Coronavirus covid-19 : ces entreprises franc-comtoises qui fabriquent du gel hydroalcoolique

Afuludine et les distilleries de Fougerolles et de Pontarlier ont réorienté leur travail pour venir en aide aux personnels de santé qui ont besoin de gel hydroalcoolique.
Alcool ou gel déjà fabriqués, livrés en tonnes ou en litres, donnés ou vendus à prix coûtant… Toutes les formules répondent à l’urgence exprimée par les personnels soignants. Exemple avec quatre entreprises de la région qui n’ont pas hésité  à bouleverser leur organisation.« Un trésor de guerre », Dominique Rousselet a trouvé le mot juste. En quelques jours, le gel hydroalcoolique est devenu un précieux trésor pour mener la guerre contre le coronavirus . Dominique Rousselet est à la tête de la distillerie "Les Fils d’Emile Pernot" à La Cluse et Mijoux près de Pontarlier (Doubs) et avec les autres distilleries de Franche-Comté, ils n’ont pas la mémoire courte. « C’est une histoire de valeur » confirme Pierre Guy de l’établissement du même nom.
Ils savent que l’une de leur matière première, l’alcool surfin à 96°, est très utile pour les hospitaliers. A Pontarlier, ils en avaient fait don à l’hôpital pendant la seconde guerre mondiale. C’est ce qu’ils ont raconté à Aline Bilinski, Fabienne Le Moing et Jean-Pascal Maujard.

 

Bernard Baud, PDG des Grandes Distilleries Peureux de Fougerolles en Haute-Saône, a rapidement compris que sa société allait avoir « un rôle à jouer ». En plein préparatifs de la campagne des Griottines, les stocks d’alcool sont importants. Il y a maintenant trois semaines, Bernard Baud et son équipe ont commencé « à regarder comment donner un coup de main ».
Premier réflexe, mettre de côté 80 000 litres d’alcool et interrompre la production de liqueur.
 
Très vite, comme pour prendre de court le virus, l’équipe de Haute-Saône, a compris qu’ils pouvaient « faire plus et plus vite dans cette course contre la montre ». Il ne s’agissait pas seulement de livrer de l’alcool mais de fabriquer soi-même le précieux gel hydroalcoolique. Livré en bouteille habituellement réservée au vin ! 

Une fabrication selon les règles de l’Organisation Mondiale de la Santé et sous le contrôle des services de l’Etat. Les fonctionnaires ont rapidement délivré les autorisations. La circulation de tutos sur internet est trompeuse. Manipuler de l’alcool, fabriquer du gel, nécessite beaucoup de précaution.

« On a commencé à produire pour les gens autour de nous, cela s’est su rapidement ». Une manne pour les pharmaciens, infirmières libérales, et hôpitaux du secteur. La semaine dernière, la société Peureux a donné sa production mais cette semaine, elle va devoir la facturer. Les charges de l’entreprise ne vont pas s’évaporer.

10 000 litres, soit dix tonnes, peuvent être conditionnés cette semaine. Le but de la distillerie de Fougerolles est « d’agir rapidement pour faire le lien ». Rendre service le temps que les fabricants habituels de gel hydroalcoolique soient de nouveau capables de livrer leur fabrication. Cela prend du temps de fabriquer ce type de produit. Avant de le livrer, il faut attendre 72 heures le temps que les interactions chimiques aient fini de se réaliser.
 
Des chimistes ont eu le même réflexe que les distillateurs. Implantée dans le  Grand Dole, la société Afuludine est connue pour avoir mis au point un lubrifiant non polluant. Lors du dépouillement du premier tour des municipales, Fabrice Lallemand, s’est rendu compte du manque de gel hydroalcoolique. « On devait fermer la société lundi dernier », explique-t-il mais finalement son entreprise fabriquera ce qui est devenu « un bien de première nécessité ».  
 


Là aussi, les services de l’Etat sont très réactifs. Un arrêté préfectoral a été pris pour que les entreprises soumises à autorisation puissent lancer cette fabrication inhabituelle pour elle. Deux jours plus tard, 4 tonnes, soit 4 000 litres de gel hydroalcoolique pouvaient être livrés. Une production vendue à prix coûtant, « on est une petite entreprise, on n’ a pas de trésorerie » précise Fabrice Lallemand.

Ce gel est destiné aux salariés des centres hospitaliers de Belfort Montbéliard, de Nevers, Semur en Auxois, Cosne-sur-Loire et aussi aux caissières de supermarchés. Des personnels qui n’ont pas la possibilité de se laver souvent les mains avec du savon. Pas la peine de risquer un accident domestique en se lançant soi même dans la fabrication de gel hydroalcoolique, nous avons tout le temps pour aller nous laver les mains avec du savon !

 Avec Fabrice Lallemand Président et cofondateur de la société Afuludine. Florian Charrier Responsable de la production Société Afuludine Reportage M.Buzon, A.Laroche et JP Maujard


 
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