Agriculteurs en colère : jusqu'à quand les blocages des autoroutes vont-ils durer ?

La colère agricole est au cœur de l'actualité française en ce début d'année. En Bourgogne, le réseau routier est toujours fortement impacté par les blocages, en particulier sur l'A6. Après une semaine de manifestation intense, est-on proche du début ou de la fin du mouvement ?

C'est une question que tout le monde se pose. Jusqu'à quand va durer le mouvement agricole ? Difficile d'en voir la fin pour le moment. Les récentes prises de parole du gouvernement n'ont pas calmé les ardeurs des agriculteurs, qui attendent des mesures concrètes pour lever le camp. Malgré leur détermination, ont-ils les ressources pour tenir ?

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En Bourgogne, des centaines de kilomètres d'autoroutes sont inaccessibles. Un réseau paralysé par de nombreux blocages comme à Tournus. Depuis lundi, Thibaud Renaud et une centaine d'agriculteurs ont établi leur camp sur l'A6. "On va s'organiser, on a des rotations. On a des gens qui viennent et qui s'en vont. On a des dons alimentaires de la population qui font du bien. Les boulangeries nous accueillent à bras ouverts", raconte le secrétaire général des Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire.

Quelques centaines de kilomètres plus loin sur l'A6, on retrouve Baptiste Colson et des dizaines d'autres agriculteurs. Pour le moment, aucune date n'est fixée pour quitter l'autoroute. "C’est compliqué de dire combien de temps ça va durer. On n’a pas le mot d’ordre de lever les barrages et nos actions. On est en attente d’annonces fortes du gouvernement. Hier [mardi 30 janvier, NDLR], il n’y en a pas eu à la hauteur. On verra à la fin de la semaine si des annonces sont faites", répond le secrétaire général des Jeunes agriculteurs de Côte-d'Or.

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Le salon de l'agriculture comme échéance

L'action à Tournus bloque toute la portion de Mâcon à Beaune. Ce mercredi, ils étaient une trentaine, contre une centaine hier. "Il y a moins d’agriculteurs aujourd’hui, car les exploitations ne peuvent pas tourner sans nous. Quand on n'est pas là, les animaux nous attendent. Tous les agriculteurs sont retournés dans leur exploitation pour les nourrir et s’organiser pour revenir plus fort en fin de semaine."

On tiendra largement cette semaine, et on est encore capable de le faire la semaine prochaine.

Baptiste Colson

Secrétaire général des Jeunes agriculteurs de Côte-d'Or

En Côte-d'Or, Baptiste Colson l'assure, les agriculteurs sont organisés pour tenir sur la durée. Chaque jour, plusieurs équipes se relaient pour pouvoir maintenir le barrage sur les autoroutes, comme c'est le cas sur l'A6 de Beaune. "Pour les exploitations de plusieurs personnes, c'est facile. Pour les autres, on s’organise. On s’assure que le boulot quotidien soit fait. On n’est pas trop handicapés par le travail, on est dans une période où c’est calme pour certains secteurs. On ne sait pas combien de temps on peut tenir, c’est notre détermination qui le dira."

Pas d'échéance pour le moment, hormis le salon de l'agriculture qui approche à grand pas. "Je ne sais pas si ça peut durer des semaines, on vit au jour le jour. Il y a le salon de l’agriculture fin février. On ne veut pas le bloquer, on veut que ça se passe dans de bonnes conditions. Cela reste 10 jours de vitrine de l’agriculture française. On espère des annonces d’ici là."

Un mouvement avec le soutien de la population... Pour le moment

Mais les agriculteurs pourraient prématurément quitter les routes s'ils n'ont plus le soutien de la population. Pour le moment, les agriculteurs sont soutenus, mais si certains axes routiers continuent à être paralysés, la donne pourrait vite changer. "La population continue d’adhérer au mouvement. Si à un moment ce n'est plus le cas, on réfléchira à d’autres modes d’action et on saura se remettre en question si l'opinion publique se tourne contre nous. C’est un plaisir pour personne d’être immobilisé."

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Pour calmer définitivement la colère des agriculteurs, et donc mettre fin au mouvement, des mesures fortes sont attendues. "Il faut augmenter le revenu sur les exploitations, des charges administratives moins importantes, car on a de plus en plus de normes qui nous obligent à faire ça. On passe notre temps sur des tâches pas rentables. On a besoin d'une stratégie et une vision claire à l’avenir. On va s'organiser, on a des rotations, on a des gens qui viennent et qui s'en vont, on a des dons alimentaires de la population", avance Thibault Renaud. Selon nos informations, les agriculteurs à Tournus pourraient lever le camp ce vendredi.

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