siège de Paris par les Prussiens en 1870 : le courrier, mais aussi les hommes, sont alors évacués par ballons. A bord de l'un d'eux, Léon Gambetta, qui fuit la capitale, pour Tours où il organisera la contre-attaque.

Laurent Albaret, président de l'union marcophile, est heureux d'exposer ce fait historique et son écho à travers la correspondance qui y est associée :
"On a des pièces qui sont exceptionnelles, qu'on appelle souvent dans le milieu des pièces de musée, qui peuvent atteindre des centaines de milliers d'euros, parce qu'elles sont uniques, parce qu'elles racontent une histoire. Là, par exemple, l'histoire de Gambetta qui quitte Paris : les lettres du ballon Armand Barbès qu'a pris Gambetta ont une plus-value par rapport à des lettres qu'ont pris d'autres ballons. Et évidemment le télégramme qui annonce son arrivée, est une pièce exceptionnelle, et qui a une certaine valeur."

A l'heure du tout numérique, la marcophilie souffre évidemment, mais continue d'attirer les passionnés.
Durant le week-end, des centaines de collectionneurs n'ont pas hésité à parcourir la France pour admirer timbres, lettres et autres marques postales.

Le reportage de Baziz Djaouti et Yoann Etienne
Intervenants :
  • Joseph Sicard, philatéliste et marcophile
  • Alain Bjai, négociant en marques postales à La Rochelle
  • Laurent Albaret, président de l'union marcophile
Salon Marcophilex à Monéteau

  
 
Qu'est-ce que la marcophilie ?
C'est "l’étude et la collection des marques et oblitérations postales figurant sur les objets de correspondance".
Les marques postales sont des empreintes apposées aux lettres et courriers, de façon manuscrite ou à l’aide d’un outil, afin de traiter et d’acheminer lettres et courriers.
La marcophilie combine donc histoire de l’acheminement du courrier et de la poste à l’Histoire.