Coronavirus Covid-19 : Ce que l'on sait (ou pas) de la rentrée scolaire le 11 mai en Bourgogne Franche-Comté

Les annonces se sont multipliées ces derniers jours : rentrée progressive, sur la base du volontariat. Sera-t-elle la même à Nevers et à Belfort ? Dans un village ou en ville ? Quelles précautions sanitaires ? La cantine, les transports scolaires seront-ils assurés ? On vous dit ce que l'on sait
La réforme des retraites pourrait pénaliser les enseignants.
La réforme des retraites pourrait pénaliser les enseignants. © Lionel Vadam, maxPPP
Depuis mardi 21 avril, le ministère de l'Education Nationale et l'Elysée distillent les informations sur les conditions de la rentrée scolaire prévue le 11 mai. Ce vendredi 24 avril, la rectrice de Dijon et le recteur de Besançon ont apporté de nouvelles précisions. 

Une rentrée le 11 mai, ou plus tard

"Nous sommes en pleine préparation d’une reprise progressive à partir du 11 mai, en étant dans l’attente d’un scénario parfaitement stabilisé de cette reprise", explique la rectrice de l'académie de Dijon, Nathalie Albert-Moretti. La phase de concertation, notamment avec les collectivités se poursuit. "Le cadre général va etre posé rapidement"

La rentrée sera "progressive, concertée avec les élus locaux et adaptée aux réalités locales" a expliqué jeudi l'Elysée. Le cadre global "pourra étre adapté aux particularités de chaque commune et de chaque école, explique la rectrice. Dans une petite école rurale, il sera peut etre possible de faire revenir rapidement tous les élèves. Ce ne sera pas le cas dans un établissement de ville."

Mardi, le ministre de l'Education Nationale a évoqué un retour en classe étalé sur 3 semaines, et par niveau. « Aucune classe n'aura plus de 15 élèves » promet Jean-Michel Blanquer.

Pourraient reprendre en premiers, les élèves de grande section de maternelle, les CP et les CM2. De même, toutes les classes de moins de 15 élèves en milieu rural pourraient rouvrir le 11 mai. Ensuite, les 6èmes, 3èmes, 1ères et terminales suivraient le 18 mai ainsi que les ateliers industriels des lycées professionnels. Enfin, le reste des classes pourraient reprendre la semaine du 25 mai. Jean-Michel Blanquer a également précisé : "Pour les petites et moyennes section de maternelle, l'objectif est que toutes les classes soient rentrées en juin."

Le ministre de l'Education nationale justifie ce retour à l'école par "des enjeux de santé physique et de santé mentale » mais aussi « des enjeux sociétaux ».
 

 

Une rentrée sur la base du volontariat

La rentrée se fera "sur la base du volontariat des parents" a annoncé l'Elysée jeudi 23 avril. Si une famille ne souhaite pas que son enfant reprenne le chemin de l'école le 11 mai, ce sera possible à condition qu'il suive obligatoirement l'enseignement à distance a précise le ministère. "Les élèves vulnérables ou ayant des proches vulnérables devront rester à la maison" détaille le rectorat. 

Pour les enseignants en revanche, "le principe n'est pas celui du volontariat", mais "ceux qui seront en situation de vulnérabilité ou de fragilité de santé devront rester à la maison. Ils seront en continuité pedagogique comme ils ont si bien su le faire pendant le confinement" précise Nathalie Albert-Moretti.
 

Quels enseignements ? 

Concernant la pédagogie, il s'agira plutôt d'une "consolidation des connaissances plutôt que d'un volonté de finir les programmes. Ce ne sera pas possible", reconnait la rectrice, Nathalie Albert-Moretti. Elle fixe comme principe la "bienveillance" et la volonté de "rassurer les élèves" après cette période. "La suite des apprentissages se fera doucement."

Une attention particulière sera portée sur les élèves décrocheurs. Ils sont plus nombreux en CAP et en Bac Pro, comme c'est le cas hors période de confinement. La priorité est que soient remis en service les plateaux techniques des lycées professionnels et polyvalents annonce le rectorat.
 

Quelles précautions sanitaires ? 

"Nous sommes dans l’attente d’une doctrine sanitaire en matière de sitanciation ou du port des masques. Mais nous ne ferons qu’appliquer regles des autorités sanitaires" explique la rectrice de Dijon. Le cadre sera communiqué rapidement promet le rectorat. Plusieurs éléments ont déjà été donnés. 

Les élèves devront-ils porter un masque ? Vendredi 24 avril, le ministre de la Santé a jugé "très compliqué" la possibilité de faire porter un masques aux enfants à l'école primaire. Olivier Véran a expliqué que "aucune recommandation scientifique" n'avait été faite en ce sens. Mais la décision n'est pour l'instant pas arbitrée. "Je pense que pour les enfants nous devons insister sur les gestes barrières, le lavage mains, tousser dans le coude" a-t-il précisé. 

Les rectorats ont-ils commandé des masques ? "Le ministère s’en occupe et les collectivités aussi" répond Jean-François Chanet, recteur académique de la région Bourgogne-Franche-Comtée. Comprenez, tout dépendra des règles sanitaires qui seront fixées après la période de concertation. "Je suis certain qu’il y aura des masques. C’est à l’autorité sanitaire de répondre. Il ne nous appartient pas de dire quels masques seront nécessaires pour quelles catégories, agents ou enfants. Ce que l’on peut dire, c’est qu’il y aura des masques."

Concernant le nettoyage des lieux, certaines communes s'interrogent également. La réouverture necessite en effet la présence des personnels de nettoyage en nombre suffisant. Et il est encore tôt pour savoir quels personnels seront présents ou absents affirment certaines municipalités. "Nous avons comme soucis commun de faire au mieux pour revenir à un fonctionnement scolaire. Cela ne permettra pas à tous les élèves de revenir ensemble, c’est une évidence, reconnait la rectrice de Dijon. Les élus sont en train de reflechir aux conditions matérielles. Mais ils nous ont tous confirmé qu’ils étaient en mesure de faire le ménage et de livrer des établissements capables d’assurer la sécurité des élèves."
  

Les transports scolaires seront-ils assurés ? 

"C'est un problème national" estime Jean-François Chanet, Recteur académique de la région Bourgogne-Franche-Comté. La question donne lieu actuellement à des négociations en cours entre l'association des régions de France (qui gèrent les transports scolaires), le ministère de l'Education nationale et Matignon. Un nouveau point avec les régions sera fait sur le sujet en début de semaine prochaine. 

Mercredi, Michel Neugnot, vice président du conseil régional en charge des Transports disait attendre que Paris fixe les règles. "Pour l'instant, nous sommes dans l'attente. Nous avons tous les éléments de travail prêts. On a de la concertation avec tous les transporteurs. Mais il faut que l'État fixe sa doctrine en la matière. On attend cela et on espère l'avoir le plus rapidement possible. Avant de connaître quelles seront les règles sanitaires pour transporter, on ne peut rien faire." Il milite pour une obligation du port du masque dans les transports alors que la distanciation sociale risque d'être très difficile dans les cars scolaires. 
  

Et la cantine ? 

Nous avons contacter les services de plusieurs municipalités ce vendredi au sujet de la réouverture des cantines. La réponse est globalement la même partout : "On est comme tout le monde, on attend" ou "C'est encore trop tôt".

Beaucoup de questions se posent encore. Les fournisseurs pourront-ils livrer ? Y aura-til suffisamment de personnels pour cuisiner et servir les repas ? Comment sera organisé le service ? Une mairie de Saône-et-Loire précise qu'elle ne devrait pouvoir apporter de réponse "pas avant une semaine, voire plus". 

"Les règles seront fixées au niveau national" explique à nouveau Jean-François Chanet, Recteur académique de la région Bourgogne-Franche-Comté. Néanmoins, "il apparait souhaitable que puisse etre remise en service la restauration scolaire" juge-t-il. L'objectif est le même pour les restaurants universitaires, au moins sous forme de vente à emporter pour les étudiants qui sont restés vivre sur les campus. Le recteur académique n'est pas favorable à une possible alternative évoquée à l’ouverture des cantines. "Ce serait d’obliger les familles a fournir des pique-nique ou un encas. Ce ne serait pas égal entre les élèves. On connait très bien les difficultés que peuvent rencontrer certaines familles." Le recteur estime également que les gestes barrières pourraient être beaucoup plus difficile à faire respecter qu'au sein d'une cantine.  





 
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