Affaire Christelle Maillery : la lettre troublante de Jean-Pierre Mura, envoyée au parquet en mars 2016

Jean-Pierre Mura, le 22 juin 2016 à Dijon. / © Christophe Gaillard - France 3 Bourgogne
Jean-Pierre Mura, le 22 juin 2016 à Dijon. / © Christophe Gaillard - France 3 Bourgogne

Le 5ème jour du procès en appel de Jean-Pierre Mura (condamné à 20 ans de prison en première instance pour le meurtre de la jeune Christelle Maillery en 1986 au Creusot) a été marqué par un rebondissement inattendu : la lecture d'un courrier récent de Jean-Pierre Mura, aux allures de nouveaux aveux.

Par T.S.

Dans un dossier vieux de 30 ans, c'est un élément nouveau qui a surgi ce mercredi 22 juin, au cinquième jour du procès en appel de Jean-Pierre Mura pour le meurtre de Christelle Maillery. En mars 2016, il y a seulement 3 mois, l'accusé a expédié une lettre directement au procureur général. Jean-Pierre Mura est coutumier du fait (il avait déjà contacté par le passé un journaliste, et même le préfet, via des courriers farfelus). Mais dans ce dernier écrit, lu par Mme le président à voix haute, une phrase a particulièrement retenu l'attention de la cour.

Au milieu d'inepties de toutes sortes, d'expressions délirantes, à peine compréhensibles, Jean-Pierre Mura semble tout à coup s'adresser à Michel Bartolo, l'ancien petit copain de la victime, en ces termes : "elle a tué ton bébé, Michel, j'ai bien fait de lui couper la gueule à cette putain". Or, Christelle Maillery avait effectivement subi un avortement quelques mois avant sa mort. A la question de la présidente, sur le pourquoi de cette référence précise, l'accusé répond : "je ne sais pas, peut-être à cause du premier procès... C'est tout des suppositions. C'est mon imagination, quoi."

De nouveaux aveux ?


Au cours du procès, les premiers aveux supposés de Jean-Pierre Mura (confirmés par deux témoins) au cours d'une soirée en 1991 ont déjà alimenté les débats. Mais cette phrase, écrite récemment par Jean-Pierre Mura à destination du parquet, a de quoi perturber. L'avocat général, Philippe Chassaigne, n'a pas manqué de rebondir sur les justifications hésitantes de l'accusé : "vous dites que c'est votre imagination, mais l'avortement de Christelle, c'est un fait réel ! Et pourquoi vous l'insultez, Christelle ?" a-t-il demandé à M. Mura. "Ah non, je me mets à la place de Michel", son petit ami de l'époque, rétorque Jean-Pierre Mura, debout dans son box.
© Christophe Gaillard - France 3 Bourgogne
© Christophe Gaillard - France 3 Bourgogne

Après ça, trois amis de l'accusé se sont succédés à la barre, répétant tous leurs doutes sur le fait que Jean-Pierre Mura n'ait jamais croisé la victime, lui qui fréquentait assidument le petit quartier de la Charmille. Dans l'après-midi, l'ex-compagne de l'accusé, Nathalie Bideault, a tenté de prendre sa défense : "Pour moi, il est innocent du meurtre de Christelle Maillery. Il est victime de sa maladie, il est victime d'une injustice." "Sa maladie", la schizophrénie, sera au centre des débats ce jeudi 23 juin, avec une succession de témoignages et de rapports d'experts. Mais Nathalie Bideault n'avait pas entendu, aujourd'hui, la phrase claire, glaçante, extraite du courrier récent de Jean-Pierre Mura, qui a sonné comme une nouvelle preuve de son obsession pour le meurtre de Christelle Maillery. Au bas mot. 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus