Coronavirus. « Pas nos enfants en première ligne ! Remettre les élèves à l’école le 11 mai, c’est non !"

"A partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées". Avec des aménagements a précisé dans son discours Emmanuel Macron. Ce retour à l’école n’est pas perçu forcément comme une bonne nouvelle. Paroles de parents en Franche-Comté.

ILLUSTRATION. Le retour à l'école ne se fera pas avant le 14 mai en Bourgogne-Franche-Comté
ILLUSTRATION. Le retour à l'école ne se fera pas avant le 14 mai en Bourgogne-Franche-Comté © Alexandre MARCHI - maxPPP
Sur la page Facebook de France 3 Franche-Comté, vous êtes nombreux à vous interroger ce mardi 14 avril au réveil, sur cette reprise de l’école à partir du 11 mai. Et pour cause, la région Bourgogne Franche-Comté est l’une des plus touchées par le Covid-19 avec la région Grand Est où l’Ile de France. 512 personnes y sont à ce jour décédées du Covid. 1309 sont toujours hospitalisées. Et les lits occupés en réanimation se situent toujours sur un seuil très haut, avec 282 personnes gravement atteintes par le coronavirus.
 

Remettre les enfants à l’école, c’est non !


Vous êtes une majorité à manifester ce sentiment. «Incompréhensible quand on sait que les écoles ont été fermées les premières » estime Stéphanie. « Non ! Pas nos enfants en première ligne ! » lance Véronique.

Celine souhaite garder ses enfants, le temps qu’il faudra. « Les écoles sont des nids à microbes, les enfants ne respecteront pas les distances. Je suis accompagnatrice dans les bus, les petits se tiennent la main, se font des bisous, mettent leurs doigts dans la bouche… Je suis maman aussi, et j’ai peur je vous le dis. Mes filles travaillent avec Pronote et sa se passe très bien. Je préférerais qu'elles continuent à travailler comme ça ».

Lili s’interroge aussi : « Je pense que ma fille restera à la maison. Comment une classe de maternelle pourrait être moins contaminante qu'un restaurant vu que les enfants sont porteurs sains ? La raison pour laquelle les écoles ont été fermées » rappelle cette maman.
 

Nos enfants sont pas des cobayes. Trop dangereux


Pour une autre maman, la perspective de remettre les enfants à l’école peut mettre en danger la santé publique et celle des plus jeunes: « On ferme les restaurants et on met ont met 30 élèves par classe, hors de questions, nos enfants sont pas des cobayes. Trop dangereux » confie la mère de famille.

Une autre maman soulève le paradoxe des annonces d’Emmanuel Macron : « Monsieur Macron a dit que nous n'étions pas assez performants question immunité collective... Ensuite, il a parlé de sa priorité dès le 11 mai : renvoyer les mômes à l'école ! »

Christine elle doute de cet effet d’annonce : « La Chine vient de se déconfiner et déjà de nouveaux cas apparaissent. Et il faudra porter des masques, comment faire pour que de jeunes enfants les portent ? C’est de l'utopie » selon elle.

 


La reprise de l’économie dicterait-elle ce retour des plus jeunes en classe ?


C’est ce que vous êtes un certain nombre à penser. Comme Nathalie qui estime que « les petits ne peuvent pas se garder tout seul alors que les grands si. C est la solution pour que les gens puissent reprendre le travail.. Les artisans entre autres qui sont je pense dans une grosse galère. Après chacun fera en fonction » dit-elle.

« C’est juste pour permettre aux gens d’aller bosser. Le Medef pousse derrière. Il faut faire tourner les usines ….. le virus sera toujours là... En fait on a l’impression de revenir à la période avant confinement » s’indigne Amandine.
 

Les enfants de retour à l’école, mais pas les étudiants ? Pourquoi donc ?


« Pourquoi les plus jeunes rentrent à l'école et les étudiants non ? Quelle est la différence ? » s’interroge une maman. « Je suis étudiante, et mère de famille et je me suis posée la question aussi de pourquoi d’abord mes enfants, vu que nous on peut plus facilement faire les gestes barrières. Et j’en ai conclu, la garde des enfants. Je ne vois pas d’autres raisons non plus ! » écrit Céline.

 

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Il y a celles et ceux qui doutent ou attendent d’en savoir plus


Pour Angeline, les mesures annoncées seront-elles réellement mises en place le 11 mai ? « Je pense que c'est de la blague: on dit ça, puis on change d'avis, ce ne sera pas la première fois... Je pense que c'est fait pour que les élèves ne se démobilisent pas en croyant qu'ils n'ont plus rien à faire jusqu'à la rentrée prochaine, et qu'ils n'abandonnent pas le travail par internet » dit-elle.

Nicolas estime qu’il est trop tôt pour se prononcer. « Il a bien été précisé qu'il y aurait reprise si les conditions de sécurité étaient réunies. Ceci ayant été précisé encore ce matin par le ministre de la santé en direct sur une radio. Donc attendons de connaître les décisions prises d'ici deux semaines » écrit-il. « On verra dans un mois. Restons chez nous » en attendant pondère Christine.

 

"Une réouverture qui ne se fera pas du jour au lendemain" précise le ministre de l’Education


Invité ce mardi matin de France Télévisions, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a précisé : "Toutes les écoles ne seront pas ouvertes le lundi 11 mai…On va élaborer toute une méthodologie" de reprise "qui passe forcément par de très grands aménagements. En mai juin ce ne sera pas du tout comme avant, ce sera forcément différent", a-t-il prévenu. L'école le 11 mai, ce ne sera pas obligatoire, a précisé le ministre.
 
            
Le ministre doit rencontrer à partir de ce mardi les organisations syndicales pour parler des conditions sanitaires permettant la reprise.  « Le premier critère, il est d'abord social", a-t-il souligné, laissant entendre que les élèves les plus en difficulté pourraient reprendre en premier.  La reprise progressive "implique forcément qu'on ne va pas avoir les mêmes âges qui rentrent au même moment", et "il ne pourra pas y avoir de grands groupes" dans les classes, a  affirmé Jean-Michel Blanquer. De ce fait, "il est possible qu'il y ait une charge horaire moins importante" pour les élèves.
 
 

La fédération des médecins de France inquiète de cette reprise de l’école au 11 mai


La réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai ferait courir "un risque inutile", a estimé sur Franceinfo le président de la Fédération des médecins de France Jean-Paul Hamon.  "Les enfants n'obéissent pas forcément aux consignes, ils vont naturellement jouer ensemble et ils risquent de ramener le virus à la maison" a-t-il ajouté.
"La seule chose qui me tracasse un petit peu, c'est la réouverture progressive des crèches, des écoles et des lycées parce que là, je pense que ça fait courir un risque inutile", a-t-il déclaré dans un entretien à Franceinfo.
      
 
INFOS PRATIQUES. L'académie de Besançon met en place deux nouveaux numéros

Les familles peuvent appeler le 09 72 63 62 25 pour toutes leurs questions liées aux examens et concours, à l’orientation (affectations et Parcoursup), et à la continuité pédagogique notamment.

Les personnels de l'académie de Besançon peuvent, pour leur part, appeler le 09 72 63 62 26 pour toutes leurs questions d’ordre administratif, sanitaire, social, psychologique et leurs interrogations sur la continuité pédagogique notamment.

La plateforme téléphonique répond aux questions du lundi au vendredi, sauf jours fériés, de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h.

            


 
Les déclarations d’Emmanuel Macron sur la reprise le 11 mai des activité scolaires
Le 11 mai prochain, mes chers compatriotes, sera donc le début d’une nouvelle étape. Elle sera progressive, les règles pourront être adaptées en fonction de nos résultats car l’objectif premier demeure la santé de tous les Français.
 
A partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées.
 
C’est pour moi une priorité car la situation actuelle creuse des inégalités. Trop d’enfants, notamment dans les quartiers populaires et dans nos campagnes, sont privés d’école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents. Dans cette période, les inégalités de logement, les inégalités entre familles sont encore plus marquées. C’est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes. Le Gouvernement, dans la concertation, aura à aménager des règles particulières : organiser différemment le temps et l'espace, bien protéger nos enseignants et nos enfants, avec le matériel nécessaire.
 
Pour les étudiants de l'enseignement supérieur, les cours ne reprendront pas physiquement jusqu'à l'été. Le Gouvernement précisera pour chacun la bonne organisation qui sera nécessaire, en particulier pour les examens et les concours.


Emmanuel Macron, allocution du 13 avril 2020, 20 heures
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