Besançon. Fermeture d'une unité de psychiatrie : "Je suis complètement effondrée"

Le centre hospitalier de Novillars (Doubs) a temporairement fermé son accueil de jour Catalpa, situé à Besançon. Le personnel est réquisitionné dans les unités mises en difficultés par la Covid. Les patients accusent le coup.

Le centre d'accueil de jour Catalpa, situé à Besançon, doit fermer ses portes temporairement
Le centre d'accueil de jour Catalpa, situé à Besançon, doit fermer ses portes temporairement © France Télévisions

"L'hospitalisation m'avait permis de me donner la direction de la sortie du tunnel. Le Catalpa me montrait cette sortie." Delphine Gayet fréquentait le centre Catalpa depuis 10 jours, après une hospitalisation de trois mois à Novillars. Ce centre est une structure pivot dans l’offre de soin : une transition en douceur entre l'hospitalisation et le retour à une vie normale.

Mais désormais, Delphine devra faire sans. "Je suis effondrée", s'inquiète-t-elle. Car mardi 16 février 2021, à 16 h, en raison d'une hausse de l'absence de son personnel pour Covid, le centre hospitalier a déclenché le plan blanc, fermant ainsi l'hôpital de jour Catalpa.

Les conséquences sont graves pour les patients. "Ce matin, quand je me suis levée, je me suis dit que je n’avais pas à me préparer. Je vais faire quoi ? Je ne vais voir personne. Je vais rester chez moi. Je vais replonger. C’est ce que je me suis dit ce matin.", souffle Delphine.

Une profonde détresse et une inquiétude que partagent de nombreux patients du centre hospitalier. "On a l’impression d’être clairement abandonnés. Si l'on est au Catalpa c’est qu’on est tous plus ou moins fragile", rappelle Victor Tomadini, un autre patient.

 

"Cette pandémie met en exergue le manque de moyens"

Le personnel du centre est lui aussi abasourdi par cette nouvelle, qui serait la traduction d'un manque de moyens depuis de nombreuses années. "Outre la fermeture, partielle et temporaire, nous l’espérons, de ce lieu d’activité, se pose la question des moyens", souligne Jean Szoblik, adhérent CGT Novillars. "Cette pandémie met en exergue le manque de moyens."

"On est déjà sur un établissement qui est en tension au niveau de l’occupation des lits. Cela risque de s’aggraver. C’était aussi déjà en tension au niveau des effectifs. Fin 2020, début 2021, il manquait déjà plus de 12 ETP ('équivalents temps plein', postes, ndlr)", souligne Chantal Monteiro, adhérente SUD Novillars.

 

Un hôpital "en crise" pour des patients "en crise"

Et tout cela risque d'avoir de lourdes conséquences sur la prise en charge des patients à court et long termes : "Un risque d’enfermement, de dégradation psychique de ces personnes déjà bien vulnérables, et qu’elles repassent par la porte des urgences psy, avec un risque d’engorgement, ou une hospitalisation complète à long terme nécessitant une prise en soin plus importante avec un état de santé auquel nous aurons participé de façon passive", déplore-t-il.

"C’est une crise sur un hôpital déjà en crise, qui essaie d’accompagner des personnes en crise", résume amèrement Chantal Monteiro. Cette fermeture est annoncée pour quinze jours, "mais rien ne nous dit que ce sera suffisant", conclut-elle.

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