CARTE. De nouveaux marchés autorisés en Côte d'Or, dans la Nièvre et dans l'Yonne

Depuis le 24 mars, les marchés sont interdits pour lutter contre l'épidémie de Coronavirus covid-19. Mais en Bourgogne, ce sont désormais plus de 160 communes qui obtenu une dérogation. Mais celles-ci semblent accordées très différemment d'un département à l'autre.

Le marché de l'esplanade Lamartine, à Mâcon, en Saône-et-Loire.
Le marché de l'esplanade Lamartine, à Mâcon, en Saône-et-Loire.

Mise à jour (27 avril 2020): 
Depuis la pubication de cet article, les marchés de Nuits-Saint-George, Venarey-les-Laumes, Chatillon-sur-Seine, Avallon, Varennes-Vauzelle ont également été autorisés à titre dérogatoire par les préfectures, ainsi que ceux de plusieurs autres communes de la Nièvre.

Consultez la carte des marchés autorisés en Bourgogne :



Il renouvelle sa demande chaque semaine. Et à chaque fois, il obtient un refus poli de la préfecture. Alain Cartron est le maire de Nuits-Saint-Georges et il s’impatiente de voir son marché du vendredi rouvrir. « Tous les lundi, je fais la demande de dérogation préfectorale. Et tous les jeudis soirs, on me dit « non ».

En Côte d’Or, la préfecture fait preuve d'une interprétation très stricte de l'interdiction des marchés décidée le 24 mars. Dans le département, ce mercredi 22 avril, seules 16 communes ont obtenu leur dérogation. Elles sont plus d’une trentaine dans l’Yonne. Davantage encore dans la Nièvre et jusqu’à une centaine en Saône-et-Loire. Une différence de traitement, parfois à quelques kilomètres, qu’ont du mal à comprendre certains élus.

"Ce sont les producteurs locaux qu’il faut aider, pas les multinationales !" - Alain Cartron


« Je trouve que c’est dommage », commente Alain Cartron. A Nuits-Saint-Georges, l’élu souhaitait mettre en place un marché avec quelques producteurs locaux contre une trentaine d’étals habituellement. « On avait fait un marché réduit avec une dizaine de producteurs locaux qui n’ont pas de boutiques. C’est eux qu’il faut aider, pas les multinationales. C’est eux qui resteront à nos côtés une fois la crise terminée » se désole le maire.

Dans sa démarche, le maire (LR) a reçu un soutien inattendu. Celui des Amis de la Terre. Dans un communiqué, l’association demande aux préfet d'autoriser la tenue du marché. « Les attentes croissantes de la société vis à vis des circuits courts ne doivent pas être victimes d'un traitement inéquitable entre toutes les formes de distribution. » L'association estime que « si les mesures adéquates sont prises », les marchés s'avèrent « moins risqués » que les supérette où les hypermarchés « où les clients touchent les produits. »
 

En Côte d'Or, la fermeture reste la règle

Sollicitée, le 17 avril, la préfecture renvoyait au texte du décret ministériel: "la tenue des marchés, couverts ou non et quel qu’en soit l’objet est interdite, même si le représentant de l’Etat dans le département peut, après avis du maire, accorder une autorisation d’ouverture". Ces dérogations doivent se faire pour répondre à "un besoin d'approvisionnement de la population", notamment quand l'accès aux grandes surfaces est impossible.
"Aucune modification de la doctrine n'est intervenue qui pourrait conduire à des dérogations nouvelles à l'échelle du département" conclue la préfecture.

Seule inflection ce 22 avril, l'autorisation nouvelle accordée aux communes d'Arnay-le-Duc et Bligny-sur-Ouche pour l'organisation d'un marché. C'était déjà le cas pour Is-sur-Tille, Saulieu ou encore Nolay ont obtenu leur dérogation dès la fin mars.
 

Dijon l'exception


A noter l'exception dijonnaise ! Le maire de la ville, François Rebsamen est l'un des premiers à avoir annoncé le maintien de certains marchés dès le 24 mars dernier. "Sous réserve d’évolution, le marché des Halles reste ouvert pour répondre à la nécessité d’approvisionnement de la population. Elle ne dispose pas en effet, dans un rayon acceptable, de suffisamment de magasins alimentaires au regard de la densité des habitants." Le marché des Grésilles est également resté ouvert. Celui du Port-du-Canal a repris mi-avril. Mardi 21 mars, François Rebsamen annonçait vouloir rouvrir le marché de la Fontaine d'Ouche "peut-être" pour la semaine prochaine" à condition de parvenir à convaincre la préfecture.
 

En Saône-Loire et dans la Nièvre, la plupart des marchés autorisés

Le 30 mars, le Premier Ministre avait annoncé qu'un quart des marchés allaient rouvrir après négociations entre représentants de l'Etat, représentants des producteurs et fédération des marchés. Cette nouvelle extension des dérogations repose sur l'établissement et le respect d'un guide des bonnes pratiques sanitaires très strict.

En Saône-et-Loire, la plupart des communes ont obtenu une dérogation pour organiser leurs marchés. Début avril, elles n'étaient pourtant que 22 dans ce cas, essentiellement des communes rurales. Mais depuis les dérogations se sont multipliées. Dernières en date, jeudi 16 avril, Melay, pour son marché du vendredi matin, et Le Creusot pour celui du samedi. Un peu plus tôt, Charnay-les-Mâcon, Mâcon, Autun, Montceau-Les-Mines, Digoin, Gueugnon ou Louhans ont rouvert leur marché.

Les grands et les petits marchés...


Dans cette liste ne figure pas Chalon-sur-Saône. Dès le 22 mars, le constat du non respect des gestes barrières sur les marchés avait été fait sur la commune. Les marchés y ont été fermés. L'organisation de marchés au sein du centre des exposition a un temps été envisagée par le maire Gilles Platret avant dêtre abandonnée. A noter que d'autres communes du département voient leur marchés toujours interdits à l'image de Paray-le-Monial et Chauffailes.

Dans la Nièvre, les marchés de Nevers étaient déjà maintenus. C'est surtout dans des petites communes que de nouvelles dérogations sont accordées mais avec des conditions de fréquentation très strictes. A Chateau-Chinon, Donzy ou La Machine, la fréquentation du marché ne devra pas dépasser 30 personnes simultanément sur le marché. A Saint-Parize-le-Chatel, près de Magny-Cours, le maximum est fixé à 10 personnes. 
  

Dans l'Yonne, des réouvertures au compte goutte

De son coté, la préfecture de l'Yonne n'a délivré que certaines dérogations, notamment dans le Senonais. Ainsi, à Sens, le marché est désormais autorisé. "Cette demande soutenue par les commerçants, les producteurs , leurs syndicat, la CCI, le chambre des Métiers et la chambre de l’Agriculture a été acceptée et le marché alimentaire est autorisé à titre dérogatoire à se tenir les lundi, mercredi, vendredi et samedi de 8h à13h" confirme la commune sur son site internet.

Autour de Sens, les marchés de Saint-Clément, Rosoy ou encore Villeneuve-sur-Yonne sont également autorisés par la préfecture de l'Yonne. Le 16 avril, aucune autorisation n'a en revanche été délivrée pour les communes d'Auxerre ou Avallon. 


Quelles règles ? 

Certaines prefectures ont donc interdit les marchés dans les plus grandes villes (Auxerre, Chalon-Sur-Saone) pour privilégier des communes rurales ou moins importantes. D'autres ont, au contraire, autorisé des marchés de coeur de ville, comme à Dijon, et ont réduit au strict minimum les dérogations dans des zones plus rurales. Difficile de s'y retrouver. 

Seule ligne commune, en cas de dérogation accordée, des règles très strictes : 

Des contrôles sont effectués par les forces de l'ordre et les collectivité. Le maintien de la dérogation dépend du respect de ces mesures précise la préfecture de l'Yonne.  "L'autorisation (...) peut être retirée à tout moment si les conditions d'organisation ne sont plus propres à garantir la sécurité et la santé publique"

 

La règle reste la fermeture décidée par le Premier Ministre

Depuis le 24 mars, les marchés ouverts sont interdits a annoncé le Premier Ministre, Edouard Philippe. "La tenue des marchés, couverts ou non et quel qu'en soit l'objet, est interdite", précise le décret paru ce mardi 24 mars. Dès cette date, des dérogations ont été accordées par les préfets, sur demande des maires car les marchés sont "parfois le meilleurs moyens pour que les habitants aient des produits frais" à proximité de leur domicile expliquait le Premier Ministre. Edouard Philippe a aussi mentionné la nécessité de conserver des débouchés aux producteurs locaux. Ces marchés ne devront alors pas accueillir plus de 100 personnes en même temps. 
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