Coronavirus : ce qu’il faudrait pour que les départements de Bourgogne Franche Comté repassent au vert

La carte de déconfinement fait apparaître les départements sous 3 couleurs, en fonction de l'état d'occupation des structures d'hospitalisation et des nouveaux cas / © FTV François Latour
La carte de déconfinement fait apparaître les départements sous 3 couleurs, en fonction de l'état d'occupation des structures d'hospitalisation et des nouveaux cas / © FTV François Latour

Ce lundi 4 mai, les 8 départements de Bourgogne Franche-Comté ont été une nouvelle fois classés rouge en vue du déconfinement le 11 mai. Le Premier ministre avait fixé 3 critères pour définir ce classement. Alors, certains départements ont-ils une chance de repasser en vert ?

Par Sébastien Letard

Depuis le 1er mai, les 8 départements bourguignons sont tous classés en rouge. C'est le cas à nouveau ce lundi 4 mai. Le ministère des Solidarités et de la santé l'a annoncé dans la soirée. Synonyme de déconfinement plus strict, ce classement sera « cristalisé » le 7 mai. Il permettra de fixer dans chaque département les règles plus ou moins rigoureuses qui s’appliqueront au déconfinement prévu le lundi 11 mai. Cette carte de France sera ensuite régulièrement mise à jour.
 


Pour qu’un département soit classé vert, il faut que les 3 indicateurs fixés par les autorités de santé soient tous au vert : la circulation du virus, les capacités de prise en charge des services de réanimation, les capacités de test au niveau local. Pour l'instant, la couleur jaune a été ajoutée à titre indicatif mais elle serait synonyme de classement en rouge au moment du déconfinement. 
 

Réanimation : des capacités régionales dans le "rouge orangé"

C’est le principal critère qui conduit au classement des huit départements de Bourgogne Franche-Comté en rouge. C’est d'ailleurs à l’échelle de la région que ce critère est pour l’instant déterminé. Mardi 5 mai, 135 personnes atteintes du Covid-19 étaient encore placées en réanimation dans la région. Un chiffre qui a fortement baissé. Dimanche 3 mai, elles étaient174 selon l'ARS, soit une quarantaine de patients supplémentaires. 

C’est beaucoup moins qu’au pic de l’épidémie - 295 personnes le 7 avril dernier - mais ce chiffre est encore  élevé. D’autant qu’il faut y ajouter les patients placés en réanimation pour d’autres pathologies. Jeudi 30 avril, selon l'ARS, environ 70 patients non-covid étaient accueillis en réanimation. 
 

 
En temps normal, les capacités des services de réanimation à l’échelle de la région Bourgogne Franche-Comté sont d’environ 210 lits. Au plus fort de la crise, des lits, des personnels, parfois des services entiers ont été redéployés pour porter cette capacité à près de 400 lits en réanimation. Selon l’ARS, elle est aujourd’hui revenue à environ 350 lits. Ces services seraient-ils capables d’absorber une nouvelle vague de patients contaminés après le déconfinement ? C’est tout l’enjeu.

Avec désormais près de 65 % des capacités initiales de réanimation occupées par des patients Covid-19 ce mardi 5 mai, la Bourgogne Franche-Comté pourrait bientôt passer en jaune. Elle se rapproche également de la "zone verte" fixée sous le seuil des 60 %.
 

Réanimation : des départements en vert ? 

Il s’agit là d’un indicateur purement théorique. Rien n'indique que la capacité des services de réanimation pourrait être jugée au niveau départemental plutôt que régional. La gestion des services de réanimation se fait en effet plutôt à l'échelle de l'ensemble de la Bourgogne Franche-Comté. Les patients les plus graves peuvent par exemple être évacués vers l’un des deux CHU de Dijon ou Besançon qui disposent d’un plateau technique plus développé. 

La situation des services de réanimation et de soins intensifs est néanmoins très contrastée d’un département à l’autre. Avec seulement 4 patients en réanimation pour une douzaine de places lundi 4 mai, le taux d’occupation du groupement hospitalier de la Nièvre affiche 33 %. C’est l’indicateur le plus bas de la région. Il convient cependant de le considérer avec précaution compte tenu du nombre de lits relativement faible.
 


Viennent ensuite le groupement hospitalier Nord-Franche-Comté (57% de taux d'occupation) avec 17 lits occupés pour normalement 30 place en réanimation. C’est presque 3 fois moins qu’au pic de l'épidémie dans le Territoire de Belfort le 2 avril dernier. La Haute-Sâone puis le Jura connaissent également une tension sur leurs services de réanimation relativement acceptable.

Dans tous les autres départements, le taux d’occupation frôle ou dépasse 80 % avec par exemple 50 patients hospitalisés pour 63 places au CHU de Dijon ou 38 patients pour 43 places à Besançon. Dans l'Yonne, ce lundi 4 mai, avec 20 patients en soins intensifs, le taux d'occupation dépasse les capacités initiales des hôpitaux d'Auxerre et Sens. Un passage au vert semble donc hypothétique pour l'instant sur ce point.
 

Circulation active du virus : bientôt du vert ? 

C'est le 2e critère mentionné par Edouard Philippe. Pour déterminer cet indicateur, les autorités sanitaires se sont référées au nombre de passages aux urgences pour suspicion de coronavirus. Ce chiffre est lissé sur une semaine. Sur ce critère, le Jura et la Nièvre sont déjà en vert avec un taux inférieur à 6% des passages aux urgences, même si un biais statistique avait entrainé un couac de communication le 30 avril. La Nièvre avait été classée en rouge.
 

Les autres départements (Côte d'Or, Doubs, Saône-et-Loire, Territoire de Belfort et Yonne) sont pour l’instant classés en jaune. Le détail des chiffres donné par Santé publique France indique des prises en charge aux urgences globalement en baisse pour les autres départements. Seulement 6 prises en charge signalées le 2 mai dans le Doubs ou en Haute-Saône, 3 en Côte d'Or et aucune dans le Jura.  Attention, les indicateurs semblent à la hausse dans l’Yonne et la Saône-et-Loire.
 
 

Des capacités de tests, dans le vert

C’est le point positif à en croire l’agence régionale de Santé. Dans la région, les capacités de test sont au-delà des seuils fixés. Jeudi 30 avril, le directeur de l’ARS Bourgogne Franche-Comté faisait état d’une capacité de 5 300 tests de dépistage quotidiens. 3 700 sont traités par les hôpitaux, les laboratoires privés et les laboratoires vétérinaires de la région. 1 600 autres sont analysés par des laboratoires privés d’autres régions.

Des capacités jugées conformes aux objectifs fixés par le gouvernement selon l’ARS, qui mentionnait néanmoins « des perspectives très fortes de développement de ces capacités. » Des automates doivent notamment être installés aux CHU de Dijon et Besançon ainsi que dans un laboratoire privé du Jura.
 

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