Alcool : c’est quoi le Dry january ou Janvier sec et pourquoi ça crée une telle polémique ?

Etes-vous capable de ne pas consommer d’alcool pendant le mois de janvier ? C’est le défi de l’opération "Dry january". L’opération, semblable au Mois sans tabac, est organisée pour la 1re fois en France et ça ne plaît pas aux lobbies.
 

C’est quoi le "Dry january" ?


L’idée du "Dry january" ("Janvier sec" en anglais) est née en Grande-Bretagne en 2013 : cela consiste à ne pas boire d’alcool pendant un mois à partir du 1er janvier. La première édition française du "Dry january" débute mercredi 1er janvier 2020 et s’appelle le "Défi de janvier".
 

Au départ, le "Défi de janvier" devait être piloté par l’agence Santé Publique France, qui dépend du ministère de la Santé. Mais, le projet a été abandonné sous la pression des lobbies de l’alcool, déplorent de nombreux professionnels de santé qui luttent contre l’alcoolisme et les addictions.
 

L’objectif n’est pas d’interdire de boire de l’alcool, mais de "faire une pause dans notre consommation"


L’opération a donc été reprise, sans soutien de l'Etat, par un collectif d’associations et de réseaux comme la Ligue contre le cancer, la Fédération Française d’Addictologie, SOS Addictions, le groupe MGEN-Mutuelle Générale de l’Éducation, etc. Ceux-ci rappellent que la consommation d'alcool est à l'origine de nombreuses maladies (cancers, maladies vasculaires, etc.) et de 41 000 morts par an en France.

L’objectif n’est pas d’interdire de boire de l’alcool, mais de "faire une pause dans notre consommation", ce qui permet de "faire le point" et peut-être de "changer notre manière de consommer", expliquent les organisateurs du "Défi de janvier".
Ceux-ci mettent en avant les nombreux avantages procurés par le "Dry january" : "Perdez du poids, dormez mieux, retrouvez la pêche, économisez de l’argent".

 


Qui est contre le Dry january ?


Mais le "Dry january" est vu d’un mauvais œil par les professionnels de l’alcool. "Les Français ne doivent pas passer le mois de janvier à sec !" : c’est par ces mots que les coprésidents de l’Association Nationale des Élus de la Vigne et du Vin ont demandé au gouvernement de renoncer à organiser le Mois sans alcool. Une requête appuyée par de nombreux acteurs de la filière.

"Etape après étape, (il s'agit) d'arriver à l'interdiction de consommation, c'est ça qui est derrière", estime Bernard Farges, président de la CNAOC, une confédération qui regroupe les 17 principales régions viticoles françaises à appellation, soit 70% des viticulteurs de France.

 
 

"Pourquoi tu bois pas ce soir ? T'es malade ? T'es pas drôle" 



"Il n'y a aucune volonté de prohibition ni d'abstinence totale, ce n'est pas du tout une campagne moralisatrice ni hygiéniste", répond Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération addiction, l'une des associations organisatrices du "Défi de janvier".
"Ces produits ont une place importante dans la culture française. Mais il faut équilibrer les enjeux économiques, sociaux et de santé", dit-elle.

"Contrairement au Mois sans tabac (organisé par les pouvoirs publics tous les ans en novembre), l'objectif n'est pas l'arrêt total : il s'agit de faire une pause, de regarder les moments où on ne consomme pas par plaisir mais par incitation. C'est le verre automatique, quand on sort et qu'on nous dit : Pourquoi tu bois pas ce soir? T'es malade? T'es pas drôle."

En France, la consommation d'alcool est la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac, selon l'agence sanitaire Santé publique France.

 
 
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