Orages : des phénomènes plus violents à craindre dans le futur ?

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A la suite des fortes chutes de grêle et des violents épisodes orageux en Bourgogne le 21 juin, beaucoup s'inquiètent d'une recrudescence des phénomènes orageux. Météo France nous a répondu

Météo France prévoyait une forte activité orageuse en début de semaine, les températures restant élevées sur l'Est. Selon les prévisionnistes, "la présence d’une goutte froide peu mobile et d’air encore chaud dans les basses couches de l’atmosphère, indique que la semaine sera généralement favorable au développement d'orages."

La situation générale sur le pays

C'est la présence d'une "goutte froide" située sur la péninsule ibérique était déjà responsable des remontées d’air chaud provoquant la canicule exceptionnelle de la semaine dernière (et encore en cours dans l’est du pays). Son léger décalage vers l’est associé à un affaiblissement de la dorsale d’altitude a été responsable des salves orageuses qui se sont succédées sur le pays depuis dimanche. 

Météo France avait averti : "plusieurs épisodes orageux successifs sont attendus. Ces orages pourront être par endroits forts, avec une activité électrique marquée. Ils pourront s'accompagner d'importantes quantités de précipitations sur de courtes durées, de fortes rafales de vent voire parfois de grêle."

Le soir du 21 juin, fête de la musique, des orages violents étaient attendus dans le Sud-Ouest et le Centre-Est, très électriques, localement accompagnés de forte grêle et de fortes rafales de vent jusqu’à 80 à 100 km/h. Les précipitations pourront y être très intenses, de l’ordre de 30 à 50 mm en 1h. "Attention, des développements orageux plus isolés mais parfois intenses peuvent aussi avoir lieu dans les départements en vigilance jaune."

Les prévisionnistes impuissants face aux orages

La prévision de ces phénomènes demeure difficile à faire, concernant leur intensité et leur localisation. Comme l'explique Brigitte Delsalle, prévisionniste à Météo France, au sujet des phénomènes de mardi soir : "Ce qu'il s'est passé, c'est qu'il y avait un fort contraste de températures : il faisait très chaud dans les basses couches de l'atmosphère et de l'air plus froid est arrivé au-dessus. Le contraste est d'autant plus fort qu'il faisait très chaud en bas, les jours de canicule aidant. Plus le contraste est fort entre deux masses d'air, plus les nuages se développent. Les cumulo-nimbus se créent, des mouvements verticaux se créent dans ces nuages, qui ont une grande extension verticale. Au point que tout en haut se trouvent des petites particules de glace qui ont tendance à se coaguler, plus les mouvements sont forts, et cela crée des particules de glace de plus en plus grosses. "

Les grêlons ainsi créés montent et descendent dans le nuage, propulsés par les courants d'air et se chargent de plus en plus de glace, tournant sur eux-mêmes, jusqu'au moment où leur masse les précipite au sol. Ils frappent d'autant plus fort qu'ils sont importants.

La grêle est générée lorsqu'il y a aussi de l'humidité dans les masses d'air : "il faut une combinaison de tous ces ingrédients pour que la grêle se forme, ce n'est pas systématique" selon la prévisionniste.

Evolution du climat et phénomènes violents

La prévisionniste ne fait pas de relation directe entre l'évolution du climat qui est constatée et les phénomènes météo violents, pour la raison qu'"on ne travaille pas avec les mêmes outils de modélisation. On a des outils de prévision à court terme, basés sur des modèles. Concernant l'étude de l'évolution climatique, ce ne sont plus les mêmes modèles de prévision, ce n'est pas la même échelle de temps non plus."

Pour tenter de prédire une évolution des phénomènes météo, la prévisionniste reste très prudente : "Il faut d'abord avoir des statistiques, on ne peut se prononcer que si on a suffisamment d'historique sur les évènements. L'activité orageuse, c'est d'autant plus difficile qu'on ne collecte les données que depuis une période relativement récente."

Même si l'évolution du climat est une donnée qui est prédite à l'échelle mondiale, concernant les orages et la foudre, il demeure encore un facteur très incertain pour les prédire avec précision : "Pour l'instant on se base sur des simulations climatiques, avec une augmentation de la température moyenne telle que le GIEC l'a projeté. On peut effectivement penser que les phénomènes orageux vont se multiplier. Mais malgré l'amélioration des outils de prévisions, les orages demeurent encore un phénomène qui est très difficile à localiser."