Morvan, Bresse, Charolais... Quatre villages de Bourgogne subventionnés pour rouvrir des commerces de proximité

Le 15 juin, quatre villages de Bourgogne (deux dans la Nièvre et deux en Saône-et-Loire) se sont vus attribuer plus de 150 000 € de subventions dans le cadre du plan France Ruralité, afin d'aider à la réouverture de commerces dans ces territoires. Un coup de pouce bienvenu pour redonner vie à ces petites communes.

À Chaumard, petite commune de 205 habitants dans la Nièvre, une plaque "Alimentation générale" est apposée sur le côté d'une vieille grange. Malgré le soleil, le bâtiment fait grise mine. Mais plus pour longtemps puisqu'il accueillera prodhainement un nouveau bar-restaurant. Grâce au plan France Ruralité, le village, comme trois autres en Bourgogne, va bénéficier de subventions pour relancer des commerces dans les communes n'en possèdant pas chez elles ou aux alentours.

Plus de la moitié des bourgades françaises concernées 

En 2023, 62 % des villages en France ne disposent d'aucun commerce (cela représente près de 21 000 communes). A titre de comparaison, ils étaient "seulement" 25% à se trouver dans une telle situation en 1981. À Chaumard, seule la crepêrie locale est encore debout, l'épicerie ayant fermé ses portes en 2018. Dans un village situé quelques kilomètres plus loin, une habitante confie : "Ce n'est pas toujours facile de faire des kilomètres juste pour retourner chercher un produit qu'on aurait oublié".

Car sans services de proximité, les habitants sont parfois dans l'obligation de faire de nombreux kilomètres pour pouvoir faire leurs courses par exemple. Plus problématique encore, c'est presque la vie qui disparait lorsqu'une localité est amputée de ses commerces. Au Cheval Blanc, seul bar à des kilomètres à la ronde, la gérante reconnaît "qu'il y a des gens qui viennent et c'est la seule fois de la journée qu'ils vont adresser la parole à quelqu'un".

L'État au chevet des territoires ruraux 

Pour tenter de remédier à cette situation, Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et du tourisme, et Dominique Faure, ministre déléguée chargée des collectivités territoriales et de la ruralité, annonçaient dans un communiqué de presse le 1er mars une enveloppe de 12 millions d'euros sur l'année à venir pour "soutenir des projets d'implantation de commerce en zone rurale".

"On ne le répètera jamais assez, mais le commerce de proximité, c’est l’âme de nos communes"

Olivia Grégoire

ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et du tourisme

Pour soutenir ces projets, le programme prévoit des aides pouvant aller jusqu'à 80 000 €.

Ce jeudi 15 juin, les premiers bénéficiaires ont donc été annoncés par la Première ministre Elisabeth Borne lors de la présentation officielle du plan France Ruralités. Pour le moment, 76 candidatures ont été retenues (sur un total de 350 depuis mars), pour un montant s'élevant à 2,4 millions d'euros. Les projets ont été validés en grande partie en fonction de leur "maturité" selon le service presse de Dominique Faure : "On est surtout allés vers ceux qui pourraient être prêts à rouvrir dès le lendemain".

Parmi les lauréats, on retrouve donc quatre communes de Bourgogne : Chaumard et La Chapelle-Saint-André dans la Nièvre, Saint-Étienne-en-Bresse et Vendenesse-lès-Charolles en Saône-et-Loire. Les trois premières toucheront 50 000 € tandis que la dernière aura droit à 14 140 €. "Il fallait qu'on aie pas de commerce dans le village ni à proximité pour pouvoir postuler", explique Xavier Bardet, maire de Saint-Étienne-en-Bresse, contacté par France 3. 

"C'est très inattendu, presque inespéré"

Forcément, ces sommes soulagent le budget des communes et donnent un coup d'accélérateur quant à l'aboutissement des projets en cours : "C'est très important pour nous et ça va permettre de redynamiser les lieux", admet Xavier Bardet. Lui et ses administrés pourront bientôt (re)découvrir la boulangerie, fermée en 2022.

Jean-Pierre Billard, maire de Chaumard, y voit même un double intérêt :"50 000 € c'est très important. Ca permet de réaliser des travaux sans augmenter les impôts, sans impact sur la population". L'argent ne fait pas le bonheur. Mais il fait parfois bien les choses.

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