Centres-villes : voici les communes qui perdent le plus de commerces en Bourgogne-Franche-Comté

Les centres-villes de Bourgogne-Franche-Comté perdent commerces et habitants au profit des périphéries, d'après une étude de l'Insee. Rares sont les communes à échapper à cette tendance.

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Archives. © France 3 Bourgogne
Les centres-villes perdent peu à peu leurs commerces et leurs habitants. C’est le résultat d’une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en Bourgogne-Franche-Comté et publiée au mois de juin 2020. 

Entre 2009 et 2015, l’emploi dans les commerces a baissé en moyenne de 1,7 % par an, selon l’institut. La population, elle, recule de 0,5 % par an sur la même période. "Ce double phénomène, s’il est plus marqué en Bourgogne-Franche-Comté qu’ailleurs, n’est pas spécifique aux villes moyennes de la région", note l’étude qui s’est concentrée sur l’étude de 27 villes en Bourgogne-Franche-Comté*.  

Quasiment tous les secteurs sont orientés à la baisse. Seule la restauration progresse dans les cœurs de ville (+0,5 %), portée notamment par l'essor des fast-foods. En revanche, les boulangeries, charcuteries et petits commerces de bouche se font plus rares. Ceci est dû notamment au fait que les familles s’en vont et qu’il reste surtout des célibataires (étudiants, personnes âgées…)

 Reportage de Mathieu Morel, Cyrille Fouquin et Margaux Martin

 

Héricourt, Autun et Le Creusot les plus à la peine

Certaines villes de notre région subissent plus que d'autres cette baisse de l'emploi dans le commerce. Ainsi, à Héricourt, l'emploi dans les commerce du centre-ville a baissé de 4,7 % par an entre 2009 et 2015, à Autun la baisse est de 3,5 %. Seuls deux centres-villes ont gagné de l'emploi dans le commerce : Beaune et Pontarlier (respectivement +0,3 % et +1,2 %). "L’essor commercial repose, pour la première sur la fréquentation touristique liée au vignoble et aux Hospices de Beaune, et pour la seconde sur celle des frontaliers suisses", note l'Insee.
 

Dans une région en panne de moteur démographique, la bonne vitalité commerciale des centres-villes repose ainsi de plus en plus sur leur capacité à attirer [une] clientèle de passage.

Insee

 


Dans les centres-villes, certains services sont plus représentés qu'ailleurs. C'est le cas des banques, des agences immobilières ou des restaurants par exemple. Les commerces alimentaires ont depuis longtemps quitté les centres-villes pour s'implanter en périphérie. Ils représentent 16,6% des emplois en ville, contre 35,9% dans les zones commerciales.

Plus une catégorie représente d'emplois, plus elle apparaît en gros.


Le gouvernement a bien identifié ce déséquilibre en lançant en 2017 un plan national baptisé "Action cœur de ville", visant notamment à renforcer la vitalité commerciale des centres urbains. L'étude de l'Insee a été menée avec des données antérieures à ce plan. On ne peut donc pas encore dresser de bilan sur l'efficacité de cette politique, qui concerne quinze villes dans notre région.


 

Reportage de Sébastien Kerroux, Romain Liboz et Margaux Martin à Montceau-les-Mines  avec :
-Olivier Michalak, charcutier-traiteur
-Daniel Bouton, retraité
- Roland Quenouille, retraité

 

Les habitants aussi quittent les centres-villes

La majorité des centres-villes étudiés par l'Insee dans notre région perd des habitants entre 2009 et 2015. "La trajectoire démographique du centre-ville est toujours plus défavorable que dans le reste de la ville (figure 4). Même quand la dynamique est globalement positive au sein de l’agglomération, le centre-ville ne parvient pas à rivaliser avec l’attractivité résidentielle des autres quartiers", précise l'institut.

Ce sont surtout des personnes seules qui habitent en centre-ville. "En 2015, 55 % des logements en centre-ville sont occupés par une seule personne contre 38 % dans le reste de la ville. Cette part excède même 60 % des ménages dans les centres-villes de Nevers, Vesoul et Lons-le-Saunier".

Les logements de cœur de ville, souvent anciens et plus petits, ont du mal à séduire les familles. "L’agrandissement du foyer ou l’augmentation du niveau de vie en cours de carrière entraînent généralement un déménagement vers la périphérie où l’offre de logements est souvent plus adaptée. Ainsi, les couples, qu’ils aient ou non des enfants, sont peu présents en centre-ville."
 

 
* L’Insee a étudié 27 villes de la région : 
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